Pèlerinage Paris Chartres : un aller retour pour la foi

Pèlerinage Paris Chartres foi
© Pierre Chauvet

 

Au commencement, en 1983, il n’y avait qu’un pèlerinage de Pentecôte, et qu’une tradition catholique. J’étais une petite fille alors et j’avais été surprise par la force des chants qui s’accumulaient comme les vagues de la mer au fur et à mesure de l’arrivée des chapitres dans la cathédrale de Chartres, même si je ne me souviens pas du départ sur le parvis de Notre-Dame de Paris. Très vite je compris à certaines conversations que des jalousies et des mesquineries s’opposaient à cette grande fête de la foi. De mauvais évêques, il y en a toujours eu, de ceux qui confondent caporalisme et obéissance, et les années passant j’ai compris qu’ils ne ménageraient pas leur peine pour combattre ce scandale aux yeux du monde, la vérité catholique : leurs cathédrales, ouvertes à des spectacles confondants, lui resteraient fermées.

 

Après les sacres, la FSSPX choisit Chartres-Paris

Puis vint 1988, et vinrent les sacres. Mal conseillé, probablement contre son propre cœur, le pape Jean-Paul punit Mgr Lefebvre. Alors des familles, des paroissiens, des prêtres, qui marchaient, qui priaient, qui militaient ensemble se séparèrent, parfois s’opposèrent. La Fraternité Saint-Pie X choisit d’abord un autre dimanche, ensuite un autre sens ; il y eut désormais le pèlerinage Paris-Chartres et le pèlerinage Chartres-Paris. Chacun choisit, ou ne choisit pas. Je connais des frères, des cousins, qui alternaient, une année dans un sens, une année dans l’autre. Peut-être certains clercs enviaient-ils d’en faire autant. La foi ni l’enthousiasme ne se divisent, les fidèles enthousiastes ne devraient pas plus s’opposer.

 

Deux pèlerinages, une seule foi, un seul Sens, un seul Ennemi

Aujourd’hui, les deux pèlerinages ont pris de l’ampleur et se sont pour ainsi dire ancrés dans l’océan des blés de Chartres à Paris ou vice-versa. La presse salue enfin, et elle fait bien, la ferveur des jeunes, et quelques moins jeunes, qui ont déferlé de Paris à Chartres, elle a rapporté l’homélie du cardinal Burke. C’est la preuve qu’une tradition que Rome ne rejette pas réussit, qu’elle a droit de cité. On a moins parlé cependant de l’autre jeunesse, son complément, son pendant, son aiguillon, comme on voudra, qui aura fait le trajet inverse sous les bannières de la Fraternité Saint-Pie X. Ils étaient quand même sept mille, ce n’est pas rien. Il ne faut pas se tromper. Les deux pèlerinages sont frères, partagent la même foi, concourent à la même œuvre de rénovation de l’Eglise catholique. Ils ont les mêmes ennemis plus ou moins hypocrites, le même Adversaire.

 

L’aller-retour Chartres Paris est le vrai synode

Mgr Strickland, Mgr Athanasius Schneider, l’ont dit avec la même sûreté et la même force, les nouveaux sacres prévus pour juillet ne sont ni un refus de Rome ni un moyen de fonder une nouvelle Eglise, c’est au contraire une décision d’urgence pour préserver la foi catholique des erreurs démentielles mises en route ou accélérées par le processus synodal. La fidélité peut prendre plusieurs visages. Il y a des choses qu’on ne peut pas faire, qu’on ne veut pas faire, qu’on ne doit pas faire. Paris-Chartres et Chartres-Paris, tous ceux qui ont marché le savent, c’est le même aller-retour pour la foi. C’est d’ailleurs, quand on s’attache à la propriété des mots, le seul vrai synode, l’autre n’étant que la captation par quelques clercs modernistes, entourés de leur bureaucratie politique, d’une opinion des fidèles abusivement alléguée. Le cléricalisme moderniste, voilà l’ennemi !

 

Pauline Mille