Pour sauver le socialisme du XXIe siècle au Venezuela, Maduro propose toujours plus de socialisme

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Pour faire face à la faillite complète de l’économie et à l’émigration massive de ses concitoyens, le président-dictateur du Venezuela Nicolás Maduro a annoncé le 17 août une nouvelle série de mesures qui ne pourront qu’aggraver la situation. Pour sauver le socialisme « bolivarien » mis en place par feu Hugo Chávez, Maduro a introduit comme son prédécesseur une nouvelle monnaie : le « bolivar souverain ». Son entrée en circulation le 20 août s’est accompagnée d’une dévaluation de 95 %.
 

Au Venezuela, le bolivar souverain a remplacé le bolivar fort qui ne valait plus rien.

 
On a enlevé 5 zéros au bolivar souverain comme Chávez avait déjà ôté trois zéros à la monnaie nationale quand il l’avait remplacée par le « bolivar fort » en 2008. À la différence du bolivar fort qui ne vaut plus rien à cause d’une inflation à 83.000 % l’an (aux dernières nouvelles), le bolivar souverain est indexé sur une monnaie virtuelle, le petro, à raison de 3.600 bolivars souverains pour 1 petro. La valeur du petro est censée s’appuyer sur le pétrole vénézuélien dont la production est en chute libre et qui est désormais revenue au niveau de 1947, selon le Telegraph qui s’inquiète de l’enthousiasme du travailliste Jeremy Corbyn pour les recettes socialistes vénézuéliennes. Contrairement au socialiste français Mélenchon, le Britannique Corbyn pourrait bien se retrouver Premier ministre un de ces jours, ce qui, fait remarquer le Telegraph, aurait des conséquences bien plus importantes pour l’économie britannique que le Brexit !
 

Pour sauver le socialisme bolivarien, les Vénézuéliens en état de malnutrition chronique sont encouragés par le président Maduro à épargner en or

 
L’introduction du bolivar souverain permettra-t-il de freiner l’hyperinflation et de donner tort aux prévisions du FMI qui tablent sur un rythme de hausse des prix de 1.000.000 % l’an d’ici à la fin de l’année ? Rien n’est moins sûr, car Maduro a aussi annoncé une hausse à partir du 1er septembre du salaire mensuel minimum de… 3.500 %, à 1.800 bolivars souverains. Cela revient à 30 dollars US au taux de change officiel, ce qui est toujours mieux que le salaire minimum en vigueur au Venezuela jusqu’à la fin du mois en cours, qui vaut moins d’un dollar.
 
Seulement, avec une inflation pareille, la hausse du salaire minimum aura très rapidement fondu comme neige au soleil. Pour empêcher cela, Maduro a annoncé que son gouvernement couvrirait la hausse sur les fonds publics pendant 90 jours pour les PME, « afin qu’elles n’aient pas d’excuse pour augmenter les prix ». « J’ai les fonds », s’est-il vanté, alors qu’il annonçait aussi être en possession de réserves d’or qui seront vendues aux Vénézuéliens souhaitant épargner, à raison de 3.780 bolivars souverains les 1,5 grammes. Ce nouveau plan Maduro pourrait en effet bien conduire à la disparition des marchandises dans les magasins. La seule chose que les Vénézuéliens en état de malnutrition chronique pourront alors acheter avec leurs bolivars souverains indexés sur une crypto-monnaie nationale qui ne vaut rien sur les marchés internationaux, ce sera l’or de Maduro, qu’ils risquent de trouver fort indigeste.
 

Olivier Bault