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Armes chimiques en Syrie : Bachar el Assad accusé par Trump, pour quoi faire ?

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Bachar el Assad est accusé par la communauté internationale d’avoir utilisé l’arme chimique. Malgré l’absence de preuve, Trump s’indigne et annonce un changement de politique en Syrie. L’affaire, qui donne lieu à des manœuvres à l’ONU, est minée d’arrières pensées.
On ne sait toujours pas qui a utilisé en 2013 en Syrie le gaz Sarin, bien que l’affaire ait permis à l’Occident de soutenir les rebelles dits modérés, dont Al Nosra, qui a fait depuis, selon Laurent Fabius, « du bon boulot ». Cette fois encore Bachar el Assad se trouve accusé, unanimement, mais personne ne se soucie d’apporter ni de rechercher des preuves que des armes chimiques ont été utilisées par lui. On attendra le résultat des enquêtes, s’il y en a, pour se faire une conviction. Pour l’instant les Occidentaux accusent et la Syrie nie, et personne ne mérite une confiance absolue.
 

Si Bachar el Assad a employé les armes chimiques, il est idiot

 
Une chose cependant : la communauté diplomatique internationale, y compris en France et aux Etats-Unis, venait de faire savoir, ces dernières semaines, que le retrait de Bachar el Assad n’était plus un préalable au commencement de discussions sérieuses en vue d’un règlement politique – alors que ce préalable était l’origine même de la guerre en Syrie. Dans ces circonstances, prendre le risque d’utiliser des armes chimiques dans un combat secondaire, pour un résultat d’ailleurs mineur, alors qu’il savait très bien le poids diplomatiques qu’avait eu l’affaire de 2013, serait la preuve, chez Bachar el Assad, d’une profonde imbécillité, proche de la folie. En revanche, cette utilisation saugrenue d’armes chimiques est du pain bénit pour ceux qui souhaitent exclure Bachar el Assad.
 

Accusé d’être l’ami de Poutine, Trump joue au poker en Syrie

 
Quant à Donald Trump, son revirement est intéressant. Jusqu’à présent, il semblait revenir sur les ardeurs guerrières de l’ère Obama Clinton pour s’entendre avec Poutine. Aujourd’hui il fait prendre à son ambassadrice à l’ONU des postures de défi. Le président américain est un homme de médias. Il parle des enfants morts avec des trémolos émus et vengeurs. Il estime que « cela transgresse beaucoup, beaucoup de lignes au delà de la ligne rouge – beaucoup beaucoup de lignes ». Une manière de dramatiser par le flou. Il menace d’agir seul en Syrie. Pour quoi faire ? « Je ne vais certainement pas vous le dire », répond-il aux journalistes. Une manière de dramatiser par le mystère.
 
Qu’y a-t-il derrière ces manières de bateleur ? Une simple esbroufe pour montrer au peuple et aux médias qu’il n’est pas l’ami de Poutine qu’on l’accusait d’être ? Ou une aventure qui ferait plaisir à la fois aux faucons israéliens, dont il a recherché les faveurs déjà par le choix de l’ambassadeur à Jérusalem, et au complexe militaro-industriel ? Cela semble à la fois dangereux et peu conforme à ce qu’il annonçait, mais cela signifierait qu’il n’a pas d’autre moyen de se maintenir, et de faire avancer sa politique sur d’autres sujets, que de s’allier avec le diable belliciste.
 

Pauline Mille