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La « race blanche » de Nadine Morano

Race blanche Morano
 
Les propos tenus par le député européen Nadine Morano, déclarant samedi que la France est un pays de « race blanche » qui doit le rester, ont provoqué de fortes critiques, tant dans la majorité que dans son propre parti Les Républicains.
 
L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui se trouve être tête de liste des Républicains en Meurthe-et-Moselle pour les régionales de décembre prochain, a fait cette déclaration dans l’émission « On n’est pas couché » diffusée samedi soir sur France 2. « Nous sommes un pays judéo-chrétien – le général De Gaulle le disait –, de race blanche, qui accueille des personnes étrangères. J’ai envie que la France reste la France. Je n’ai pas envie que la France devienne musulmane », a-t-elle déclaré.
 

Pas de « race blanche », râlent les politiques

 
Manuel Valls a cru de son devoir, lundi, de rétorquer : « La France, ce n’est pas une race. La France, ce n’est pas une couleur. La France, ce n’est pas une religion. La France, c’est une identité multiple qui doit être fière de ses racines. »
 
A croire qu’il avait écouté le Républicain Bruno Le Maire qui, quelques heures plus tôt, déclarait : « La France, ce n’est pas une race. La France, ce n’est pas une religion, la France (…) n’est pas une couleur de peau. La France c’est une idée, c’est des principes, c’est des valeurs essentielles, l’égalité homme-femme, la laïcité, notre histoire, notre mémoire, notre langue. »
 
On pourrait en citer de nombreux autres qui, tous, reviennent au même. Nadine Morano a tenu à répondre, lundi soir : « Mes propos sont totalement instrumentalisés en créant des sous-entendus qui n’ont pas lieu d’être. Je n’accepte pas ce procès en sorcellerie, jamais je n’ai parlé d’une supériorité de race. »
 

Nadine Morano dans la tourmente

 
Ce qui n’est pas exactement le problème. Philippe Richert, co-listier de Nadine Morano, l’a souligné en faisant connaître son désaccord : « Les propos attribués au général De Gaulle (…) ne peuvent pas être utilisés en dehors du contexte historique qui était celui de l’époque. La connotation et la charge des mots ont considérablement changé en un demi-siècle. »
 
Cela signifierait-il, si l’on s’en tient à leurs critères, qu’il y a un temps pour le racisme, un temps pour l’anti-racisme ?
 
L’aspect obsessionnel de ce faux débat a quelque chose d’épuisant. Contrairement à ce que croient tous ces politiques au petit pied, la race n’existe pas parce qu’on la pense. Il ne suffit pas de vouloir l’effacer pour qu’elle disparaisse. Et elle n’est en rien à l’origine du racisme.
 

La République raciste

 
Jamais d’ailleurs, jusqu’ici, la République ne s’était inquiété de la race. Elle entendait que celle-ci ne soit pas source de distinction, et c’est ainsi qu’elle fondait l’égalité. Une égalité qui cherchait à unir des êtres différents. Sinon, autant que ces braves gens remisent immédiatement la Constitution républicaine pour… racisme.
 

Hubert Cordat