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Nicolas Sarkozy s’empêtre dans la race

Sarkozy race
 
Nicolas Sarkozy le réaffirme : l’affaire Morano, et tout discours sur la France et la race ne méritent pas débat. L’Est Républicain est allé interroger le président des Républicains sur les suites de la sortie de Nadine Morano, mais, une fois de plus, Nicolas Sarkozy s’empêtre dans la race.
 
Pour l’heure, Nadine Morano n’entend pas se laisser maltraiter par son propre parti. Devant les militants qui la soutiennent, devant les Français, elle reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir, en cette affaire, commis « une faute politique majeure ».
 
« Je n’ai rien contre Nadine Morano, elle fait partie de notre famille politique mais le président de la République que j’ai été et le président des Républicains que je suis aujourd’hui ne peut pas laisser s’installer l’idée qu’il peut y avoir débat sur cette question », rétorque-t-il au quotidien de Nancy.
 

Nicolas Sarkozy s’empêtre dans la race

 
« Débattre pour savoir si la France est une race n’a aucun sens », insiste-t-il.
 
Nicolas Sarkozy tente de justifier son propos : « C’est un principe fondamental, car derrière la race, il y a immédiatement la pureté. C’est une ligne infranchissable. Aux Français qui sont tentés d’approuver ces propos, je veux dire à quel point il est dangereux au regard de l’histoire d’associer notre pays à une race. »
 
On pensait Nicolas Sarkozy suffisamment lettré (et gaulliste) pour ne pas comprendre le fait que la France soit un pays de « race blanche » comme la confusion entre un pays et une race.
 
Qu’importe ! Plusieurs chroniqueurs se sont rappelé ce discours du candidat-président, le 17 mars 2012, près de Lyon, où Nicolas Sarkozy lançait :
 
« Le mot “race” a été écrit dans le préambule de 1946, ici on comprend que ce mot a été écrit avec le sang, le sang des Français libres, le sang des Résistants, le sang des fusillés, le sang des déportés des camps d’extermination. Avec leur sang, on a écrit le mot “race” dans le préambule de 1946, pour que nul n’oublie jamais les millions de victimes de la plus grande entreprise raciste que le monde ait connue. Je ne laisserai pas effacer ce mot d’un document qui est un document sacré dans l’Histoire de France ! »
 

Une façon qui manque de… race

 
Oh bien sûr, en affirmant aujourd’hui qu’il ne doit pas y avoir débat sur la question, Nicolas Sarkozy ne contredit pas tout à fait le candidat de 2012. On peut laisser le mot race comme une espèce de tabou sacré, figé dans le marbre de la Constitution, et auquel il ne faudrait pas toucher.
 
Il n’empêche ! L’ambiguïté de son propos laisse facilement comprendre qu’il est aujourd’hui contre. Tant mieux si cela convient à certains. A ceux qui seraient tentés de le lui reprocher, il pourra toujours répondre qu’il n’a rien dit, en tant que tel, contre le mot « race », mais s’est opposé à un débat stérile. En bon politique, Nicolas Sarkozy joue sur les deux tableaux, et se croit habile.
 
Jusqu’au jour, peut-être, où les Français se fatigueront de voir tous leurs motifs de fierté systématiquement considérés avec mépris par des hommes (ou des femmes…) qui n’y voient que moyens électoraux.
 

François le Luc