fbpx

Windows 10, un « spyware » ? La mise à jour gratuite permet à Microsoft de récupérer vos données

Windows 10 spyware Microsoft récupérer données
 
Selon The New American, la mise à jour gratuite de Windows 10, offerte aux utilisateurs des systèmes 7 ou 8, cache une manœuvre de Microsoft pour obtenir l’accès aux données des internautes. Atteinte à la liberté individuelle, mise en place d’une surveillance accrue, récupération de vos données à des fins commerciales… – et autres ! – tout serait possible avec ce véritable « spyware » qui s’installe grâce à l’entier consentement de ceux qui le téléchargent.
 
Entier consentement ? Oui, puisque toutes les autorisations accordées à Microsoft pour récupérer les données des utilisateurs figurent dans les conditions générales que l’on signe avant le téléchargement, et qui à la différence de Windows 7 et 8 sont utilisées par défaut. Mais qui donc lit l’ensemble de ces interminables pages en petits caractères qui, pour beaucoup, s’apparentent à du charabia ? On ne voit que l’agrément de la mise à jour gratuite vers un programme plus performant.
 

Windows 10 obtient en un clic votre autorisation de récupérer toutes vos données

 
Les experts de la sécurité informatique, mieux avertis, estiment pour leur part que de nombreux aspects de Windows 10 relèvent des programmes de surveillance. La nouveauté, c’est qu’il ne s’agit pas d’applications spécifiques de surveillance ou de récupération qui se chargent de la collecte de données, mais du système d’exploitation lui-même, conçu à cette fin. On ne parle plus de faille de sécurité : Windows 10 constituerait plutôt, si l’on peut dire, son propre virus.
 
A l’ère du Big Data qui intéresse aussi bien les commerçants que les autorités publiques, la gratuité d’un système dont la conception et la mise en œuvre ont dû coûter fort cher n’est pas aberrante. Mettre à disposition un tel gisement de données promet des retours intéressants : au fond, c’est un investissement.
 
La lecture attentive du Microsoft Services Agreement – peu sont ceux qui s’y adonnent – permet de découvrir une partie de la réalité. The New American cite nombre d’exemples piochés au long des 40.000 mots, souvent obscurs, qui composent les conditions générales d’acceptation de l’installation de Windows 10.
 
La « politique de respect de la vie privée » de Microsoft (à la manière de la Pravda soviétique qui prétendait apporter la « vérité ») suppose la collecte par la firme de Bill Gates de tout ce qui suit : nom, adresse courrielle, postale, numéro de téléphone, mots de passe, âge, genre… Et pléthore d’« informations personnelles ». Microsoft se réserve le droit de stocker tout ce qui concerne les « intérêts » et les « favoris » des utilisateurs : équipes sportives, actions en bourse, les villes dont on suit la météo ; toutes vos préférences que l’on peut déduire des données collectées.
 

Windows 10, un spyware gratuit au bénéfice de Microsoft (et quelques autres)

 
Sont également à la disposition de Microsoft les données concernant les contacts de l’internaute s’il se sert d’un service de Microsoft pour en gérer la liste ou pour entrer en contact avec eux : personnes privées ou organisations.
 
Plus inquiétant encore : « Nous aurons accès à des données personnelles que nous diffuserons et conserverons, y compris vos contenus (e-mails, communications privées, fichiers dans des dossiers privés) dès lors que de bonne foi nous penserons que cela est nécessaire. »
 
Le Microsoft Services Agreement n’est pas nouveau. Ce qui change avec Windows 10, c’est que l’accès aux données est consentie par défaut à Microsoft, d’un simple clic, et que le décochage de telle ou telle autorisation (là où elle est possible) a des effets sur le fonctionnement non d’un simple programme, mais du système d’exploitation lui-même qui s’en trouverait, selon les experts, amputé des aspects qui le rendent attractif pour l’utilisateur. Le décochage des réglages par défaut est en outre long et compliqué, exigeant l’examen attentif de 13 écrans concernant la « sécurité ».
 
L’auteur de l’article précise qu’il travaille, lui, avec Linux.
 

Anne Dolhein