Comme on le sait, le rapport du Secrétariat Général du Synode a cité des hommes engagés dans un « mariage homosexuel » dans son résumé des travaux du groupe d’études 9 connu sous le nom « Critères théologiques et méthodologiques synodaux pour le discernement partagé de questions doctrinales, pastorales et éthiques controversées », provoquant de fortes réactions, notamment de Mgr Athanasius Schneider et du cardinal Willem Eijk. L’un des témoignages considérait même l’homosexualité comme un don de Dieu. On n’avait jamais vu ça dans un document du Vatican. Il est à noter qu’aucun cardinal n’a apporté son soutien explicite à la révolution prônée par le texte depuis sa publication.
Il semble de plus en plus que les militants du groupe 9 soient passés en force. Il apparaît notamment que tout s’est passé d’une manière manipulatrice, à tel point que le secrétariat du synode s’est lui-même distancé de ses travaux. Ce qui est une excellente nouvelle.
Le média internet Religión Confidencial s’est en particulier enquis auprès du secrétariat général du Synode pour obtenir son avis sur la polémique déclenchée par la publication du rapport du groupe 9. On peut dire que sa réponse était des plus détachées. Le secrétariat général a ainsi déclaré : « Notre travail s’est limité uniquement à la traduction des résumés, à l’édition des rapports, et à leur publication et diffusion, afin de faire preuve de cohérence par rapport à l’esprit de transparence et de la volonté de rendre compte qui a caractérisé le procès synodal. » Et d’insister sur le fait que les groupes de travail « ont travaillé, comme il est logique, de manière autonome ».
Les conclusions homosexualistes du groupe 9 du Synode : une manipulation LGBT
Pour autant, « ces rapports ne peuvent être attribués au Secrétariat général », à ajouter celui-ci. D’ailleurs, « on n’y voit même plus le logo du Secrétariat, seulement celui du processus synodal ». Le Secrétariat général du Synode a même pris la peine d’ajouter : « Ces rapports ne sont que des documents de travail. » Bref, ils n’y sont pour rien et ils déclinent toute responsabilité.
Les promoteurs du document vantaient l’esprit d’ouverture du rapport et soulignaient qu’il marquait enfin une rupture avec les anciennes pratiques s’imposant « de haut en bas ». Un cas d’école « d’activisme bureaucratique classique », pour reprendre les mots du National Catholic Register. L’écoute qu’était censée introduire la « synodalité » a été à sens unique.
On sait ainsi maintenant que le tristement célèbre Père James Martin a piloté les témoignages repris dans le rapport du groupe d’études N° 9. L’un des deux « témoins », un laïc portugais vivant ouvertement dans une union de même sexe, s’est révélé être très proche de ce jésuite homosexualiste. Quant au deuxième témoin, il a été identifié comme étant Jason Steidl Jack, qui avait fait la une du New York Times en 2023 par le biais d’une photo où l’on voyait le même Père Martin le bénissant avec son « mari » au lendemain de la publication de Fiducia supplicans. C’est ce que rapporte ici l’excellente journaliste vaticaniste Diane Montagna sur son compte Substack.
Le groupe 9 du Synode sur la synodalité a exclu la voix des ceux qui défendent l’enseignement de l’Eglise
Ce sont donc des activistes LGBT qui ont été à l’œuvre, alors même que le seul membre africain du groupe, la religieuse congolaise sœur Josée Ngalula, n’a même pas participé à la rédaction de la section finale du rapport. Elle a déclaré au National Catholic Register qu’elle se refusait à entrer dans le débat au sujet des personnes homosexuelles : « Il ne s’agit pas d’une question pastorale majeure dans ma communauté », ajoutant qu’elle laissait à ceux pour qui il s’agit bien d’une affaire « majeure » le soin d’en discuter entre eux. Elle-même fait partie de la Commission théologique internationale et elle a déjà très fortement exprimé son refus de l’idéologie de l’orientation sexuelle par le passé. Le fait qu’elle ait été écartée de la rédaction du rapport final du groupe 9 souligne les a priori contraires à la morale catholique que ce groupe tente d’imposer.
