« Mercredi rouge » au Royaume-Uni : l’AED attire l’attention sur la persécution religieuse

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Abbaye de Westminster le 23 novembre


 
Nombre de bâtiments publics ont été éclairés en rouge – rouge sang – mercredi au Royaume-Uni pour marquer la sortie d’un rapport d’Aide à l’Eglise en Détresse sur la persécution religieuse dans le monde, destiné au Parlement britannique et mettant en évidence les souffrances et les morts qui accompagnent la traque des croyants. Le rapport de l’AED estime à 38 le nombre de pays qui ont connu des violations significatives de la liberté religieuse au cours de ces deux dernières années.
 
23 d’entre eux méritent la triste palme des pays ayant connu les pires persécutions : en font partie le Soudan, le Yemen et l’Erythrée qui rejoignent également le groupe de tête de 11 pays où la situation s’est récemment dégradée.
 
La date du 23 novembre a été choisie pour éclairer l’Abbaye de Westminster, le Parlement, ainsi que la cathédrale catholique de Westminster et d’autres bâtiments publics civils ou religieux parce que c’est la saint Clément, pape et martyr, reconnu aussi bien par les catholiques, les anglicans et les orthodoxes.
 

L’AED commémore tous les martyrs par un « mercredi rouge »

 
Mais l’AED, ONG catholique, est allée plus loin, choisissant de pleurer toutes les victimes persécutées pour leur foi… ou leur croyance.
 
Bien sûr, leur initiative a attiré l’attention sur les groupes comme l’Etat islamique dont l’AED dénonce l’« hyper-extrémisme ». Elle réserve ce qualificatif à ceux qui « prêchent la foi selon une ligne dure » et qui en outre, cherchent à anéantir tous les groupes qui ne se conforment pas à leurs idées, y compris parmi leurs propres corréligionnaires.
 
« Prêcher la foi selon une ligne dure », c’est tout simplement affirmer que la foi que l’on professe est vraie, et même la seule vraie. Ce qui relève tout simplement de la cohérence interne, même si l’objet d’une croyance peut être erroné.
 

Au Royaume-Uni, la persécution religieuse pour tous

 
On ne saurait reprocher à l’AED de mettre en évidence les souffrances infligées, notamment et surtout par les islamistes, aux Yézidis, aux musulmans « non conformes », aux chrétiens – ces derniers constituant le groupe le plus persécuté au monde.
 
Mais un petit bémol s’impose : le rédacteur principal du rapport, John Pontifex, a expliqué l’initiative de l’AED ainsi : « L’idée, c’est que des gens de toutes croyances se rassemblent, unis autour de cette unique couleur qui commémore tous ceux qui, quelle que soit leur foi, ont souffert à cause de leurs croyances religieuses. C’est une occasion pour se rappeler qu’il y a des milliers et des milliers de personnes – et parmi eux les chrétiens ne sont pas les moins nombreux – qui se font tuer ou qui sont persécutées pour l’unique raison de la foi qu’elles professent, et cela n’est tout simplement pas reconnu. Le rouge est la bonne couleur, en raison du sang versé. Il y a quelque ironie à ce que la religion, qui est supposée concerner la paix, soit mal interprétée comme ayant à voir avec la violence. »
 
Revoilà le mythe des religions facteurs de paix et de tolérance… Comme si l’islam, principal persécuteur, n’était pas d’abord une religion guerrière.
 

Anne Dolhein