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La Chine communiste fête les 100 ans de la Révolution d’octobre

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La Chine ne renie pas une seconde son orientation marxiste-léniniste. Dans un article publié par le Global Times, média anglophone sous contrôle du parti communiste, le journal cite l’un des hauts responsables du parti qui a vanté le chemin pris par la Chine, « le chemin socialiste ouvert par la Révolution d’octobre russe en 1917 » adapté à ses conditions nationales et en combinant les fondamentaux du marxisme-léninisme avec la réalité du pays.
 
Ces propos ont été tenus par Liu Qibao, membre du Politburo PC chinois et chef du département de la « publicité » lors d’un atelier sur le socialisme chinois le mois dernier à Pékin. C’est bien la Révolution russe qui a fait se rencontrer le marxisme-léninisme et la Chine, et qui a permis la création du Parti communiste qui a su se fondre avec le mouvement ouvrier, a-t-il affirmé.
 
Il y a un siècle « la Chine était un pays faible, pauvre, facile à influencer et à envahir », a-t-il ajouté : « Mais aujourd’hui, nous n’avons jamais été aussi proches du but, le grand rajeunissement de la nation chinoise ; nous avons plus de confiance et de capacité qu’à n’importe quel moment de notre histoire pour atteindre ce but », s’est-il réjoui.
 

La Chine communiste glorifie toujours le marxisme-léninisme

 
Pourquoi l’Union soviétique a-t-elle connu l’échec ? Parce qu’elle s’est écartée, à force de conservatisme et de rigidité, du chemin socialiste, a-t-il poursuivi. « Mais la raison la plus fondamentale aura été la déviation du chemin marxiste-léniniste et du chemin socialiste initié par la Révolution d’octobre. »
 
Et de vanter le grand bond en avant par lequel le socialisme est passé de l’idéal à la réalité et de la théorie à la pratique, alors qu’à la faveur de la Révolution bolchevique, Union soviétique est devenue le « premier pays socialiste de l’histoire ». Un héritage que l’effondrement de l’Union soviétique ne saurait effacer, d’autant que sous le règne du Parti communiste, le peuple russe a pu faire l’expérience sans précédent de la modernisation de son industrie, de son agriculture, de son éducation, de la science, de la société et de la vie quotidienne en devenant une puissance industrielle de niveau mondial.
 
On ne reste pas pantois devant cette accumulation de mensonges puisque ceux-ci sont consubstantiels au communisme. Mais le contenu de ce discours et sa mise en avant en disent long sur ce qu’est et sur ce que veut la Chine d’aujourd’hui. Ainsi Liu a déclaré que la révolution d’octobre a fondamentalement renversé le système de l’exploitation, poussant d’ailleurs de nombreux pays à adopter le système socialiste. Sa pauvreté, sa tyrannie, sa misère ?
 

Les 100 ans de la Révolution d’octobre font l’impasse sur des dizaines de millions de morts…

 
Cette auto-célébration du communisme continue de se répéter dans la presse chinoise. Dans un éditorial, cette fois, le même Global Times aligne les « réussites remarquables » de la Chine depuis 1949 et depuis la réforme et l’ouverture décidées en 1978. Une transformation qui a pour modèle l’exemple européen, assure l’éditorialiste Jin Canrong : à travers la Renaissance qui a rompu avec les préoccupations religieuses qui dominaient l’Europe pour imposer la recherche du bonheur personnel, la Réforme « qui a imposé une limite entre la religion et la vie laïque, la religion ne devant plus faire intrusion dans la vie sociale », et enfin la Révolution qui a aboli les privilèges. Une transformation sociale qui a permis l’industrialisation et une augmentation de la productivité.
 
Et les malheurs de la classe ouvrière, alors ? Passés par pertes et profits. Il s’agit de glorifier la Chine qui a pris ce même chemin : « La Chine est probablement le seul pays qui a achevé la transformation de sa structure sociale dans le monde non-occidental, en passant par l’introduction du bouddhisme, et aboutie grâce à l’introduction du marxisme avec la création de la République populaire et de la « démocratie ».
 
L’éditorialiste souligne la rapide industrialisation de la Chine comme un bel acquis socialiste : elle assure maintenant une production manufacturière qui dépasse celle, réunie, du Japon, de l’Allemagne et des Etats-Unis, en attendant de dépasser les Etats-Unis, le Japon et l’Union européenne dans dix ans, et carrément le reste du monde dans deux décennies. Et ce sans passer par la case «  colonisation », ce qui lui a permis d’avoir sa propre Renaissance, sa propre Réforme et pour finir sa Révolution « marxiste » qui la mettent maintenant sur le chemin de la globalisation et de la « gouvernance globale » pour laquelle elle montre un intérêt croissant.
 
C’est vrai mais cela va mieux en le disant : l’aboutissement du rejet de Dieu et de la Révolution c’est en effet le cauchemar communiste et un monde soumis à sa domination. Avec ses dizaines de millions de morts et son système concentrationnaire dont quasiment personne ne parle plus.
 

Anne Dolhein