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Les Etats-Unis accusent la Russie d’organiser des frappes en Syrie contre des rebelles prétendument « modérés »

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La Russie a entamé ses frappes sur la Syrie, et les hurlements américano-européens n’ont pas tardé à se faire entendre, l’accusant d’avoir bombardé des rebelles « modérés ». François Hollande a aussi reproché à Vladimir Poutine de ne pas l’en avoir informé : illusion d’une grandeur depuis longtemps perdue.
 
Mais au-delà des vexations malvenues de François Hollande, les faits sont clairs : les frappes russes, contrairement à celles des Etats-Unis ou de la France qui se conduisent dans un flou juridique absolu, sont légalement menées. Le parlement russe a été consulté, et le gouvernement syrien a demandé officiellement un appui militaire à la Russie. On ne peut mieux respecter le droit national et international.
 
Les Occidentaux accusent également la Russie d’avoir bombardé des opposants au gouvernement syrien qui ne feraient pas partie de l’Etat islamique. C’est un fait, certaines zones visées ne sont pas infestées par l’Etat Islamique. Mais d’autres groupes islamistes s’y trouvent, tout aussi nocifs pour le pays, que le gouvernement légitime de Bachar al-Assad a le devoir d’éradiquer.
 

La Russie ne limite pas ses frappes à l’Etat Islamique, elle vise tous les groupes islamistes en Syrie

 
La Russie n’a jamais prétendu limité son action à l’Etat islamique : Vladimir Poutine a reproché aux Etats-Unis d’avoir armé, entraîné et financé des « rebelles » qui n’ont pas tardé à rejoindre l’Etat islamique ou l’un de ces groupes islamistes plus ou moins affiliés à Al-Qaïda. Il a prévenu qu’ils étaient également la cible des frappes de son armée.
 
Pour beaucoup de Syriens, le comportement de tous ces groupes est le même que celui de l’Etat islamique, et pour la Russie également. Elle a donc frappé des groupes armés d’opposition, appelés dialectiquement « modérés » par l’Occident, mais gangrénés par l’islamisme le plus radical.
 
Les Etats-Unis font d’ailleurs preuve d’une hypocrisie sans limite en venant contredire ces affirmations, à l’heure où le pays décide de suspendre son programme de formation de « rebelles modérés », faute de… rebelles modérés !
 

Les Etats-Unis stoppent le programme de formation de « rebelles modérés » faute de candidats

 
Le programme prévoyait la formation de 5.000 opposants en un an. Résultat, 150 candidats seulement se sont présentés. 68 ont été immédiatement attaqués et dépassés par Al-Qaïda en Syrie, tandis que la seconde vague a tout simplement fait reddition et remis son matériel… à Al-Qaïda. Echec cuisant, mais prévisible – et prévu – puisque les Syriens décrivent cette réalité depuis maintenant au moins trois ans.
 
Les Etats-Unis continuent pourtant – avec le soutien de la France – à user de cette rhétorique qui consiste à condamner fermement (mais en parole seulement) l’Etat islamique tout en continuant à soutenir ses petits frères, premier vivier de ses recrues. Bien que la France et l’Arabie Saoudite soient les deux seuls pays à exprimer clairement cette volonté, le but est évidemment de déposer Bachar al-Assad.
 
Et pendant qu’ils accusent la Russie de ne pas participer à l’effort de guerre dans le respect des normes, les Etats-Unis violent allègrement le droit international, comme ils l’ont fait dans tant d’autres pays précédemment. Le bilan des « printemps arabes », la déposition du Shah d’Iran et de Sadam Hussein, et l’interminable guerre menée contre l’Afghanistan, sont les récents témoins de la stratégie du chaos organisée partout dans le monde par le géant américain. Pour la justifier, ils accusent désormais la Russie des mêmes crimes que le gouvernement syrien, déconnectés de toute réalité du terrain.
 

Béatrice Romée