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Plus les pays favorisent l’égalité de genre, moins les femmes choisissent les professions scientifiques et technologiques

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L’égalité de genre est au cœur des politiques recommandées dans le domaine de l’éducation par les institutions internationales et, au chapitre des inégalités salariales entre femmes et hommes, la mise en avant des professions scientifiques et technologiques pour ces demoiselles est une sorte de passage obligé. Mais l’expérience prouve que celles-ci ne sont pas très nombreuses à préférer ces voies lorsqu’elles ont réellement le choix.
 
C’est un paradoxe du point de vue des idéologues du genre : dans un pays comme les Etats-Unis où le féminisme est omniprésent dans l’enseignement supérieur, seuls 18 % des diplômés en sciences informatiques sont des femmes. En Algérie, 41 % des diplômés universitaires en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (les « STEM » comme on dit en anglais) sont des femmes, alors même qu’il y est plus difficile pour les femmes de percer dans le milieu professionnel et qu’on est dans un contexte de domination masculine propre à l’islam.
 

L’égalité de genre ne pousse pas les femmes vers les professions scientifiques et technologiques

 
En Jordanie, au Qatar et dans les Emirats arabes unis les garçons sont moins à l’aise face aux problèmes mathématiques que les filles – partout ailleurs, c’est le contraire.
 
Un article publié par les chercheurs américains Gijsbert Stoet et David Greary propose cette hypothèse : dans les pays où « l’inégalité de genre » est davantage ressentie par les femmes elles ont tendance à choisir des professions qui pourront leur assurer plus facilement l’indépendance financière. Ailleurs, dans des sociétés où elles craignent moins pour leur avenir, elles choisissent leur domaine préféré, fût-il moins rémunérateur.
 

Et si les femmes préféraient vraiment les professions « féminines » ?

 
Cela correspond au domaine d’excellence des uns et des autres : les garçons ont de meilleurs résultats en sciences mêmes s’ils sont bons partout ailleurs, tandis qu’une fille de niveau moyen qui est aussi douée qu’un garçon moyen dans le domaine des sciences aura généralement l’avantage dans le domaine littéraire.
 
Dans les pays les plus « progressistes », les filles ont finalement plus de liberté pour choisir leur domaine d’excellence, alors même qu’on les pousse institutionnellement vers les études et les professions scientifiques. En Suède, n’y a-t-il pas 20 fois plus d’infirmières que d’infirmiers ?
 

Jeanne Smits