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Vote obligatoire : la question du totalitarisme

Vote obligatoire question totalitarisme
 
Le président de l’Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, a proposé mercredi l’instauration du vote obligatoire dans un rapport sur les moyens de retisser le lien civique, en réponse à une demande du président de la République François Hollande après les attentats de janvier. La question du vote obligatoire est un vieux marronnier dont les ramifications repoussent régulièrement. Claude Bartolone affirme que cela favoriserait la démocratie. On voit mal comment ! Forcer les citoyens à voter, cela ressemble davantage à du totalitarisme…
 
François Hollande avait donc, en début d’année, demandé au Parlement de réfléchir sur « l’engagement citoyen et l’appartenance républicaine ». « La démocratie, ça s’entretient », répond aujourd’hui le président de l’Assemblée nationale.
 
Dans son rapport, élaboré par une mission de réflexion composée de membres de tous les groupes de l’Assemblée, Claude Bartolone présente 61 propositions, parmi lesquelles la mesure-phare demeure la très controversée instauration du vote obligatoire pour toutes les élections.
 

La question de la démocratie par le vote obligatoire

 
« La citoyenneté, c’est un droit, mais c’est aussi un devoir », affirme-t-il, en rappelant que le vote est obligatoire dans d’autres pays de l’Union européenne.
 
Claude Bartolone n’est pas un cas isolé. Il y a quelques semaines, des députés écologistes ont présenté une proposition en ce sens, mais, de part et d’autre de l’échiquier politique, les critiques ont fusé. Les socialistes avaient, eux aussi, déposé une proposition de loi en faveur du vote obligatoire, il y a douze ans, sans parvenir à faire aboutir cette démarche.
 
Certes, obliger les citoyens à voter règlerait la question, parfois délicate, de l’abstention. Mais si, de ce fait, le vote blanc devenait prioritaire, le problème ne sera que déplacé.
 

Totalitarisme de la laïcité

 
Parmi ses autres propositions, Claude Bartolone propose des missions citoyennes de terrain pour les élèves des grandes écoles, et une cérémonie d’entrée dans la citoyenneté lors de la remise de la carte d’électeur.
 
Claude Bartolone devait travailler à ce sujet républicain avec son homologue du Sénat, l’UMP Gérard Larcher, mais il avait fâché ce dernier en prônant la fusion entre le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental (CESE). Gérard Larcher présente donc un rapport séparé…
 
Le président du Sénat estime pour sa part que l’engagement républicain et le sentiment d’appartenance à la Nation sont « indéfectiblement liés ». Favorable à la loi de 1905, il affirme néanmoins que l’Etat « ne doit pas ignorer le fait religieux et doit prendre ses responsabilités dans l’organisation des cultes », en leur demandant notamment de « se situer moralement dans l’espace public tel que le définissent la Constitution et les lois de la République ».
 
En pratique donc, l’UMP et franc-maçon Gérard Larcher se retrouve très logiquement sur la ligne du premier ministre Manuel Valls.
 

François le Luc