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Etat islamique : la revue “Dabiq” parle de la haine des chrétiens… et de la restructuration de l’islam

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On a beaucoup parlé dans les médias de la revue anglophone de l’Etat islamique, Dabiq, dont le dernier numéro en cours appelle à « briser la croix » (Break the Cross). A ce slogan de une répond un contenu fortement structuré, proclamant une haine assumée du christianisme ou plutôt du « paganisme chrétien ». Tout aussi nettement, la revue dit son rejet d’un islam rendu compatible avec la « démocratie » et la coexistence pacifique avec l’Occident et son apostasie, ses religions « polythéistes », son laïcisme, ses principes de tolérance. Il y a bien une tentative de restructuration de l’islam, vidé de son contenu, que les hommes du califat abhorrent tout autant que la décadence de l’Occident, amplement dénoncée dans les colonnes de Dabiq. La lecture de ce 15e numéro est décidément riche d’enseignements.
 
La revue dans son ensemble présente, avec une connaissance manifestement approfondie du Coran, des hadiths et de l’histoire de l’expansion islamique, toutes les raisons qui font que cet islam restructuré, rejetant la violence et l’esprit de conquête, ne serait plus un islam. De nombreuses citations des versets les plus violents du Coran viennent confirmer sa lecture exacte. Le vrai djihad, rappelle l’article, est fondé sur un « commandement clair » : il faut tuer les incroyants, selon la parole attribuée à Allah : « Alors, tuez les polythéistes où que vous les trouviez. »
 

Le vrai islam dénonce les « polythéistes » chrétiens, rappelle “Dabiq”

 
Ces « polythéistes » ne sont pas seulement les païens idolâtres comme voudraient le faire croire ceux qui voient une parenté entre les « religions du Livre » : islam, judaïsme et christianisme. Pour Dabiq, comme pour les lecteurs conséquents du Coran, les chrétiens qui croient en la divinité du Christ sont les plus affreux des idolâtres qui depuis les Croisades, ne cherchent qu’à tuer du musulman et à lui prendre ses terres…Tout cela justifie les « multiples massacres qui leur ont été infligés », assure la revue.
 
« Comment peuvent-ils prétendre au monothéisme et affirmer Le connaître comme le seul et unique Dieu, miséricordieux, juste et sage, tout en lui attribuant une mère, un fils, un partenaire, et la Trinité, croire qu’il est incapable de pardonner à l’humanité le “péché originel” si ce n’est en faisant que l’un des plus aimés d’entre les hommes porte injustement leur fardeau et soit injustement crucifié en leur nom, et déclarer que les lois qu’il édicte sont cruelles, barbares et inadaptées aux temps modernes ?  En quoi êtes-vous ses serviteurs ? Où est votre respect de ceux qu’il aime ? Où sont les restes d’une saine intelligence, qui rejetterait d’emblée la croyance superstitieuse en la Trinité et en l’expiation ? Où est votre humilité devant le Tout-Puissant ? », peut-on lire dès les premières pages.
 
Pas de doute, le chrétien est un « associateur » tout juste bon, au meilleur à payer la taxe de la dhimmitude pour s’assurer sa survie ici-bas au prix de sa propre humiliation, en attendant le châtiment éternel qu’Allah lui réserve, comme l’explique un détour historique par les différentes manières dont l’islam a organisé ses relations avec les chrétiens.
 

Etat islamique : les chrétiens doivent se convertir, se soumettre ou mourir

 
Le rappel du sort de l’empereur Héraclius, chassé de Byzance par les assauts de l’islam, souligne ainsi l’issue – inéluctable pour les mahométans – d’une confrontation entre un pays chrétien refusant la soumission à Allah et les soldats de « Dieu ».
 
C’est un contexte important pour comprendre la suite des articles de la revue, qui dénoncent de nombreux aspects de la culture moderne, depuis la croyance en la possibilité d’une intelligence artificielle jusqu’à la licence sexuelle et à l’idéologie du genre. Toutes ces choses que le vrai chrétien rejette – mais sans appel à la guerre sainte ni volonté d’exterminer l’ennemi et de le faire brûler en enfer, comme le vrai musulman radical en rêve – Dabiq les attribue aux chrétiens certes apostats par rapport à leur propre religion, mais surtout corrompus par le fait que cette dernière porte en germe le mensonge et la décadence. Il faut bien comprendre aussi que les hommes du Califat affirment une « morale » sexuelle très différente de celle professée par les chrétiens au nom de la loi naturelle : polygamie, droit d’abuser des esclaves en font partie et l’Etat islamique entend le rappeler. Citations du Coran à l’appui.
 
Les articles publiés par Dabiq, rédigés dans un anglais irréprochable, obéissent à une logique interne non moins cohérente de respect de la lettre du Coran et des textes « historiques » de l’islam. En cela ils constituent une réponse cinglante à ceux qui le présentent comme une religion « de paix et de tolérance », montrant que cela ne se peut qu’au prix d’une révolution interne qui le viderait de sa substance en le soumettant à la dictature du relativisme.
 

