Tiques et viande : une allergie opportune pour réduire les émissions de CO2 ?

Tiques viande réduire CO2
 

Près d’un demi-million d’Américains – 450.000 environ – ont été infectés à l’occasion d’une piqûre de tique Lone Star (Amblyomma americanum), selon les chiffres officiels des CDC (Centers for Disease Control). Cette bestiole se trouve désormais dans 27 Etats, depuis le Texas jusqu’au Maine. Et il se pourrait que leur pouvoir de nuisance soit sous-évalué par les CDC, parce que la plupart des professionnels de la santé ne connaissent pas la maladie qu’elles transmettent et ne la dépistent pas : il s’agit du syndrome alpha-gal (AGS), une allergie au sucre galactose-alpha-1,3, présent dans la viande de la plupart des mammifères, et qui se manifeste par des réactions sévères chez les personnes affectées quelques heures après l’ingestion de viande rouge, bœuf, porc ou agneau.

Ces dernières semaines, les autorités sanitaires du Massachusetts, de la Virginie, de New York, du Delaware, du Missouri et de l’Ohio ont diffusé des messages d’alerte pour attirer l’attention du public sur menace qui va croissant, alors que l’allergie en question était rare jadis rare. Les chercheurs de VCU Health à Virginia Commonwealth University affirment ainsi que l’allergie connaît une progression alarmante.

 

Le faire mordre par une tique et développer une allergie sévère à la viande

Tout cela pourrait relever du manque de chance si la tique Lone Star n’avait pas les faveurs des obsédés du « net zéro ». Il y a quelques mois seulement, une paire de professeurs de bioéthique affirmaient qu’il pourrait profiter à la planète d’assurer une meilleure diffusion de ces petits arachnides. Parker Crutchfield et Blake Herreth (tels sont les nom de ces universitaires idéologues) avaient même titré leur papier scientifique dans Bioethics, en octobre 2025, Beneficial Bloodsucking (« vampirisme bénéfique »).

Au nom de la lutte contre le CO2, et étant donné que dans ce cadre on peut considérer moralement impermissible le fait de manger de la viande, ils arguaient qu’il serait tout aussi inacceptable de prévenir la diffusion de cette allergie non fatale :

« Nous soutenons que l’AGS transmis par les tiques est un bio-stimulateur moral lorsqu’il incite les gens à cesser de manger de la viande. Nous défendons ensuite ce que nous appelons l’argument de la convergence : si le fait de faire x empêche le monde de devenir un endroit nettement pire, ne viole les droits de personne et favorise une action ou un caractère vertueux, alors le fait de faire x est fortement obligatoire à ce titre. »

 

Moins de viande, c’est moins de C02 : faut-il multiplier les tiques ?

Face à la levée de boucliers d’Américains amateurs de T-bone steaks, les deux compères ont assuré par la suite que leur article scientifique n’était en réalité qu’une pensée expérimentale. Une aimable hypothèse en somme. Et pourquoi pas un exercice dans l’absurde ?

Le problème est bien cette diffusion inédite de la tique inhibitrice de barbecue est une véritable invitation aux théories du complot : puisque d’aucuns y ont pensé, pourquoi ne pas imaginer que d’autres l’ont fait ? La tentation est d’autant plus grande qu’il est facile d’imaginer des expériences de gain de fonction sur les tiques communes, comme cela a été le cas pour le virus de Wuhan.

Il est certain aussi que la pensée ne nous effleurerait pas si le Forum économique mondial, l’ONU et d’autres n’avaient multiplié les dénonciations de la viande, tout en faisant la promotion des insectes et l’exaltation du véganisme.

 

La lutte contre le CO2, début et fin de la morale onusienne

Dans sa vidéo 8 prédictions pour le monde en 2030, le forum de Davos disait les choses clairement : « Vous mangerez beaucoup moins de viande, ce sera une gourmandise occasionnelle, pas un aliment de base, pour le bien de l’environnement et de notre santé. » Il est vrai que la vidéo annonçait également une rude mise à l’épreuve des valeurs occidentales d’ici-là et la nécessité de mettre en place des moyens de contrôler et d’équilibrer la démocratie : c’est un tout.

En Chine, rappelle William F. Jasper de The New American, l’objectif est déjà clairement affiché puisque le Parti communiste a déjà publié des directives appelant le peuple chinois à réduire sa consommation de viande de 50 % d’ici à 2030. Ajoutons cependant que cela n’a strictement aucun effet sur la population, qui ne change rien à ses habitudes. Mais, comme toujours en matière de transition énergétique, cela permet de montrer la Chine en exemple.

L’affaire des tiques gardiennes de la morale écologique est peut-être un peu tirée par les cheveux. Mais il reste vrai que leurs cousines, les tiques du cerf, diffusent déjà la maladie de Lyme, longtemps balayée d’un revers de main, voire interdite de dépistage efficace, et que la bio-ingénierie n’est pas totalement exclue en ce qui les concerne. On sait bien que les petites bêtes sont bien plus dangereuses que les grosses !

 

Anne Dolhein