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Le taux de fécondité augmente en Allemagne… à cause des migrants

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Comment dit-on « cocorico » en allemand ? Il y a sans doute un mot pour cela, mais ce n’est pas vraiment le moment de l’employer. On vient d’apprendre que le taux de fécondité en Allemagne a atteint une valeur record, jamais vue depuis 1982&nbsp ;: pour la première fois en 33 ans il dépasse les 1,5 enfant par femme en âge de procréer, avec 738.000 naissances en 2015. L’Office fédéral de la statistique (Destatis) note un supplément de 27 bébés pour 1.000 femmes par rapport à l’année précédente ou l’on comptait 1,47 enfant par femme. Cette tendance à la hausse persiste depuis 2012 même si l’augmentation est moins rapide qu’en 2014 où l’on notait 56 naissances supplémentaires par 1.000 femmes qu’en 2013. Mais si la fécondité augmente de manière sensible, ce n’est pas tant chez les femmes de nationalité allemande que chez les étrangères. Les nouveaux migrants ont lourdement pesé… Et ce même si la majorité de ceux arrivés en 2015 sont des hommes.
 

En Allemagne, les migrants sont plus féconds que les autochtones

 
Le communiqué officiel de Destatis donne tous les détails, puisque des statistiques de cette sorte sont autorisées en Allemagne. Le taux de fécondité chez les femmes de nationalité allemande est passé de 1,42 enfant par femme en 2014 à 1,43 enfant par femme en 2015 : cela reste plus que modeste et surtout bien en-deçà du taux de remplacement des générations évalué à 2,1 enfants par femme dans les pays développés. Autrement dit, si l’on tient compte de la fécondité des Allemandes (on ne parle même pas exactement des autochtones), la génération qui vient comptera au moins 30 % de personnes de moins que la génération qui lui précède. C’est un lent suicide – très rapide cependant à l’échelle de l’histoire – qui dure depuis plus de 30 ans.
 
 Pour les femmes de nationalité étrangère, en revanche, la natalité augmente « de manière significative », constate Destatis. On passe en un an, entre 2014 et 2015, de 1,86 à 1,95 enfants par femme, Une augmentation plus rapide que celle constatée entre 2013 et 2014 ; elle est très évidemment liée à l’afflux massif de migrants en 2015.
 

Un taux de fécondité près de 30 % plus élevé chez les migrants

 
Etant donné que sur les quelque 80 millions de citoyens que compte l’Allemagne, on évalue à 65 millions le nombre d’entre eux qui ne sont pas origine immigrée, les 15 millions restant pouvant être soit étrangers, soit de nationalité allemande mais immigrés, on mesure que cet écart de taux de fécondité noté par l’Office statistique national est important et pèsera sur la composition démographique future de l’Allemagne.
 
 À l’heure actuelle, l’Allemagne a la seconde population la plus vieille au monde, selon des chiffres publiés l’an dernier par l’Institut fédéral pour la recherche sur la population. Elle n’est devancée que par le Japon. L’âge moyen en 2013 était de 44,1 ans en Allemagne.
 

La population augmente à cause de son vieillissement, mais aura perdu 10 millions d’âmes en dans 45 ans

 
Le taux de fécondité générale a progressé de manière chaotique depuis 1994, avec une remontée plus rapide depuis 2010 où il a commencé à avoisiner les 1,4 enfant par femme. La remontée est au moins partiellement due à des mesures prises par le gouvernement pour créer des conditions plus favorables à la maternité dans le monde du travail. Pour la sociologue Corinna Onnen, il s’agit d’un feu de paille. Et on peut constater en tout cas que l’immigration est plus « efficace » à cet égard que les divers encouragements proposés aux femmes allemandes pour tenter de venir à bout des énormes problèmes que posera le vieillissement accéléré de la population. Problèmes qui ne seront pas réglés par l’afflux d’enfants d’origine étrangère dans le cadre des communautés migrantes, dont on sait qu’elles recourent bien plus que les autochtones aux aides sociales, et ce dans la durée.
 
Même si la démographie allemande est réellement à un tournant, même si la remontée est durable, les projections de Destatis annoncent un déclin de quelque 10 millions de personnes à l’horizon 2060.
 

Anne Dolhein