Mgr Schneider dénonce l’infiltration maçonnique dans l’Eglise

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Au cours d’un entretien autour de son livre Fuyez l’hérésie, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, a désigné la franc-maçonnerie comme l’une des causes principales de la crise post-conciliaire, mettant le doigt sur la raison des questions doctrinales soulevées par la Fraternité Saint-Pie X et répondant en quelque sorte par anticipation aux propos de Léon XIV sur la décision de celle-ci de sacrer quatre évêques en l’absence de son mandat – et donc contre sa volonté – le 1er juillet prochain.

Pour Mgr Schneider, l’infiltration de la franc-maçonnerie dans l’Eglise relève d’une tactique « démoniaque » visant à corrompre la doctrine, le culte et la centralité du Christ.

Dans son entretien du 22 mai dernier avec le bloggeur catholique Adrian Milag, il a réitéré avec force sa dénonciation du relativisme, du naturalisme et d’une liturgie centrée sur l’homme, thèmes récurrents dans ses différents ouvrages de ces dernières années, et qui sont révélateurs de la pensée maçonne. Il a même consacré un chapitre à la franc-maçonnerie proprement dite dans son « Compendium de la foi catholique », Credo.

« C’est l’une des sectes les plus dangereuses et des sectes pseudo-religieuses secrètes, qui constitue une forme de gnosticisme », a-t-il déclaré à Adrian Milag. « A ses niveaux les plus élevés, elle se rapproche de plus en plus du culte de Satan. » Il a identifié son « dogme fondamental » comme étant le relativisme : « Il n’y a pas de vérité en religion, toutes les religions sont égales, et chacun peut choisir son propre dieu. » Le deuxième dogme, a-t-il ajouté, est « l’anthropocentrisme : c’est l’homme qui doit être au centre de tout, et non Dieu ».

 

Mgr Schneider renforce sa dénonciation de l’infiltration maçonnique dans Eglise

Mais pourquoi la franc-maçonnerie vise-t-elle particulièrement l’Eglise catholique ? D’autres religions se prétendent vraies et imposent des croyances qu’il est interdit à leurs adeptes de rejeter… La différence réside en la véracité de la foi catholique, et dans le fait que Notre-Seigneur Jésus-Christ se définit comme « la Voie, la Vérité et la Vie ».

« Le plus grand obstacle à l’idéologie de la franc-maçonnerie est Jésus-Christ, le Dieu incarné… Cela va totalement à l’encontre de tout l’édifice spirituel de la franc-maçonnerie », observe Mgr Schneider. Et de préciser :

« La franc-maçonnerie a [toujours] eu pour objectif de marginaliser la foi catholique et de la combattre. Et aujourd’hui, elle a adopté une autre tactique, véritablement démoniaque, pour lutter directement contre la foi catholique : elle a commencé à s’infiltrer au sein de l’Eglise afin de la corrompre avec ses idées de relativisme, de naturalisme et d’anthropocentrisme… C’est là la racine de la crise actuelle de l’Eglise depuis le Concile Vatican II. »

Certes, on ne peut la rendre coupable de tout. Mais il a relevé des parallèles évidents entre leur idéologie et leurs objectifs déclarés et la confusion qui règne aujourd’hui au sein de l’Eglise. « La crise qui dure depuis soixante ans, depuis le Concile, réside dans la primauté du relativisme, à travers ce qu’on appelle l’œcuménisme et le dialogue inter-religieux. Jésus-Christ est ainsi privé de son caractère unique parmi les autres religions. »

 

Mgr Schneider fait le lien avec la réforme liturgique

Mgr Schneider, qui lui-même célèbre la messe selon le rite traditionnel et selon le rite réformé de Paul VI – mais toujours avec l’ancien offertoire, comme il l’a déclaré lors d’une conférence à Paris – voit dans la liturgie un lieu privilégié où constater les effets de ces attaques :

« Le deuxième phénomène au sein de l’Eglise catholique depuis le Concile consiste à placer l’homme au centre de la liturgie… tandis que le Christ est relégué dans un coin, sur le côté, même dans les églises. La Sainte Eucharistie… le Christ vivant, le Dieu incarné et vivant, est reléguée dans un coin, tandis que le prêtre s’installe sur son siège, au centre. C’est une approche tellement anthropocentrique. »

Cette dégradation a d’évidentes répercussions sur la foi des fidèles – c’est pourquoi Mgr Schneider réclame le retour de la célébration « orientée » de la messe, dos au peuple, et de la réception de la communion à genoux et sur les lèvres.

Mais tout cela est également le reflet d’une perte de la foi chez de « nombreux » membres de la hiérarchie catholique, a déclaré Mgr Schneider à l’occasion d’un plus récent entretien avec Matt Gaspers qui anime Veritatis Vox. Un « nombre remarquable de membres du clergé de haut rang » a « perdu la foi catholique », selon l’évêque auxiliaire d’Astana : « Ils veulent une autre Eglise : une Eglise mi-protestante, mi-mondaine, adaptée à l’impression que le monde en aura. »

 

Dans l’Eglise, des membres du haut clergé veulent « changer la foi »

Il a mis en avant leur importance depuis une soixantaine d’années et leur volonté de changer la foi catholique afin de « l’adapter complètement au monde, et de créer une nouvelle religion relativiste, une sorte de syncrétisme », comme en attestent les fruits de leur activité, à défaut de pouvoir identifier chacun de ces clercs. Ces fruits sont, explique Mgr Schneider, « une immense confusion générale, un obscurcissement, des ténèbres concernant la doctrine, la morale et la liturgie ».

Au cours de l’entretien, souligne LifeSiteNews, Gaspers et Schneider ont convenu que le concile Vatican II lui-même posait problème en raison de ses déclarations ambiguës susceptibles d’être interprétées de manière hérétique. « Comment l’ambiguïté pourrait-elle être la voix du Saint-Esprit ? », a demandé Mgr Schneider.

Au-delà des attaques contre l’Eglise catholique, qui est en vérité le Corps mystique du Christ et donc le seul rempart contre l’erreur, le mensonge et le démon, il faut souligner que l’installation du relativisme, du naturalisme et du syncrétisme prêche l’anthropocentrisme mais aboutit à autre chose. Ce n’est pas l’homme qui en tire profit – comment le pourrait-il d’ailleurs, en renonçant à sa vocation de connaître et aimer Dieu – mais la révolte radicale contre Dieu. C’est une fausse religion qui progresse, à la faveur de ces erreurs et d’un soutien qui va depuis les idiots utiles sensibles aux discours sur « la planète » jusqu’aux plus hautes instances internationales, pour déboucher sur un panthéisme presque ouvertement assumé.

 

Jeanne Smits