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Le FMI recommande à l’Inde d’adopter le revenu universel

FMI recommande Inde revenu universel
 
Solution socialiste par excellence, le revenu universel est de plus en plus mis en avant dans le monde pour compenser les effets négatifs de la robotisation et la simplification des allocations sociales. Le FMI a mis tout son poids dans la balance pour pousser l’Inde à le faire figurer à son prochain budget, qui sera établi en février, et à le mettre en place rapidement, encourageant le gouvernement de Narendra Modi à éliminer les subventions alimentaires et énergétiques au profit de ce revenu qui se devra d’être « fiscalement neutre ». Et ce alors que l’Inde connaît un ralentissement de sa croissance dont le FMI assure qu’il est « provisoire ».
 
Pour Modi, le principe d’un virement systématique de fonds à chaque citoyen de l’Inde présente en tout cas un avantage politique : à un an des prochaines élections, il apparaîtra comme le grand distributeur de largesses.
 
Son ministre des Finances, Arun Jainley, s’est déjà dit favorable au principe du revenu de base universel proposé par le conseiller économique principal de l’Inde, Arvind Subramanian, dans son rapport économique 2016-2017, mais a prévenu en juin que cela serait peut-être difficile à mettre en œuvre politiquement.
 

Le FMI est favorable au revenu universel

 
Avec l’intervention du FMI, c’est la pression internationale et supranationale qui s’accentue pour que l’Inde adopte – pionnière en l’occurrence – une forme de rémunération systématique des individus par l’Etat, avec tout ce que cela suppose de dépendance.
 
C’est dans son rapport Fiscal Monitor publié mercredi que le FMI a vanté les mérites du système qui permet d’éliminer les « inefficacités et les injustices » du système actuel d’allocations sociales diverses. Tout cela irait de pair avec d’importantes hausses des prix à travers la modification des taxes énergétiques notamment : le Fonds monétaire international envisage une hausse des prix de 67 % pour l’essence, 69 % pour le diesel, 10 % pour le kérosène, 94 % pour le LPG et 455 % pour le charbon, actuellement subventionnés par l’Etat. Des subventions qui ne profitent pas aux plus pauvres en Inde, selon le FMI. C’est aussi une manière de mettre en œuvre la traque des « énergies fossiles ».
 
Pourtant, on peut imaginer que de telles hausses de prix auraient des répercussions sur tous les produits de consommation, affectant donc chacun…
 

L’Inde, laboratoire des manipulations économiques socialistes

 
Le FMI propose un revenu universel de 2.600 roupies par an et par personne : c’est l’équivalent de 20 % de la consommation annuelle par tête soit… environ 54 dollars. Pour modeste qu’il puisse paraître à l’aune des pays développés, le versement d’une telle somme représenterait environ 3 % du PIB indien.
 
L’intervention de la structure supranationale dans ce domaine est d’autant plus révélatrice que l’Inde apparaît aujourd’hui comme une sorte de laboratoire pour la socialisation monétaire de demain. Après la démonétisation de ses grosses coupures et la promotion tous azimuts de la monnaie électronique, avec un contrôle sans précédent sur la vie et la consommation des citoyens, l’Inde pourrait devenir le premier grand Etat a acter le principe socialiste du revenu de base sans travail équivalent, qui implique également une déresponsabilisation des familles par rapport à l’Etat-providence. Sans compter les effets pervers !
 

Anne Dolhein