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Surveillance : la NSA envisage de récupérer des données sur les pacemakers, l’électroménager et les jouets

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Le directeur délégué de la NSA (National Security Agency), agence de sécurité et de surveillance des Etats-Unis, a déclaré que celle-ci envisage la possibilité de récupérer des données sur les objets bio-médicaux connectés tels les pacemakers. Richard Ledgett s’exprimait lors d’une convention à Washington DC il y a quelques jours, assurant qu’il s’agit pour le moment d’une étude « théorique ». Mais ses déclarations s’inscrivent dans un cadre plus large, puisque le directeur de la National Intelligence des États-Unis, James Clapper, assurait en février devant le Sénat que les objets connectés tels les réfrigérateurs, les machines à laver ou les jouets pouvaient servir à la récupération de données personnelles relatives à l’identité ou à la localisation des usagers, ou permettre les opérations de recrutement ou l’accès aux réseaux protégés des utilisateurs.
 

La NSA consciente de l’intérêt des pacemakers et autres objets connectés

 
Il faut souligner que les deux hommes n’évoquent que des possibilités techniques, en prenant soin d’ailleurs d’en avertir le monde entier, ce qui peut paraître naïf – à moins qu’il ne s’agisse de créer le sentiment généralisé qu’on ne peut rien faire sans être pisté… On devra retenir que ce sont des solutions clairement envisagées même si elles ne sont pas mises en œuvre – encore qu’on n’en sache rien. Comme violations de la vie privée, elles seraient de taille…
 
Richard Ledgett a parlé de la surveillance des pacemakers comme d’« un outil de plus dans la boîte » des agents de surveillance, une véritable « aubaine » si elle était effectivement utilisée. « Mon travail consistant à pénétrer les réseaux d’autrui, la complexité est mon alliée. La première fois qu’on met le logiciel à jour, on y introduit des vulnérabilités ou plus précisément des variables. C’est un moment où il est souhaitable d’être du point de vue de la pénétration », a-t-il expliqué.
 

Récupérér des données sur l’électroménager et les jouets, une aubaine pour la surveillance

 
The New American voit dans les propos de Ledgett et de Clapper la preuve que de hauts responsables de ces grands centres de surveillance sont en train de travailler sur la récupération de données, et jusqu’à des conversations privées, par le truchement d’objets du quotidien ; aussi bien la NSA que National Intelligence outrepassent ainsi allègrement les objectifs et les limites qui leur sont imposés par la Constitution américaine.
 
La nouveauté des sources d’information possibles crée en effet un flou quant à l’obligation d’obtenir des mandats de surveillance et de faire effectuer cette surveillance par des officiers assermentés.
 
L’histoire passée de la NSA, accusée de pratiques de surveillance illégale en quantité, ajoute à l’inquiétude de ceux qui demandent le respect de l’état de droit.
 
Quoiqu’il en soit de la réalité de cette surveillance, actuelle ou future, il est clair que tout peut être piraté un jour ou l’autre et que les objets connectés sont aussi des fenêtres sur la vie privée de leurs utilisateurs – au bénéfice de Big Brother comme de celui de hackers de tout poil.
 

Anne Dolhein