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Au Vietnam, le ministère de l’Education veut intégrer l’enseignement de l’histoire dans les autres matières. Cela rappelle quelque chose…

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C’est une proposition récente des autorités de l’Education nationale du Vietnam, toujours communiste : arrêter de considérer l’histoire comme une matière à part entière, pour l’intégrer dans l’enseignement des autres matières, telles la géographie, la littérature ou la musique. Le projet présenté par le ministre Pham Vu Luan rappelle furieusement la mode des « itinéraires de découverte », « matières transversales » et – version la plus récente – des « enseignements pratiques interdisciplinaires » que les élèves français ont subi ou subiront du fait des réformes successives de l’enseignement.
 
Que ces gadgets retiennent l’attention d’un système d’éducation communiste en dit long sur la nature réelle des solutions pédagogiques officiellement mises en place en France. C’est le règne de l’enseignement global où l’enfant, confronté à un éparpillement tous azimuts de connaissances confuses, est censé construire son propre savoir. L’antithèse de la culture.
 

Le Vietnam communiste veut diluer l’enseignement de l’histoire dans les autres matières

 
En l’occurrence, que la matière visée soit l’histoire n’a rien de fondamentalement surprenant : n’est-ce pas le propre de la Révolution de demander que du passé l’on fasse « table rase » ? Mais dans le même temps, elle a besoin d’une histoire réécrite au service d’une cohésion publique et au Vietnam, et le bon sens l’exige aussi… Des parlementaires et des représentants de la société civile se sont indignés et réclament au contraire un enseignement plus approfondi de l’histoire en tant que matière clairement individualisée.
 
Pham Vu Luan a eu cette réponse extraordinaire alors qu’il était interpellé sur le sujet par un député : il a expliqué que le projet allait permettre aux élèves de passer plus de temps à étudier l’histoire.
 

Le ministère de l’Education attaque l’histoire – et se défend comme Belkacem

 
Un peu comme Najat Vallaud-Belkacem assurant qu’avec sa réforme similaire de l’enseignement du latin en France, davantage de collégiens auraient accès à l’étude de la langue de Cicéron – alors que l’apprentissage du latin va se dissoudre dans un vague saupoudrage culturel.
 
Le même élu a souligné qu’à l’heure actuelle au Vietnam, alors que les enfants bénéficient d’un enseignement de l’histoire dispensé par des professeurs spécialisés, les résultats obtenus restent « limités ». Ce qui ne laisse guère espérer une amélioration dans le nouveau système de dispersion.
 
Duong Trung Quoc, élu « réformateur » dans une assemblée qui compte 91 % de communistes, mais élu avec le soutien du PC vietnamien, secrétaire général de l’association des sciences de l’histoire du Vietnam, a déclaré que le ministère ferait bien d’être « prudent » alors qu’il s’agit d’un projet qui affectera une toute une génération de jeunes. Intégrer l’histoire dans les autres matières, a-t-il averti, aura pour conséquence que les élèves ne s’y intéresseront plus, faute de la perspective d’un examen…
 
Les assauts contre l’histoire sont toujours révélateurs. En France, ils ont déjà largement réussi à vider la tête des élèves soumis à des années d’enseignement « thématique » qui détruit les repères et empêche la conscience du temps et des réalités passées.
 

Anne Dolhein