Certains désapprouvent le coup de force de Donald Trump au Venezuela : une opération militaire spéciale, pourrait-on dire, menée en deux temps, trois mouvements à Caracas samedi. Avec un minimum d’effusion de sang, et une frappe chirurgicale permettant l’arrestation et l’exfiltration de Nicolas Maduro et de son épouse… Dès ce lundi, ils ont été présentés à la justice américaine, inculpés de narcotrafic et de détention d’armes automatiques. Le Venezuela a été libéré d’un tyran communiste qui, avec ses méthodes communistes, a assuré à son pays la faim, la misère, la pénurie de tout, y compris de pétrole, alors qu’il possède le plus important gisement mondiaux, pour 1 % de la production mondiale. Maduro, qui a pris la suite de Hugo Chavez, « inventeur » de la variante locale du socialisme marxiste, le chavisme, ne sera pas regretté par les 8 millions de Vénézuéliens qui ont fui le pays aux dires du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (pour une population totale de quelque 30 millions) : dans le monde entier, la diaspora jubile et festoie dans les rues. Ils rêvent déjà de rentrer chez eux.
Vingt-sept ans de chavisme, c’est du collectivisme, de la corruption, de la gabegie, et l’enrichissement pour Maduro qui semblait prêt à négocier son propre départ pourvu qu’on lui laissât la disposition de son immense fortune. Sur le papier, elle est relativement modeste : l’équivalent de quelques millions d’euros. Mais 700 millions de dollars détenus par des sociétés écrans liées au président vénézuélien ont été saisis aux USA. Et au Venezuela, les fruits de la corruption de la part des hommes de pouvoir se compte en milliards.
Trump capture Maduro, cris d’orfraie au nom du « droit international »
Autrement dit, les cris d’orfraie des partisans du respect du « droit international », n’impressionnent pas ceux qui sont aujourd’hui débarrassés de Maduro. Evidemment bafoué dans cette affaire, le « droit international » ne l’est-il pas à répétition, depuis que les institutions internationales aux principes et aux objectifs maçonniques tentent d’en imposer le respect dans le monde, heureusement sans armée mondiale pour en assurer l’exécution ? Dans les faits, le pouvoir, la puissance, les intérêts nationaux continuent de s’affirmer, quitte même à mener des guerres de conquête. Nihil novi sub sole, en somme.
Bien entendu, il était aussi dans l’intérêt de Trump et des Etats-Unis d’être libérés de foyers de guerre asymétrique contre eux au sud des Caraïbes : outre ses richesses minières et pétrolières, le Venezuela représentait une véritable menace contre l’intégrité des Etats-Unis et leurs habitants à travers le trafic de cocaïne qu’affectionne aussi le voisin colombien. La gauche parle de guerre hybride dans l’autre sens, des USA contre le pauvre Venezuela, mais en attendant ce sont des sociétés pétrolières américaines qui ont été nationalisées sous Chavez en 2007, à travers une saisie qui a abouti à l’effondrement de cette industrie.
Trump a déjà annoncé leur retour au Venezuela, et avec elles, les investissements et infrastructures qui vont remettre la production sur pied, donnant aux Etats-Unis une place de choix parmi les pays producteurs, et la capacité de garder les prix bas.
Le Venezuela va manquer à la Russie
Indirectement, c’est la Russie qui s’en trouvera affaiblie, car Trump a déjà annoncé vouloir alimenter la Chine dont les achats d’or noir aidaient à financer la guerre russe contre l’Ukraine. Chute des prix, clients qui partent : c’est une fort mauvaise nouvelle pour Poutine que cette attaque contre un allié historique. Trump a aussi utilisé les armes américaines en Iran, et menace, fort de son opération de Caracas, la Colombie, annonce que la dictature communiste à Cuba tombera d’elle-même.
L’Iran, la Russie et la Chine perdent un allié de choix qui ne fournissait pas sa population en énergie mais parvenait à leur en vendre, qui achetait leurs armes, et constituait pour ces alliés historiques (du temps de l’URSS comme par la suite) une tête de pont face aux Etats-Unis tout comme un territoire essentiel en Amérique latine, où Russes et Chinois avaient une présence que le discours officiel ne permettait pas de qualifier de « coloniale ».
