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L’évêque d’Almeria en Espagne refuse de réembaucher une enseignante d’instruction religieuse divorcée et remariée, malgré une injonction judiciaire

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Mgr Gonzalez Montes, évêque d’Almeria en Andalousie a fait savoir lundi qu’il refusera d’approuver la réembauche d’une enseignante d’instruction religieuse divorcée et remariée, Resurrección Galera, qui a obtenu la reconnaissance de l’illégalité de son licenciement pour ce motif devant les tribunaux. « Il y a des sentences qu’il est impossible de respecter », a expliqué le prélat lundi, invoquant la liberté religieuse garantie par la constitution de l’Espagne en tant que droit fondamental. « Personne ne peut m’obliger à accorder une permission religieuse d’enseigner la religion », a-t-il déclaré à propos de cette femme « remercier » en l’année scolaire 2001-2002 alors qu’elle venait d’épouser civilement un homme divorcé. Face à une résistance exemplaire du diocèse d’Almeria, la première chambre sociale du tribunal de la ville vient de publier une nouvelle injonction judiciaire obligeant lesdits diocèses, ainsi que le ministère de l’éducation et la junte d’Andalousie de réinstaller l’enseignante à son poste dans les cinq jours suivant la sentence.
 

L’évêque d’Almeria refuse de donner une mission canonique à une divorcée remariée

 
C’est le dernier jugement en date d’une longue série, à la suite de multiples recours par lesquels le diocèse d’Almeria affirme « l’impossibilité matérielle et légale » d’exécuter l’ordre de réinstallation prononcée par la Tribunal suprême de l’Espagne avec l’appui du Tribunal constitutionnel, étant donné que le poste de travail en question est suffisamment occupé par deux professeurs embauchés par contrat et que par ailleurs, Resurrección Galera n’a pas obtenu de la part du diocèse la « mission canonique » indispensable pour pouvoir faire des cours d’instruction religieuse.
 
Le Tribunal suprême exige notamment que Mme Galera, dont les « droits fondamentaux » ont été violés, perçoive tous les salaires auxquels elle aurait pu avoir droit si elle avait continué d’enseigner depuis 15 ans.
 

En Espagne, l’Eglise catholique veut garder le droit de choisir ses enseignants

 
A quoi s’ajoutent d’autres dispositions frappant le ministère de l’Education.
 
L’évêque d’Almeria a souligné que l’on se trouve ici dans le cadre d’un conflit de deux droits : « Le droit du travail, qui doit être respecté, et le droit à la liberté religieuse. » « Aux tribunaux de voir comment résoudre cela », a-t-il déclaré, ajoutant que l’Eglise a le devoir de « s’engager pour faire respecter le droit à la liberté religieuse ».
 
L’affaire, interminable, est avant tout le témoin de la force d’une bataille visant à dépouiller l’Eglise de son droit de poser des principes moraux et de les faire respecter dans le cadre de ses activités. Si l’évêque d’Almeria devait céder, c’est l’ensemble des responsables de l’Eglise catholique en Espagne qui en seraient affectés. Alors que les laïcistes espagnols se font entendre de plus en plus et multiplient leurs exigences, ce cas concernant quelques heures de cours par semaine prend des allures d’affaire de principe.
 

Jeanne Smits