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Trump se dédiera-t-il aussi pour l’accord de Paris sur le climat ?

Trump accord climat
 
C’est la grande question. Malgré ce qui fut l’une de ses grandes promesses de campagne, à savoir le retrait de l’Accord de Paris sur le climat, Donald Trump fait planer le doute. Une réunion devait avoir lieu mardi avec ses proches conseillers : elle a été reportée sine die. La pression à la Maison Blanche du groupe constitué par sa propre fille, son gendre et son secrétaire d’Etat, se trouve de jour en jour renforcée.
 
Assistera-t-on à une énième dérobade, après les dossiers syrien, grec etc… ? On est censé le savoir à la fin mai, lors de la réunion du G7 en Sicile.
 

Incertitude à propos de l’Accord sur le climat

 
Le candidat à l’élection américaine l’avait promis, le président aussi. Début février, le responsable de transition de l’« Environmental Protection Agency » américaine, Myron Ebell, l’avait quasi annoncé.
 
Mais en dépit de la signature, le 28 mars dernier, du décret sur « l’indépendance énergétique conduisant à la relecture du « Clean Power Plan » d’Obama, en dépit de « la guerre à la guerre » contre le pétrole que Trump affiche tout de go, en dépit de ses grands mots climato-sceptiques, il semblerait que le rejet de l’Accord de Paris ne soit plus si évident qu’avant.
 
Les meilleurs conseillers de Trump devaient se réunir mardi pour faire part au président de leurs recommandations. Des calendriers – ou des opinions – incompatibles l’ont fait reporter. Il est à craindre que l’esprit devenu « ouvert » de Trump (entretien dans le New York Times) ne le devienne que trop…
 

Deux factions à la Maison Blanche

 
Mercredi, H. Sterling Burnett, chercheur en politique de l’environnement et de l’énergie à l’Institut Heartland, s’est confié à Breitbart : « Trump a dit à juste titre qu’il allait se retirer de cela, mais … il y a deux factions à la Maison-Blanche. Il y a ceux comme Scott Pruitt, responsable de l’EPA, comme Steve Bannon, son conseiller, qui disent : gardez votre promesse de campagne. Retirez-vous de l’accord climatique de Paris. Laissez l’Amérique grandir ».
 
« Mais il y a l’autre faction, a-t-il poursuivi, dirigée par Rex Tillerson, qui a beaucoup d’influence … en tant que secrétaire d’État, et qui a déclaré que nous devrions rester dans l’accord. Elle est aussi dirigée par sa fille et son gendre, Ivanka Trump et Jared Kushner. … Ivanka veut faire du changement climatique son cheval de bataille. Et lui a de gros intérêts à essayer de le maintenir dans l’accord, il dit qu’il ne faut pas le laisser tel qu’il est, mais le renégocier : faites une meilleure affaire »
 
« Le problème est qu’il n’y a pas de moyens, dans le traité, de faire une meilleure affaire. Vous n’êtes pas autorisé dans le traité à faire une meilleure affaire. (…) Si vous obligez l’Amérique à réduire ses émissions, le gouvernement prend une place démesurée et intervient dans l’économie » du pays, l’obligeant à verser des milliards de dollars dans les « réparations climatiques » aux dictateurs du tiers monde, sans qu’eux ne soient obligés en rien.
 

Le « Big Oil » avec Jared Kushner et Ivanka Trump

 
Il semblerait donc qu’il n’y ait pas de moyen terme. Et beaucoup craignent une volte-face, un cinglant désaveu, une singulière compromission de leur vainqueur qui cumule les contre-décisions flagrantes.
 
De plus, il faut considérer l’alliance improbable des pro-climats et de ce qu’on appelle le « Big Oil ». Le géant du pétrole ExxonMobil a écrit à la Maison Blanche pour défendre un « cadre efficace pour faire face aux risques du changement climatique ». BP, Shell, Chevron, Royal Dutch Shell, veulent aussi voir l’Amérique garder sa place à la COP21.
 
Ce qui peut sembler paradoxal de prime abord, les industries de combustibles fossiles étant directement visées par l’accord, s’explique par le fait qu’elles ont aussi toutes partie liée avec le gaz naturel, source d’énergie moins polluante que le charbon, et bien plus favorisée par la COP21… D’où leur investissement massif dans ce secteur clé en croissance forte, et leur désir d’être à la table de l’Accord – d’autant que Trump a permis de reprendre les forages de gaz de schiste, abondant en Amérique du Nord…
 

Trump écoutera-t-il les « créatures des marais » (Myron Ebell) ?

 
Le groupe de réflexion conservateur du marché libre « Competitive Enterprise Institute » a lancé mardi une campagne en ligne pour exhorter le président Trump à maintenir, bien au contraire, sa promesse de campagne. Myron Ebell y a répété qu’en cas de non-retrait, les plans de Trump visant à défaire l’agenda climatique d’Obama deviendraient par là-même vulnérables, juridiquement parlant et que la reprise économique du pays en serait ralentie sur la prochaine décennie.
 
Une déclaration semblable à celle du Républicain Michael McKenna : « L’objectif fondamental de l’Accord de Paris est de conduire les nations développées vers des régimes environnementaux qui sont mathématiquement incompatibles avec la croissance économique ».
 
Mondialisme rime avec nivellement.
 
On attend la politique officielle de l’administration Trump en la matière.
 

Clémentine Jallais