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La Hongrie et la Slovaquie devant la Cour de Justice de l’UE contre les quotas de « migrants Â»

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Après avoir dĂ©fendu la nouvelle loi sur l’Ă©ducation hongroise, le Premier ministre Viktor Orbán doit Ă©galement dĂ©fendre – avec le Premier ministre slovaque Robert Fico – un procès concernant les quotas migratoires.


 
Les reprĂ©sentants de la Hongrie et la Slovaquie, soutenus par la Pologne, dĂ©fendaient leurs arguments contre les quotas obligatoires de « migrants Â» mercredi devant la Cour de Justice de l’Union europĂ©enne (CJUE). De la dĂ©cision des juges europĂ©ens dĂ©pendra l’avenir du mĂ©canisme de relocalisation des demandeurs d’asile arrivant en Italie et en Grèce. Si ces juges siĂ©geant Ă  Luxembourg dĂ©cident que le vote majoritaire de septembre 2015 au conseil des ministres de l’IntĂ©rieur des pays membres de l’Union europĂ©enne Ă©tait lĂ©gal, alors l’immigration pourra en thĂ©orie ĂŞtre imposĂ©e aux peuples de l’ex-Europe de l’Est jusqu’ici Ă  peu près Ă©pargnĂ©s par ce phĂ©nomène dont ils constatent les consĂ©quences nĂ©fastes pour l’Europe occidentale.
 
En septembre 2015, la Pologne, encore gouvernée par le parti libéral de l’actuel président du Conseil européen Donald Tusk, avait voté avec la majorité en faveur de la relocalisation de 120.000 immigrés clandestins selon un système de quotas obligatoires par pays. En revanche, la Hongrie et la Slovaquie, mais aussi la Tchéquie et la Roumanie avaient voté contre.
 

Les quotas obligatoires de « migrants Â» attaquĂ©s par la Hongrie et la Slovaquie devant la Cour de Justice de l’UE

 
En dĂ©cembre 2015, Budapest et Bratislava ont portĂ© cette dĂ©cision du Conseil de l’UE devant la CJUE et le nouveau gouvernement conservateur polonais, issu des Ă©lections d’octobre 2015, a dĂ©cidĂ© de soutenir la plainte des deux capitales partenaires au sein du Groupe de Visegrád (V4). Cette semaine, le parti libĂ©ral des amis de Donald Tusk a d’ailleurs fait savoir dans une volte-face remarquĂ©e qu’il n’était plus favorable Ă  l’accueil de ces « migrants Â».
 

La Pologne fait valoir le risque pour sa sécurité nationale face au danger terroriste

 
Devant les juges europĂ©ens mercredi, la Hongrie a justifiĂ© sa plainte par le fait qu’une dĂ©cision du Conseil de l’UE imposant des quotas d’immigrants en dĂ©pit de la volontĂ© des États membres aurait dĂ» ĂŞtre prise Ă  l’unanimitĂ©. La Slovaquie a quant Ă  elle basĂ© son argumentaire sur le caractère disproportionnĂ© de la dĂ©cision sur les quotas et sur le fait qu’elle n’apportait pas de rĂ©elle solution au problème de l’excès d’immigrants clandestins en Italie et en Grèce : ce sont les frontières extĂ©rieures qu’il faudrait mieux garder. La Pologne, elle, a fait valoir des questions de sĂ©curitĂ© nationale, les vĂ©rifications par nature superficielles concernant les « migrants Â» Ă  relocaliser ne permettant pas d’exclure tout danger terroriste pour les pays d’accueil.
 
Face à ces trois pays, la Commission européenne, soutenue par l’Allemagne, la Belgique, la France, la Grèce, l’Italie, le Luxembourg et la Suède, a mis en avant le principe fondamental de la solidarité au sein de l’UE.
 

La décision des juges de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) sera lourde d’implications

 
L’avocat général de la CJUE devrait rendre son avis juridique d’ici à quelques semaines. Si cet avis n’est pas contraignant, l’expérience montre qu’il est souvent suivi par les juges. La décision finale de la CJUE, qui engagera l’avenir de l’UE sur la question essentielle de l’immigration indépendamment des choix démocratiques des peuples qui la composent, devrait tomber d’ici à quelques mois.
 

Bilan d’échec du système de quotas obligatoires de « migrants Â»

 
A ce jour, moins de 20.000 « migrants Â» ont Ă©tĂ© relocalisĂ©s sur les 120.000 prĂ©vus, tandis que le plan de relocalisation s’étend encore jusqu’en septembre prochain. Sur ces immigrants clandestins relocalisĂ©s, une partie sont dĂ©jĂ  repartis et ont disparu des Ă©crans radars. C’est le cas par exemple au Portugal, un « bon Ă©lève Â» du système de relocalisation contrairement aux pays de l’ex-Europe de l’Est, qui a dĂ©jĂ  vu s’enfuir près de 40 % des 1.255 « rĂ©fugiĂ©s Â» accueillis dans le cadre de ce système de quotas.
 

Olivier Bault