La politique de Trump est finalement assez claire. Il s’en prend au bloc russe, au bloc des BRICS (qu’on en finisse avec le mythe de la multipolarité colporté par la Russie qui a ses anciens affidés, alliés, « non-alignés » de toujours avec elle) et montre son impatience à l’égard des idées maçonnes de mondialisme. Il l’a dit au sujet de l’Union européenne dans son récent document sur la Stratégie de Sécurité nationale : il n’a que faire d’une institution qui favorise l’immigration, bride son industrie et son esprit d’initiative par « l’étouffement réglementaire », en particulier climatique, tout en bâillonnant la liberté d’expression au nom d’un wokisme que lui-même combat pied à pied…
Que vient faire la maçonnerie là-dedans, direz-vous. Le Venezuela ne semble pas porter les « Frères » dans son cœur, vu quelques décisions prises contre eux par Maduro lui-même. Oui mais… Il a prêté serment devant le portrait de ce grand maçon qu’était Simon Bolivar, artisan de l’indépendance face à la très catholique Espagne, il est à la tête de la « République bolivarienne du Venezuela », et l’Assemblée nationale du pays a reçu en grande pompe les francs-maçons de la Grande Loge du Venezuela en 2024. Pas si honnis que cela !
Trump contre Maduro, c’est un acte contre le mondialisme socialiste
D’un côté, donc, un président des Etats-Unis qui détricote le mondialisme, de l’autre un président marxiste qui, au pouvoir, dénonçait si volontiers le sionisme, les juifs, Israël comme responsables de la contestation de sa réélection si douteuse. Il apparaît comme antisémite sans être dénoncé par le concert international, c’est significatif. Le soutien des USA à Israël est réel, quoique distant, et Trump assure avoir bénéficié de la collaboration d’Israël, qui en tout cas se montre plutôt content. Et pour ce qui est de la « judéo-maçonnerie », on repassera, on voit dans cette histoire comme dans d’autres qu’elle n’est pas du tout vérifiée.
Il est intéressant d’ailleurs de voir les réactions internationales à l’opération « Absolute Resolve ».
La Russie et ses alliés – Cuba, Iran… – dénoncent. Russia Today titre : « L’histoire de Maduro est le dernier chapitre en date de la lutte de l’Amérique latine contre l’empire », dans une région qui « au cours des siècles a connu des traîtres disposés à tout vendre aux pouvoirs coloniaux ». Et de chanter les louanges des meneurs maçonniques qui au cours des siècles, se sont dressés contre le « pouvoir impérial hispanique » ; de rappeler l’exemple de Salvador Allende, de Fidel Castro, de Che Guevara. Maduro, assure l’article, finira sur les autels à leurs côtés, avec Simon Bolivar, citant Sandew Hira, secrétaire de la Decolonial International Network Foundation.
Le président communiste du Venezuela soutenu par l’UE et l’ONU
L’UE et l’ONU réclament le respect du « droit international », la première en critiquant Maduro mais en condamnant l’action américains, tout comme le travailliste Keir Starmer, et les chefs d’Etat mexicain et brésilien. Emmanuel Macron qui dans un premier temps s’était montré satisfait est vite rentré dans le rang de la glorification du « droit international ». L’ordre maçonnique mondial, pour le dire autrement.
Sans surprise, Xavier Milei, Giorgia Miloni (qui qualifie l’opération de « légitime » au titre du droit de légitime défense contre le narcotrafic) ont applaudi. Cet « ordre », ils y sont justement opposés, au contraire de la Russie et de ses proches.
La question est aujourd’hui sur toutes les lèvres : à qui le tour ? Trump lance des menaces : il profite de l’avantage que crée la peur devant une action spectaculaire. Il a indiqué ne pas vouloir occuper le Venezuela mais entend bien surveiller la situation pour éviter l’arrivée un nouvel avatar du chavisme.
« Si j’étais à La Havane je serais très préoccupé », a déclaré Marco Rubio : le secrétaire d’Etat américain a rappelé qu’il y avait beaucoup de Cubains parmi la garde rapprochée de Maduro et dans le renseignement vénézuélien, et que l’embargo contre la vente de pétrole à Cuba – une nécessité vitale pour l’île – serait mis en œuvre avec sérieux.
Voilà une histoire qui n’est pas terminée, et qui bouleverse profondément l’équilibre du monde.











