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Centenaire de Fatima : le sens biblique du Miracle du soleil

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Et si le Miracle du soleil avait un sens symbolique qui s’inscrit dans la plus pure tradition de l’Ecriture sainte telle que l’ont interprétée les Pères de l’Eglise ? C’est l’idée qu’a développée le père John Hunwicke lors d’une conférence à l’occasion du centenaire des apparitions de Fatima, et spécialement, en ce 13 octobre 2017, de la « danse du soleil » dont quelque 70.000 personnes ont été les témoins il y a un siècle. Conférence qui s’est tenue à Buckfast Abbey dans le Devon en Angleterre, en présence notamment du cardinal Raymond Burke, qui multiplie actuellement les prises de parole publiques pour parler du message de Notre-Dame du Rosaire. Le P. Hunwicke en est convaincu : une lecture biblique de ce miracle spectaculaire, dont le caractère surnaturel a été reconnu par l’Eglise catholique en 1930, montre qu’il ne s’agissait pas seulement, simplement si l’on peut dire, d’une manifestation de la toute-puissance divine. Ce miracle a un sens marial.
 
Sur le moment, des dizaines de milliers de personnes – beaucoup de croyants, mais aussi nombre d’athées et de francs-maçons dans un Portugal devenu en ses « élites » au pouvoir violemment hostile à la foi catholique – ont été éblouies, effrayées, abasourdies par le spectacle du soleil qui, tel un disque d’argent au milieu d’un ciel aussi brillant qu’un vitrail, tournoyait dans le ciel avant de s’approcher, rouge sang, au point que la foule a cru la fin du monde arrivée. Beaucoup crurent, même parmi les plus endurcis…
 
Voici ce qu’a dit à ce propos le P. Hunwicke, dont les propos ont été rapportés par Diane Montagna pour LifeSiteNews – je vous en propose une traduction d’après le texte anglais tel qu’il a été prononcé, y compris pour les citations tirées de l’Ecriture sainte et des offices liturgiques. – J.S.
 

Le sens biblique du Miracle du soleil

 
Le Miracle du soleil est, je crois, très intéressant sur le plan biblique, parce qu’il est en relation avec la manière dont Dieu Tout-puissant porte témoignage de sa propre vérité. Parfois Dieu choisit la ligne : « Bienheureux ceux qui n’ont pas encore vu, et qui pourtant, croient », comme Il l’a dit à saint Thomas ce dimanche soir-là après Pâques. Parfois, à l’inverse, Il dit : « Père (et il fait une demande), afin qu’ils croient. » En d’autres termes, tenant compte de la foule qui l’entoure, Il demande un signe merveilleux qui témoignera de la véracité du message de l’Evangile.
 
Le Miracle du soleil fait partie, je pense, de ces miracles qui avaient un objectif – « Si vous avez des oreilles pour entendre ; si vous avez des yeux pour voir » – : être témoins de la vérité. Les messages de Fatima ont été partagés le 13 de chaque mois sur une période de six mois, puis est venu le Miracle du soleil. Après une brève méditation sur l’Ecriture sainte, je voudrais suggérer que le but du Miracle du soleil était de mettre un sceau divin sur le divin message, de le garantir, d’apporter une assurance quant à sa véracité. Si 70.000 personnes voient le Miracle du soleil, c’est une garantie assez solide de la véracité d’une chose…
 
Je voudrais commencer par la mise en évidence de la description de Notre Dame, bénie entre toutes, dans le chapitre 12 du livre de l’Apocalypse, où elle est appelée « la Femme revêtue de soleil ». Le mot grec employé à cet endroit signifie une « chose qui enveloppe », comme si elle avait une longue cape, et que cette cape était le soleil, qu’elle avait jeté autour de ses épaules, en s’enveloppant du soleil. Elle est ceinte par le soleil.
 
