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Rencontre entre le pape François et Kim Davis à Washington : Mgr Carlo Maria Viganò révèle ce qui s’est vraiment passé

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Mgr Carlo Maria Viganò n’a visiblement pas l’intention de se terrer sans rien dire après avoir lâché sa bombe sur la protection du cardinal McCarrick, prédateur homosexuel avéré : il s’est certes caché mais répond, coup par coup, aux attaques de ses détracteurs. Il a également ouvert un nouveau front en donnant sa version – de première main – de l’affaire qui a éclaté après la visite du pape François aux Etats-Unis, alors qu’il était en poste à Washington et qu’il était l’organisateur de ce séjour américain. Mgr Viganò raconte comment s’est vraiment passée la rencontre entre Kim Davis, cette femme américaine incarcérée pendant cinq jours en 2015 pour avoir refusé d’enregistrer en tant qu’officier d’état civil du Kentucky des « mariages » de couples homosexuels. Lorsque la rencontre a été rendue publique, après le retour du pape François à Rome, divers porte-paroles du Vatican ont insisté pour dire que cette information était une sorte d’affabulation. Mgr Viganò explique qu’il n’en est rien, dans un document accompagné de pièces justificatives, traduit officiellement par Diane Montagna pour LifeSiteNews.
 
Mgr Viganò a choisi de réagir ainsi un article du New York Times daté du 28 août 2018 où Juan Carlos Cruz, l’une des victimes des cas d’agression sexuelle au Chili ayant rencontré le pape, affirme que ce dernier lui a dit « récemment que Mgr Viganò a failli saboter la visite en invitant (…) Kim Davis, officier d’état civil du Kentucky, devenue “cause célèbre” pour les conservateurs lorsqu’elle refusa d’accorder des licences de mariage à des couples de même sexe ». Cruz affirme que le pape lui a déclaré : « Je ne savais pas qui était cette femme, et (Mgr Viganò) a fait subrepticement entrer cette femme pour me dire bonjour – et évidemment, ils en ont profité pour faire tout un tas de publicité. J’étais horrifié et j’ai renvoyé ce nonce. »
 

La rencontre entre le pape François et Kim Davis a bien eu lieu

 
Quoi qu’il en soit de la véracité de ce témoignage, il vient ajouter à une confusion à propos de cette affaire que le pape n’a rien fait pour lever. Précisons que Mgr Viganò est resté en poste à Washington jusqu’en 2015.
 
Ladite rencontre avec Mme Davis, d’une durée de 15 minutes, n’a été connue du grand public qu’après que l’avocat de cette dernière en a parlé à la presse, le 29 septembre 2015, cinq jours après qu’elle eut lieu, étant donné, comme l’explique l’ancien nonce, qu’on avait demandé aux intéressés de ne pas en parler avant le retour du pape François à Rome. Un tollé médiatique s’ensuivit, qui aboutit, le 30 septembre, à un démenti partiel de la part de la salle de presse du Vatican : le P. Federico Lombardi expliqua qu’une « brève rencontre » avait bien eu lieu mais qu’« elle ne devait pas être considérée comme une forme de soutien à la prise de position de Davis dans tous ses aspects particuliers et complexes ». C’est alors qu’on apprit, photos à l’appui, que la seule « véritable audience » accordée par le pape François à la nonciature de Washington l’avait été à l’un de ses anciens étudiants, l’Argentin Yayo Grassi, homosexuel revendiqué, et à son compagnon Iwan Bagus et plusieurs autres amis.
 
De son côté, le père Thomas Rosica, l’attaché de presse des deux synodes sur la famille – connu pour en avoir fait une présentation biaisée, insistant sur des prises de position marginales en faveur des LGBT – déclarait au Los Angeles Times qu’il y avait eu tout au plus une « très brève poignée de mains » lorsque le pape François avait rencontré un groupe de personnes. Le père Rosica ajoutait ne pouvoir imaginer qu’une plage de 15 minutés ait pu être trouvée pour organiser une rencontre privée, et suggérait que toute question à propos de l’invitation de Kim Davis à la nonciature soit posée directement à celle-ci, le pape n’en ayant probablement rien su à l’avance.
 

Mgr Viganò, nonce à Washington en 2015, fait un rapport détaillé

 
Mgr Viganò raconte une toute autre histoire. Il explique avoir personnellement discuté avec le pape François, le 23 septembre 2015 au soir, de la possibilité d’organiser une rencontre privée et discrète avec Kim Davis, héroïne de l’objection de conscience par rapport au mariage « gay », dont il ne serait publiquement question qu’après le retour du pape à Rome. Le pape François, affirme-t-il, était d’emblée d’accord, demandant toutefois au nonce d’obtenir l’avis du cardinal Parolin dans la mesure où lui-même ne savait pas quelles seraient les implications politiques d’une telle rencontre.
 
Mgr Viganò, accompagné de deux conseillers de la nonciature, l’un italien, l’autre lituanien, s’est aussitôt rendu à l’hôtel où logeait la délégation vaticane : Mgr Becciu (aujourd’hui cardinal) et Mgr Paul Gallagher, secrétaire aux relations avec les Etats, prévenus de leur arrivée, les attendaient. C’est avec eux que les discussions ont lieu, le cardinal Parolin s’étant déjà retiré pour la nuit.
 
