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Treize cardinaux adressent une lettre au pape François pour critiquer l’organisation du synode

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Le Saint Siège n’a pas démenti l’existence d’une lettre remise au pape et signée par treize cardinaux. Remise en main propre au pape le 5 octobre par le cardinal Pell, cette lettre a été révélée lundi matin par le vaticaniste Sandro Magister, privé d’accréditation au Vatican depuis qu’il a mis en ligne une version non définitive de l’encyclique « Laudato Si » avant la levée de l’embargo de la Salle de presse, en juin dernier. La lettre critique durement l’organisation du synode. Elle a été traduite en français par le site Riposte catholique.
 
Magister évoquait treize cardinaux signataires de la lettre, dont plusieurs collaborateurs proches du pape François. Très rapidement, quatre des personnes citées ont démenti avoir signé cette lettre : les cardinaux Erdö, Piacenza, Scola et André Vingt-Trois, archevêque de Paris. Ce dernier a reconnu avoir été approché à ce sujet, mais avoir refusé de s’associer à l’initiative.
 
American Magazine, citant des « sources informées », donne la liste des vrais treize signataires.
 

L’existence d’une lettre adressée au pape François par treize cardinaux a été confirmée

 
Le porte-parole du cardinal Pell a confirmé l’existence de cette lettre, regrettant qu’elle ait été publiée : « Une lettre privée devrait rester privée », a-t-il commenté. Il a par ailleurs confirmé qu’il y avait eu des erreurs dans les noms des signataires comme dans le contenu de la lettre elle-même, de la part de Sandro Magister. Une précision également apportée par le cardinal sud-africain Wilfrid Fox Napier, qui a reconnu avoir signé cette lettre dans un entretien, tout en précisant que son contenu était différent de ce qu’avait initialement affirmé le journaliste.
 
Le porte-parole du cardinal Pell a cependant confirmé l’existence d’inquiétudes parmi les pères synodaux quant à la composition du comité de rédaction du rapport final du Synode, ainsi qu’à la méthode employée pendant ce synode. « Il y a bien sûr des désaccords parce que des éléments minoritaires veulent changer l’enseignement de l’Eglise sur les dispositions nécessaires à la réception de la Communion », a-t-il encore affirmé, précisant sur ce point « il n’y a aucune possibilité de changement sur cette doctrine ».
 

Les cardinaux signataires critiquent les procédures, craignant que les conclusions n’aient été écrites avant le Synode

 
Selon Sandro Magister, les auteurs de la lettre s’en prennent à la composition du comité chargé de rédiger le rapport final du Synode, qui regroupe plusieurs proches du pape, et peu de pères synodaux. « Le manque de participation des pères synodaux à la composition de la commission de rédaction a créé un malaise considérable », écrivent les cardinaux, qui craignent que les conclusions du synode ne soient déjà écrites : « Un certain nombre de pères pense que la nouvelle procédure semble conçue pour faciliter l’obtention de résultats prédéterminés à propos de questions importantes et controversées. »
 
Les cardinaux signataires regrettent également le changement des règles de conduite du Synode, qui ne permettent pas aux cardinaux de s’opposer aux divers éléments d’un texte : ils seraient désormais contraints de voter pour ou contre le texte dans son ensemble. Ils affirment dans cette lettre ne pas comprendre la nécessité de tels changements. A la conférence de presse du P. Lombardi, lundi, ce dernier point n’a été ni confirmé, ni infirmé.
 

Le pape François a indiqué qu’il approuvait l’organisation du synode

 
Les treize cardinaux mettent également en garde contre le danger de voir le Synode, initialement organisé pour renforcer pastoralement la dignité du mariage et de la famille, se concentrer sur un seul objectif : la question théologique et doctrinale de l’accès à la communion des divorcés remariés.
 
Le pape François s’était adressé aux cardinaux le lendemain du jour de réception de cette lettre, leur demandant de « ne pas céder à l’herméneutique de la conspiration, qui est sociologiquement faible et spirituellement inutile ». Une manière de pousser les cardinaux signataires à ne pas s’inquiéter… sans dissiper leurs inquiétudes.
 

Béatrice Romée