Restructuration de l’islam : se méfier des imams réformateurs

 
Cela, les hommes du Califat l’ont parfaitement compris, eux qui appellent les musulmans à « se méfier des “imams” » qui les attirent « vers les portes de l’enfer » : « Ils ont l’apparence de musulmans et ils parlent le langage de l’Islam mais ils appellent à la désunion, ils appellent à s’éloigner de la Sunna du messager d’Allah. Bien plus, ils appellent au culte de faux dieux, à révérer les voies de ceux qu’Allah abhorre, à l’abandon de poste dans l’armée des musulmans contre les ennemis de l’Islam ! Ils remplacent le texte explicite de la Sunna par des citations indirectes d’hommes faillibles. Certains d’entre eux sont des savants honnêtes mais cités mal à propos, mais le plus souvent il s’agit d’hérétiques contemporains gravement déviants. Ils vous tenteront afin que vous rejoigniez les multiples chemins de Satan en vous éloignant de la voie droite d’Allah. »
 
Et c’est ainsi que Dabiq rappelle aux lecteurs anglophones : « Rappelez-vous qu’Allah ne nous a pas ordonnés d’adhérer à quelque groupe que ce soit si ce n’est celui de l’unique nation musulmane, et qu’il vous est plutôt interdit de vous diviser en faisant d’autres groupes ou en les rejoignant, comme il l’a dit : “Vraiment une seule nation est votre nation, et je suis votre Seigneur, alors adorez moi.” »
 
On comprend évidemment que le califat de l’État islamique veuille à tout prix affirmer sa propre légitimité islamique. Mais il faut reconnaître qu’il le fait de manière très construite, en rappelant combien à travers les siècles les sages de l’islam ont toujours affirmé que le « rétablissement du califat est la plus importante des obligations ». En rejetant « l’alliance contre l’Islam au côté des incroyants » qu’appellent de leurs vœux tant d’imams et de savants, l’État islamique rejette frontalement toute tentative de restructuration de l’islam dont la réalité est attestée par cette attitude même.
 

La revue “Dabiq” rappelle la vraie nature de l’islam

 
Plus loin, Dabiq accuse les « imams apostats » de se laisser prendre par des « clichés éculés » afin de se protéger de la réaction des sociétés occidentales où ils résident : « Ils savent combien cela est sot, mais ils continuent de le répéter néanmoins car ils ont peur des conséquences de toute déviation par rapport à ce scénario. »
 
Un scénario, parce qu’il s’agit d’un « faux discours » auxquelles croient les « masses ignorantes » trompées par les affirmations sur « l’islam religion de paix ». Dabiq tient à le dire : ceux qui évoquent la réalité du djihad et de la charia sont « complètement islamiques », mais ils ont été « marginalisés », ils ont beaucoup moins de « crédibilité » que les chantres de la tolérance. « C’est pourquoi il devient important pour nous de clarifier à l’intention de l’Occident, de manière non équivoque et une fois de plus, pourquoi nous le haïssons et pourquoi nous vous combattons », affirme un appel effectivement très clair au sein de la revue.
 
La loi n’appartient qu’à Allah, ajoute Dabiq, ce qui rend caduque toute législation décidée par voie humaine par le consensus démocratique : l’islam est bien une théocratie et c’est le Coran qui le dit dans plusieurs sourates. Et voilà le christianisme mis dans le même sac que l’alcool, la fornication, les droits gays, l’usure, la débauche, laïcisme, nationalisme les « valeurs libérales perverses » et l’athéisme. Quelles que soient les circonstances et même en temps de paix, « nous ne cesserions de vous haïr ».
 

Benoît XVI a raison, François à tort sur l’islam, dit l’Etat islamique

 
On sait que l’idée d’une cohabitation pacifique au nom d’une tolérance partagée est au cœur du « dialogue islamo-chrétien » tel qu’une part importante de la hiérarchie catholique l’imagine possible. Dabiq rappelle les paroles de Benoît XVI en les saluant comme vraies, bien que le pape émérite soit présenté en tant que chrétien : « Benoît XVI, le prédécesseur de François a expliqué par exemple que la démocratie “contredit l’essence de l’islam, qui ne dispose tout simplement pas de la séparation des sphères politique et religieuse depuis l’origine”… bien qu’il soit menteur, il a certainement dit la vérité sur ce point – la démocratie contredit indubitablement l’essence de l’islam – montrant ainsi que les apostats de l’islam, de même que de nombreux “imams” d’Occident, et des enseignants aux universités prétendument “islamiques”, ont une moins bonne compréhension de l’islam que ne l’a Benoît l’Incroyant. »
 
