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La volonté d’une primaire à gauche souligne la faiblesse de François Hollande

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Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, secrétaire général du Parti communiste, sont en désaccord sur la question des primaires.


 
Alors même que François Hollande manifestait, ces derniers jours, son peu d’intérêt pour la question de l’organisation d’une primaire à gauche, d’un peu partout une volonté de passer outre à cet avis émerge, ce qui tend à souligner la faiblesse de la position de l’actuel locataire de l’Elysée. Contrairement à ce qu’il voudrait prouver, et à ce qu’affirment certains de ses proches, il n’est pas le « candidat naturel » de la gauche.
 
A la question de savoir d’où sort cet appel à une primaire qui sourd un peu partout ces derniers temps, la réponse est double : de l’opinion publique de gauche, et de la nécessité – l’une renforçant l’autre.
 

Volonté d’une primaire à gauche

 
En ce qui concerne la première, elle est nette. Dans un récent sondage Viavoice publié le 10 février par Libération, 79 % des sympathisants de gauche affirment qu’il s’agit là de la seule façon, face à la désunion de la gauche, de ne pas partir battu pour l’élection présidentielle de 2017. Une idée soutenue désormais par un certain nombre de politiques, à commencer par le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui en envisage la tenue pour « décembre ou janvier ».
 
Cet avis général prouve deux choses : la première, c’est que François Hollande – et Jean-Luc Mélenchon l’a prouvé en annonçant sa propre candidature – a échoué à apparaître comme le « candidat naturel » de la gauche. C’est même pire que cela, puisque, dans ce sondage, les sympathisants ne sont que 42 % à juger « souhaitable » une victoire de François Hollande en 2017…
 
Le patron du PS peut bien juger que, dans le cadre d’une primaire, le président de la République n’a « pas de problème de notoriété ». C’est bien plus grave : il a un problème de popularité ; et non pas, comme il feint de le croire, du fait de mesures impopulaires, mais de celui de décisions inefficaces.
 
Et il n’y a pas d’autre candidat naturel possible. En gardant Manuel Valls à Matignon, François Hollande lui a en quelque sorte coupé l’herbe sous le pied, en l’amenant à partager son impopularité.
 

La faiblesse de François Hollande

 
La deuxième conséquence, dès lors, est qu’il faut trouver un candidat unique pour éviter de réitérer la catastrophe de 2002.
 
C’est tout le problème de la nécessité : c’est que, faute de candidat naturel, il n’y a pas même de candidat unique. D’où la nécessité d’une primaire, puisque, aujourd’hui, le jeu se joue à trois, et que l’alternance devient douteuse.
 
Qu’il le veuille ou non, la question de la primaire se pose donc, en priorité, à François Hollande. Prendra-t-il le risque de miser sur son bilan et son impopularité pour se risquer en 2017 ?
 

François le Luc