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Alfie Evans, menacé de mort comme Vincent Lambert, prisonnier d’un hôpital britannique (et le pape François reste ambigu)

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Il y a moins de différences qu’il n’y paraît entre Vincent Lambert, la quarantaine, menacé de mort parce qu’un médecin a jugé que continuer de le nourrir reviendrait à de l’obstination thérapeutique, et le petit Alfie Evans, deux ans, prisonnier de l’hôpital britannique d’Alder Hey à Liverpool. Voici un an et demi, le petit garçon était frappé de convulsions après avoir montré des signes de retard de développement. Il est hospitalisé depuis lors : aujourd’hui Alfie respire et vit donc à l’aide d’un ventilateur, mais ne bénéficie pas de recherche pour diagnostiquer son étrange maladie. Les autorités hospitalières ont décidé qu’il était dans son intérêt d’être « débranché », ce qui entraînerait rapidement sa mort.
 
Au cours de son hospitalisation, Alfie a déjà pu se passer de la ventilation artificielle qui avait été rendue nécessaire par une infection pulmonaire. Une nouvelle infection a obligé à le remettre sous assistance respiratoire.
 

Alfie Evans et Vincent Lambert prisonniers de l’hôpital où on les menaces de mort

 
Les parents d’Alfie Evans se battent depuis des mois pour qu’on ne tue pas leur enfant – avec lequel ils affirment avoir une véritable communication et qui n’est pas en fin de vie, et qui est officiellement en état « semi-végétatif » – face à une administration décidée à le faire passer de vie à trépas au prétexte qu’il serait « inhumain » de le garder en vie. Kate James et Tom Evans ont multiplié les recours et ont notamment perdu celui introduit devant la Cour européenne des droits de l’homme qui, depuis l’affaire Vincent Lambert, a montré qu’elle ne protégera pas le respect de la vie des êtres humains profondément handicapés.
 
Jeudi soir dernier, Tom Evans a voulu, fort de son autorité parentale confirmée par un avis légal que lui a adressé le Christian Legal Centre, faire sortir son fils de l’hôpital. Fort des donations en ligne d’Alfie’s Army, il est en mesure de mobiliser les soins médicaux nécessaires au transport de son enfant en Italie, où la clinique vaticane du Bambino Gesu est disposé à entourer l’enfant des soins nécessaires et de mener les investigations indispensables pour un diagnostic précis.
 
Mais l’autorité parentale – alors que, contrairement à une rumeur vite démentie, Tom et Kate Evans ne se sont pas vus retirer la garde de leur enfant – ne compte plus pour rien face aux responsables hospitaliers au Royaume-Uni. Tom Evans a été physiquement empêché d’emmener son enfant, les sorties de l’hôpital ont été bouclées, et d’importantes forces de police ont été mobilisées. Il y avait des officiers jusque dans la chambre d’Alfie et le père a été menacé de prison au cas où il déplacerait son propre enfant. On lui a reproché de troubler l’ordre…
 

Alfie Evans n’est pas retiré à la garde de ses parents, mais ceux-ci sont spoliés de leur droit de décision

 
Pendant ce temps, une manifestation de centaines de personnes se déroulait devant l’hôpital : ce qui frappe, c’est qu’il s’agit du « tout-venant », le plus souvent des jeunes, qui continuent leur veille jour et nuit. Tom Evans et Kate James ont l’accent populaire de Liverpool, c’est un jeune couple dans lequel se reconnaissent ces personnes, souvent de « petites » gens qui se dressent avec colère contre une pseudo élite qui prétend avoir droit de vie et de mort sur les plus fragiles. Cette mobilisation en dit beaucoup sur le bon sens populaire et la capacité de résistance à une tyrannie qui s’abrite derrière le « savoir ».
 
La date du débranchement d’Alfie a été fixée par l’hôpital pour enfants d’Alder Hey, mais non communiquée. En attendant, les Evans lancent ce lundi une nouvelle procédure judiciaire pour obtenir le droit de transférer leur propre fils vers un autre hôpital – vers l’Italie où on est prêt à le soigner.
 

La déclaration du pape François… ne dit rien de précis

 
Le pape François a évoqué les cas de Vincent Lambert et d’Alfie Evans au Regina coeli dimanche : « Je confie à votre prière les personnes qui, comme Vincent Lambert en France, et le petit Alfie Evans, en Angleterre, et d’autres dans divers pays, vivent, parfois depuis longtemps, dans un état de grave maladie, avec une assistance médicale pour leurs besoins élémentaires. Ce sont des situations délicates, très douloureuses et complexes. Prions pour que chaque malade soit toujours respecté dans sa dignité et soigné de manière adaptée à sa situation, dans la concorde des avis de sa famille, des médecins et des autres professionnels la santé, avec un grand respect pour la vie. »
 
Ce dernier membre de phrase n’a pas été repris dans la traduction proposée par VaticanNews, ce qui modifie considérablement le sens de ces mots. En effet, le respect de la vie est le point essentiel dans ces affaires. Quoi qu’il en soit, la déclaration du pape reste en arrière de la main. Les situations de Vincent Lambert (qui n’est pas malade !) et d’Alfie Evans sont certainement douloureuses en ce qu’on cherche à les tuer, mais elles ne sont pas particulièrement complexes, aucun d’eux n’étant en fin de vie. C’est seulement en y introduisant une fausse complexité qu’on peut aboutir à des décisions de mort.
 

Jeanne Smits