Cette opposition irréductible entre l’islam et la foi catholique n’est pas mise en évidence par le pape actuel. « François s’est battu contre la réalité afin de faire la promotion de cette perversion apostate des enseignements de l’islam, pour la montrer comme la vraie religion des musulmans. Tandis que Benoît et tant d’autres avant lui ont mis l’accent sur l’inimitié entre les païens chrétiens et les musulmans monothéistes, le travail de François est nettement plus subtil, en ce qu’il évite les mots de confrontation qui pourraient offenser ce qui s’affirment faussement comme adhérents à l’islam, ces apostats dont les Croisés ont compris qu’ils jouaient parfaitement leur rôle pour permettre l’infiltration au sein des pays musulmans. Alors que Benoît XVI a été publiquement dénoncé pour avoir cité un empereur byzantin d’il y a plusieurs siècles, François continue de se cacher derrière un voile trompeur de “bonne volonté” qui recouvre ses véritables intentions de pacification de la nation musulmane. Cela est particulièrement visible dans la déclaration de François selon laquelle “l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence ».
 

Religion de paix et de tolérance ? L’islam revendique au contraire la violence

 
C’est une lecture que l’Etat islamique n’accepte nullement car du point de vue de la logique du Coran, elle est inacceptable. Sans surprise, cet éditorial – car c’en est un, il est au cœur du message diffusé par Dabiq – dénonce « l’infâme » université Al-Azhar du Caire qui se veut représentative des musulmans sunnites du monde entier.
 
On sait que son recteur c’est peu ou prou rallié au discours du maréchal al-Sisi qui réclame une relecture critique du Coran : Ahmed el-Tayeb a embrassé le pape François. Dabiq dénonce cette « image d’une amitié cordiale » mise en avant par des papes récents, et « surtout par le pape François », « qui cherche à éloigner les masses musulmanes de l’obligation de mener le djihad contre l’incroyance », d’autant que les responsables d’Al-Azhar y souscrivent.
 
Cela n’est qu’une manœuvre pour aider les Croisés à rendre les musulmans inoffensifs, assure Dabiq. « Dans cette veine, ce n’est pas seulement la vision historique qu’a l’Eglise de l’islam qui a été altérée et faussement représentée par François », affirme la revue. Elle se gausse des déclarations du pape par rapport aux « sodomites », affirmant que François rejette l’enseignement de sa propre Eglise « au nom de l’opinion publique » et pour faire accepter une histoire marquée par des chefs homosexuels et un présent où « la mention du prêtre est devenue synonyme de viols de garçons ». Tout cela pour « modifier la religion afin qu’elle puisse s’accorder avec une fantaisie diabolique “interreligieuse”, très éloignée de la vérité que l’on est naturellement porté à rechercher »…
 
« Tout cela fait partie d’un plan pour démilitariser l’islam, ou pour le dire plus exactement, afin d’éliminer le devoir, clairement fondé sur le Coran et la Sunna, de mener le djihad contre les païens jusqu’à ce que le monde entier soit gouverné par la charia. Cela correspond exactement à ce que Lawrence Franklin, un espion israélien travaillant pour le gouvernement américain, recommandait au pape : qu’il “incite les leaders islamiques à instituer des réformes spécifiques qui extirperaient la justification théologique aux comportements violents et intolérants” » : le scénario se déroule en effet sous nos yeux. Mais il serait faux d’y voir une manière d’assurer la paix et la sécurité de l’Occident : il s’agit bel et bien d’extirper le sens de la vérité afin de mettre toutes les religions sur le même plan, aucune ne pouvant se prétendre conforme à la vérité ou meilleure que les autres… Ce n’est pas seulement l’islam qui s’en trouverait altéré : le christianisme en est vidé de son sens.
 
Selon l’Etat islamique, ces manœuvres finiront par pousser les musulmans sincères vers le Califat fidèle aux origines…
 

La restructuration de l’islam s’accompagne d’une restructuration du christianisme

 
A la différence des chrétiens, conclut Dabiq, « les musulmans n’ont pas honte de respecter les règles envoyées par leur Seigneur en ce qui concerne la guerre et l’imposition de la loi divine. Si les musulmans, plutôt que les croisés, avaient combattu les Japonais et les Vietnamiens ou envahi les terres des natifs américains, ils n’auraient pas eu de regrets pour tuer ou réduire leurs habitants en esclavage. Et puisque ces moudjahidines l’auraient fait selon la loi, ils auraient mené la tâche à bien sans se sentir obligés par un quelconque “politiquement correct” à demander pardon des années plus tard. Les Japonais, par exemple, auraient été convertis à l’islam de force, contraints d’abandonner leur paganisme – et s’ils avaient refusé obstinément, peut-être une autre tête nucléaire les aurait fait changer d’avis. »
 
Bref, l’islam sans la violence n’est plus l’islam… Tout comme l’adhésion au Christ Jésus sans la certitude que Lui seul sauve, qu’Il est la vérité et que cette vérité se répand à la fois par la prédication claire et l’amour des ennemis, n’est pas la foi catholique.
 

Anne Dolhein