Plus largement, le groupe 9 n’a jamais voulu dire clairement qui, parmi ses membres, avait effectivement pris la responsabilité de la rédaction des différentes sections de son rapport de 32 pages. On sait que ce groupe réunissait des membres par eux-mêmes controversés, tel le père Maurizio Chiodi, qui a affirmé par le passé la légitimité morale de la contraception dans certaines situations au sein des couples mariés, et qui a présenté la vie dans un couple homosexuel comme pouvant être la façon la plus fructueuse, pour les personnes éprouvant une attraction homosexuelle, de former une bonne relation. Le jésuite Carlo Casalone a pour sa part suggéré que les principes moraux absolus enseignés par l’Eglise doivent être soumis à l’interprétation de la conscience. Quant au cardinal Carlos Castillo Mattasoglio, archevêque de Lima au Pérou et coordinateur du groupe d’études, il a été salué par des groupes LGBT comme étant « ouvert » aux changements en la matière.
Le rapport du groupe 9 s’en prenait notamment à l’association Courage International, qui vient en aide aux personnes éprouvant une attraction homosexuelle et qui désirent vivre chastement. Cette même association était elle aussi exclue de la « conversation » du dialogue synodal. Son directeur exécutif, le père Brian Gannon, y voit une contradiction directe du sens de la synodalité, lui qui, avec un groupe représentatif de l’association, a été chaleureusement reçu par Léon XIV en audience privée le 6 février et encouragé dans son apostolat.
La « malhonnêteté intellectuelle » des conclusions homosexualistes du groupe 9
Dénonçant cette « malhonnêteté intellectuelle », le père Gannon a déclaré au National Catholic Register au sujet du rapport du groupe 9 :
« Certaines lacunes rendent ce rapport incomplet, erroné et, par conséquent, blessant pour de nombreux catholiques attirés par des personnes du même sexe qui restent pourtant fidèles à l’enseignement de l’Eglise sur la chasteté et le mariage.
« Premièrement, Courage International est, pour être exact d’un point de vue canonique, une association publique universelle de fidèles à caractère clérical. En effet, Courage est une organisation internationale comptant plusieurs milliers de membres et bénéficiant même du soutien total d’un conseil épiscopal composé d’évêques catholiques. Malgré cela, chose étonnante, Courage elle-même n’était pas représentée au sein du Groupe d’étude 9 ! Cela pose un problème : les sources sont insuffisantes et incomplètes.
« Deuxièmement, deux témoins qui s’opposent à l’enseignement moral de l’Eglise et embrassent des relations immorales semblent être les seules sources.
« Troisièmement, Courage ne pratique pas de thérapie réparatrice ; c’est faux. L’accent est mis sur la chasteté et la liberté qu’elle confère par la grâce de Dieu.
« Quatrièmement, le message global semble présenter une relation entre personnes du même sexe comme un don de Dieu – ce qui est en totale contradiction avec 2000 ans d’enseignement moral catholique. Pour parler franchement : ce rapport est intellectuellement malhonnête et en réalité blesse l’Eglise, une blessure auto-infligée par les contributeurs et les rédacteurs du synode qui semblent rejeter le Catéchisme de l’Eglise catholique. »
Il serait à l’évidence pour le moins prématuré d’attribuer au pape Léon XIV une quelconque approbation a priori du texte controversé du groupe 9 du Synode sur la synodalité. Les différentes preuves de manipulation qui se font jour, ainsi que les réponses très sèches du Secrétariat du Synode (qui ne brille pourtant pas par son traditionalisme), montrent que rien n’est joué et qu’au contraire, l’opposition face à cette tentative de rejet de l’enseignement de l’Eglise gagne de l’ampleur. Rien n’est joué.











