Saint-Ouen, symbole de l’échec politique contre la drogue et la violence

Saint-Ouen, symbole de l’échec politique contre la drogue et la violence
 
Saint-Ouen, face à la drogue et à la violence, n’en peut plus. Les habitants de cette ville de Seine-Saint-Denis manifestent. Pourtant Saint-Ouen, il y a trois ans, c’était en quelque sorte le symbole de l’efficacité du ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain Manuel Valls, dont les « zones de sécurité prioritaires » – autrement dit ZSP – étaient une manière d’employer la manière « sécuritaire » d’un certain Nicolas Sarkozy sans trop l’afficher. L’actuel locataire de la place Beauvau, Bernard Cazeneuve, promet aujourd’hui des mesures « extrêmement puissantes ». Un volontarisme qui sonne, en réalité, comme l’aveu de l’échec d’une politique…
 
D’autant que les mesures annoncées n’ont rien d’extraordinairement neuf, et ne sont donc pas gages d’efficacité. Ainsi en est-il, par exemple, de l’idée d’employer des douaniers pour verbaliser les consommateurs de cannabis.
 
Et alors ? L’emploi des forces de l’ordre ne signifie rien, de nos jours, dans des territoires ainsi mis en coupe réglée. Les policiers, les gendarmes sont inefficaces, ligotés qu’ils sont moralement par la double crainte, distillée comme un lavage de cerveau, de la bavure et du racisme.
 

Contre la drogue et la violence

 
Les élus locaux confirment qu’il serait inutile (ou presque) de s’en tenir à cette solution classique. Dans un entretien accordé au Figaro, William Delannoy, le maire UDI de Saint-Ouen, le déclare tout net : « (…) l’action des forces de l’ordre ne suffit pas. Il faut repenser certains quartiers, les redynamiser, remettre en état des équipements sportifs. Nous voulons aussi développer la police municipale, installer une centaine de caméras de vidéosurveillance. Mais il nous faut des moyens. Saint-Ouen est la troisième ville la plus endettée de France. »
 

Saint-Ouen, symbole d’un échec politique

 
Accablant constat que celui dressé par un maire à propos de sa ville, qui compte sept points de vente « importants » de cannabis… Et lorsqu’on lui demande s’il est envisageable d’en venir à bout, William Delannoy répond, avec ce qui doit être une lassitude politique : « Il faut que l’Etat se donne les moyens d’éradiquer ces trafics. Si ce n’est pas le cas, alors, songeons à dépénaliser l’usage du cannabis. Cela ne sert à rien de vouloir lutter contre un commerce illicite extrêmement juteux si on n’agit pas en conséquence. »
 
Terrible – et très ancienne – réponse que celle qui consiste à envisager de légaliser ce qu’on ne peut empêcher. Une réponse malheureusement de plus en plus fréquente. Le président de la Commission européenne ne vient-il pas de l’employer à propos de l’immigration ? Une réponse qui signe surtout la défaite d’une politique française, d’une politique européenne. Ou sa plus éclatante victoire…
 

François le Luc