Mgr Viganò leur a remis le mémorandum qu’il avait déjà présenté plus tôt dans la soirée au pape François (et dont il fournit aujourd’hui copie), détaillant succinctement « l’affaire » Kim Davis et soulignant les motifs religieux de son objection de conscience et le lourd prix qu’elle avait dû payer. Mgr Becciu s’est aussitôt montré favorable à la rencontre, tandis que Mgr Gallagher, tout en approuvant le principe, demandait que l’on vérifiât les aspects juridiques avant de donner une réponse définitive, afin de savoir notamment si au regard du droit américain, elle pouvait causer des ennuis. On appela le canoniste de la nonciature, ancien juge des cours militaires américaines, qui rassura l’archevêque à ce sujet. Mgr Gallagher approuva à son tour l’organisation de la rencontre.
 

Le pape François savait tout de l’affaire Kim Davis

 
Le lendemain, le cardinal Parolin ayant été averti à son tour, Mgr Viganò informa le pape François de l’opinion favorable de Becciu et Gallagher, et Kim Davis – qui se trouvait déjà à Washington pour d’autres raisons – fut invitée. Les personnes présentes à la rencontre qui se tint dans un petit salon privé s’engagèrent à n’en pas parler avant le retour du pape à Rome, engagement que Mme Davis et son mari ont scrupuleusement respecté. Le photographe officiel du Vatican se voyait intimer l’ordre de ne pas publier image de l’événement sans accord de ses supérieurs. Mgr Viganò souligne qu’elles doivent toujours être classées dans les archives de l’Osservatore Romano.
 
Il raconte que la rencontre fut chaleureuse. Ayant affectueusement embrassé Kim Davis, le pape François la remercia son courage et l’invita à persévérer. » Mme Davis, très émue, commença à pleurer. On la ramena alors à son hôtel dans une voiture conduite par un gendarme pontifical, accompagné d’un monsignor américain et d’un collaborateur de la nonciature », précise Mgr Viganò.
 

Démentis romains autour de Kim Davis, héroïne de l’objection de conscience face au « mariage » gay

 
Après le retour du pape à Rome, la nouvelle de la rencontre fut diffusée et suscita aussitôt « une avalanche de coups de téléphone, fax et de courriels » à la nonciature et à la salle de presse du Vatican. Une partie était extrêmement hostile, multipliant les insultes et les protestations, mais d’autres étaient très favorables.
 
C’est alors qu’a été mis en place la campagne de démentis de la part de la salle de presse et du P. Rosica, au moyen de nombreux « mensonges » que dénonce aujourd’hui Mgr Viganò, notamment sur le fait qu’il aurait pris le pape François en traître en ne l’avertissant pas de la teneur de l’affaire Kim Davis. Dès le 2 octobre 2015, on pouvait lire dans le New York Times que la rencontre s’était bornée à une brève salutation parmi d’autres alors qu’un groupe était présenté au pape, qui n’aurait été au courant de rien.
 
Dès le lendemain matin – le 3 octobre à six heures –, Mgr Viganò recevait un coup de fil agité du cardinal Parolin lui intimant l’ordre de revenir « immédiatement » à Rome parce que le pape était « furieux à son égard ». Le nonce parvint à Rome le 9 octobre suivant, en plein synode sur la famille ; le pape François le reçut pendant près d’une heure, « de manière très affectueuse et paternelle », à la Casa Santa Marta, s’excusant de l’avoir dérangé et multipliant les éloges sur la manière dont il avait organisé le voyage aux Etats-Unis où « il ne s’était pas attendu à un accueil aussi chaleureux ». Pas un mot de l’affaire Davis !
 

Le pape François et ses déclarations contradictoires

 
A la fin de l’audience, Viganò téléphona immédiatement au cardinal Parolin, pour lui dire : « Le pape a été si bon avec moi. Pas un mot de reproche, uniquement des éloges après le succès de sa visite aux Etats-Unis. » « A ce moment-là le cardinal a répondu : “Ce n’est pas possible, car avec moi il s’est montré furieux à votre égard.” »
 
Mgr Viganò ne peut donner d’autre commentaire que celui-ci : soit Juan Carlos Cruz – la victime chilienne d’abus sexuels qui a affirmé dans le New York Times que le pape lui aurait déclaré que Mgr Viganò a failli saboter sa visite aux Etats-Unis en invitant Kim Davis – a menti à propos de ce que lui aurait dit le pape François, ou bien c’est celui-ci qui lui a menti. « Il est clair cependant que le pape François voulait occulter l’audience privée qu’il avait eue avec le premier citoyen américain condamné et emprisonné pour objection de conscience », conclut-il.
 
En tout cas, cette forme de duplicité ne serait pas une nouveauté chez le pape François. Qu’on se souvienne du soutien qu’il a apporté au cardinal Burke lors d’audiences précédant l’éclatement de l’affaire Boeselager à l’Ordre de Malte, avant de le « lâcher » au point de le priver de toute autorité effective en tant que cardinal patron de l’Ordre et de justifier le Grand Chancelier accusé d’avoir couvert la distribution de préservatifs… Les lecteurs du Pape dictateur d’Henry Sire reconnaîtront également cette propension à dire une chose ou son contraire selon que la situation le rend plus intéressant, largement constatée déjà chez Jorge Bergoglio en Argentine avant son élection à la chaire de Pierre…
 

Jeanne Smits