Dans l’analyse qu’a donnée Reinformation.tv du meurtre du jeune Quentin Deranque, un ressort fondamental a été mis à jour, la préférence communiste dont la politique française est infestée, et infectée, depuis au moins 1945, et en réalité depuis 1917. Si le repris de justice Raphaël Arnault peut crier « No limit contre les fachos », c’est qu’il est entendu par l’arc constitutionnel, qui se transforme souvent en front républicain, que l’extrême-droite (ou ce qui est étiqueté ainsi) est le mal absolu et que la violence, quoique « toujours répréhensible » est cependant justifiée par la nécessité que le fascisme ne passe pas. Par voie de conséquence l’action de l’extrême-gauche, même temporairement coupable, est globalement positive. Jean-Luc Mélenchon reprend aujourd’hui, pour excuser la Jeune Garde, l’idée, sinon le vocabulaire qu’employa en 1989 Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français, pour défendre le bilan (« globalement positif ») du bloc de l’est.
Mélenchon, sa jeune garde chérie et le meurtre de Quentin
Les liens de LFI, mais aussi du nouveau front populaire, des écologistes, du PCF, des socialistes, de François Hollande même, tout appliqué à réécrire l’histoire qu’il est, sont anciens, établis, amplement documentés. Mais Jean-Luc Mélenchon en a peut-être de plus serrés, plus intimes, plus affectifs, plus intellectuels, et quoi que forcé de les distendre un peu pour éviter la noyade, ne les renie pas. Il a été la vedette du camp d’été de cette organisation d’extrême-gauche en 2023, en compagnie de Manuel Bompard et Sébastien Delogu, il l’a citée en exemple à de nombreuses reprises, et, lorsque Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, a dissous la Jeune Garde pour ses violences, Mélenchon s’est indigné, défendant mordicus ses bébés, et exigeant des « faits » à l’appui de la dissolution. Aujourd’hui encore il n’a pas lâché Raphaël Arnault, malgré sa condamnation pour violences en réunion et le faisceau d’indices qui implique ses assistants parlementaires dans le meurtre de Quentin.
Pourquoi on préfère l’extrême-gauche depuis 1917
Cela tient à la ressemblance de leur pensée politique. Il juge comme eux que la « justice » et la « révolution » manquent de « temps », et qu’une « rupture » est nécessaire. Dans ce contexte, un communiqué LFI affirmait encore, la veille du meurtre de Quentin, ceci : « Nous le disons fièrement : la Jeune Garde est essentielle justement parce qu’elle a pour mission depuis sa création de lutter contre l’extrême droite. » Et tout en « n’approuvant pas la violence », il justifiait ainsi la violence d’extrême-gauche, il y a deux jours encore : « Nous nous sommes délibérément rapprochés de la Jeune Garde. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient une expérience beaucoup plus avancée que la nôtre en matière de défense face à des agressions fascistes et que nous savions que nous n’étions pas à la hauteur. » Phrase remarquable : tout en jouant les bons apôtres pacifistes, il affirme inéluctable et indispensable le combat de rue d’extrême-gauche. Cela au nom de l’anti-fascisme, qu’inventa le communisme au début des années 1920 pour masquer les crimes qu’il multipliait en Russie depuis 1917 et en Europe occidentale depuis 1919. Il a contaminé tous les esprits : célébrant les qualités éminentes selon lui du Concile Vatican II, le père Congar s’écriait : « C’est la révolution d’octobre dans l’Eglise ! »
Consensus antifasciste sur l’extrême-gauche globalement positive
La logique de l’argumentation est claire : qu’elle soit communiste, trotskiste, anarchiste, socialiste, écologiste, LFIste, NFPiste, frontiste de gauche, la violence d’extrême-gauche est toujours globalement positive, puisqu’elle est « antifa ». Si, à cause de certaines déclarations au fumet antisémite, et du choc qu’a causé la mort de Quentin, une partie de la gauche prend maintenant ses distances d’avec LFI (Hollande et Glucksmann en particulier en espèrent un profit présidentiel), les médias qui servent de compagnons de route traditionnels à l’extrême gauche et au parti communiste, comme Le Monde, Libération, et d’autres, ne lâchent rien. Ils ont d’abord minimisé le meurtre de Quentin, ensuite tenté de discréditer sa personne : salir la victime rend le bourreau moins odieux. Dans un tout autre domaine, c’est ce qui rend si herculéenne la tâche d’un Charles Alloncle dans sa commission d’enquête parlementaire sur France Télévisions et Radio France : ce n’est pas seulement l’audiovisuel public qui est orienté politiquement, c’est l’esprit public dans son ensemble qui est malade et partisan, l’Education nationale, la culture, l’art et les spectacle, les associations : tout le système qui dirige les opinions, contre lequel le peuple rue de plus en plus, pour l’instant en vain.











