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Victoire de l’abstention dimanche au Venezuela, mais nouveau mandat pour Maduro après des élections de façade reconnues par la Russie et la Chine

Venezuela Maduro élections
 
La surprise des élections de dimanche au Venezuela n’a bien sûr pas été la réélection du président Nicolás Maduro, digne continuateur du socialisme du XXIe siècle d’Hugo Chávez. La surprise, c’était le fort taux d’abstention. Avec 46 % d’électeurs qui ont fait le déplacement le 20 mai, la participation par rapport aux élections présidentielles précédentes est en chute de 34 points. D’un côté, ce n’est pas vraiment étonnant. La principale coalition d’opposition, la Table de l’Unité démocratique (MUD), majoritaire au parlement, avait été exclue en janvier du processus électoral par la Cour suprême qui est elle-même entre les mains des partisans de Maduro. Puis l’Assemblée nationale constituante, créée par Maduro pour court-circuiter l’Assemblée nationale dominée par l’opposition, a avancé de plusieurs mois les élections présidentielles initialement prévues pour décembre. Les principaux partis d’opposition avaient donc décidé de boycotter cette farce électorale.
 

Boycott des élections par l’opposition contre système de cartes électroniques pour contraindre les électeurs à se rendre quand même aux urnes

 
Mais pour améliorer le taux de participation, Maduro disposait d’une arme redoutable sous la forme de la « Carte de la Patrie » introduite en 2016. Il s’agit d’une carte d’identité électronique que les Vénézuéliens doivent présenter pour recevoir les aides alimentaires, médicaments subventionnés et autres aides de l’État. Pour le jour des élections, le régime socialiste bolivarien de Maduro avait mis en place, à proximité des bureaux de vote, des points d’enregistrement de ces cartes, faisant naître le soupçon qu’il allait ainsi contrôler qui avait voté et peut-être même pour qui, puisque le vote au Venezuela est électronique et qu’il n’existe pas de réelles garanties sur la séparation du système électoral et du système des « cartes de la Patrie ». Ainsi, on ne peut exclure qu’une partie des électeurs de Maduro ne soient en fait allés voter pour lui dimanche de peur de ne plus avoir accès aux aides…
 

Malgré la menace de rétorsions de la part du régime de Maduro, une majorité d’électeurs n’a pas voulu participer à des élections de façade

 
Outre le boycott de l’opposition – malgré les appels de l’ancien premier ministre socialiste espagnol José Zapatero – et la certitude qu’il y aurait des fraudes, à l’origine du mécontentement des Vénézuéliens à l’égard du président il y a bien sûr aussi le désastre économique des années Maduro : contraction de moitié de l’économie depuis 2013, hyperinflation, chute de la production de pétrole… Certes, comme à Cuba, l’effet des sanctions internationales se fait sentir mais ces sanctions ne sauraient expliquer à elles seules un désastre qui avait commencé longtemps avant leur entrée en vigueur. Pour Bob Adelmann, du New American, il serait d’ailleurs temps que l’administration Trump passe à la vitesse supérieure et s’en prenne au secteur pétrolier, principale source de devises du Venezuela, afin de pousser le dictateur marxiste vers la sortie.
 

Le Venezuela socialiste toujours soutenu par la Chine communiste et la Russie post-communiste

 
En revanche, la révolution socialiste bolivarienne chaviste peut toujours compter sur les alliés traditionnels des dictatures socialistes d’Amérique latine : la Chine communiste et la Russie post-communiste. C’est le média de l’État russe en langue espagnole qui le dit : « Moscou a appelé la communauté internationale à respecter la volonté des Vénézuéliens et à tenir compte du fait que 6 millions d’entre eux ont voté en faveur du candidat du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), Nicolás Maduro ». Tandis que pour l’organe de presse en langue anglaise du Parti communiste chinois, si le gouvernement de Maduro a eu tant de problèmes au cours de son mandat précédent, c’est à cause des manifestations violentes de l’opposition de droite et des sanctions économiques des pays occidentaux.
 

Olivier Bault