Mais de manière plus précise, je veux retourner en arrière, vers le psaume 18. Si vous regardez la Vulgate de saint Jérôme, qui est la bonne traduction latine de la Bible, mais aussi la Septante, qui est la traduction grecque de l’Eglise utilisée dans les Eglises byzantines, orthodoxes et catholiques orientales, la Vulgate et la Septante sont en accord sur ce qu’elles rapportent. Voici une traduction littérale des versets 5 et 6 du psaume 18 :
 
« Il a placé son tabernacle dans le soleil, et lui-même, tel le jeune époux sortant de sa chambre, s’est réjoui comme un géant pour courir sa course. Depuis la plus haute hauteur du ciel s’accomplit sa sortie, et sa rencontre est avec le plus haut, et nul n’existe qui puisse se cacher de sa chaleur. »
 

Le Père John Hunwicke fait le lien entre l’Ecriture sainte et Fatima

 
Ce texte apparaît souvent dans les écrits patristiques, les hymnes et les liturgies anciennes. Nos ancêtres catholiques et orthodoxes prenaient le soleil pour la Très Sainte Vierge. Saint Sophronius, patriarche de Jérusalem à partir de 634, écrit : « Car en vous, O Vierge, comme en un ciel très pur et étincelant, Dieu a placé son tabernacle. » Les pères comprenaient que le jeune époux était le Christ. La chambre nuptiale est le sein de la Bienheureuse Vierge car en ce sein Il a uni la divinité avec l’humanité dans l’union hypostatique », comme l’époux est uni à son épouse. Et lui, Notre Seigneur incarné, est un géant parce qu’Il a deux natures : sa nature humaine et sa nature divine. Sa sortie est son engendrement éternel de Fils divin et unique du Père. Sa rencontre est l’égalité du Fils avec le Père. Et dans la liturgie de l’Eglise – prenons une hymne de l’office de l’avent – « Vous êtes venu, époux de l’épouse, alors que le monde arrivait au soir, procédant du sanctuaire virginal, victime sans tache et toute divine ». Et une hymne de saint Ambroise, le Veni Redemptor Gentium [ici d’après une versification anglaise NDLR] : « Qu’il s’avance hors de sa chambre/royal palais de la pudeur/ce géant à double nature/pressé de parcourir sa route !/De Dieu le Père il procède/vers Dieu le Père il se hâte de retourner/il court sa course vers la mort et les enfers/pour revenir et demeurer sur le trône divin. » Et voici une dernière hymne ancienne des Pères des premiers temps chrétiens : « Le Fils du Père très haut et sorti du palais de la Vierge/ époux, rédempteur, créateur, le géant de son Eglise. »
 

Centenaire de Fatima : l’interprétation biblique renvoie vers l’Incarnation

 
Je voudrais donc vous suggérer une interprétation biblique et patristique pour expliquer pourquoi le Miracle du soleil était un miracle du soleil. Il y a des moments où Dieu donne en effet un signe physique, afin qu’ils puissent croire. C’est parce que les hommes désirent être aveugles qu’ils ne voient pas. « Ils ont des oreilles mais ils n’entendent pas ; ils ont des yeux et ils ne voient pas. » Dieu a fait un grand miracle où le soleil – icône, type, symbole – de Marie, le tabernacle de Dieu, est descendu sur terre comme une évocation visible et une manifestation du miracle de l’Incarnation. Le miracle de l’Incarnation et le miracle de Fatima : les foules l’ont vu, mais les hommes croiront-ils ?
 
Ainsi, le miracle du soleil me semble ne pas être une sorte d’étrange démonstration de puissance divine qui n’a pas de véritable logique ou de symbolisme. Au contraire, il me semble qu’il s’agit d’une chose qui est intimement liée à l’Ecriture sainte, liée à l’Ecriture sainte telle que l’Eglise, depuis les temps les plus anciens, l’a comprise, inextricablement liée à l’Ecriture sainte telle que l’Eglise nous l’a transmise.
 

Traduction par

 

Jeanne Smits