Une immigration de peuplement :
la preuve par l’Italie

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L’élu Giovanni Manoccio avec une famille nigériane installée au village.


 
L’immigration comme solution au lent suicide de l’Europe par la dénatalité : c’est l’idée mise en avant par le quotidien conservateur britannique, le Daily Telegraph, qui entre ainsi de plain-pied dans la rhétorique mondialiste, pour qui les populations, les cultures et surtout les religions sont interchangeables et destinées au métissage. Le journaliste prend l’exemple d’une petite ville de l’Italie du Sud, Acquaformosa en Calabre, qui se vidait lentement et qui aujourd’hui « revit » -grâce à l’arrivée des migrants de l’autre côté de la Méditerranée. On a bien à faire à une immigration de peuplement, l’Italie en apporte la preuve.
 
La petite ville de montagne ne compte guère plus de 1.000 habitants. Les jeunes sont partis ailleurs, pour trouver du travail. « Les vieux meurent un par un »… Dans cette Italie qui n’a pas de politique familiale, ni par le biais des allocations, ni par l’allègement fiscal, leurs familles ne sont pas nombreuses.
 
Mais voici qu’Acquaformosa, comme d’autres villes et villages du Sud profond de l’Italie, a trouvé une « source inattendue de salut », comme l’affirme le Telegraph : tous ces migrants qui ont « risqué leur vie » pour traverser la Méditerranée. En lisant entre les lignes, on comprend qu’il aurait été plus intelligent d’aller les chercher par des moyens légaux.
 

La crise des migrants pour le repeuplement de l’Italie

 
Acquaformosa fait partie des bourgades mourantes qui ont décidé d’adhérer à un plan gouvernemental qui vise à établir les migrants au sein de communautés sous-peuplées, les paese d’accoglienza ou « pays d’accueil ». En l’espace de quelques années, 350 migrants sont arrivés sur place, et la plupart d’entre eux s’y sont établis, formant un ensemble disparate et bigarré. Syriens, Somaliens, pauvres de l’Afrique occidentale, Pakistanais et Soudanais s’y côtoient. Le journaliste ne prend pas la peine de souligner un fréquent dénominateur commun : l’islam, dont tout donne lieu à penser qu’il est largement partagé par cette population aux origines diverses mais bien identifiées.
 
Si les Italiens n’ont pas trouvé de travail à Acquaformosa au point de devoir quitter leur « pays » d’origine, les migrants y ont intégré un système d’économie circulaire basée sur les besoins des réfugiés, alimentée par les deniers publics. Munis d’une allocation de 24 euros par personne et par jour pour s’assurer gîte et couvert, les migrants dépensent dans les commerces locaux qui y ont trouvé une seconde vie.
 
Certains ont trouvé un emploi, soit à la municipalité – comme fonctionnaires payés par les deniers publics, donc – soit comme employés publics chargés de faire des cours de langue aux nouveaux arrivants ou de servir d’interprète. L’école, menacée de fermeture alors qu’elle ne comptait plus que trois élèves, voit son avenir assuré.
 
Le maire, Gennaro Caparelli, est ravi : il parle de « renaisssance ». Mais pour ce qui est de la création de richesse, on repassera – tout cela fonctionne grâce aux impôts payés par les Italiens.
 

Immigration de peuplement plutôt qu’aide aux autochtones

 
On fait pour ces migrants, et pour pourvoir à leurs besoins, ce qui n’a jamais été fait pour les Italiens de souche d’Acquaformosa, contraints d’aller chercher fortune ailleurs. On a laissé les villages historiques se vider, et aujourd’hui les Italiens supportent la charge de leur repeuplement par des étrangers.
 
Le journaliste du Telegraph explique qu’Acquaformosa a tout lieu de comprendre les affres et les besoins de sa nouvelle population parce qu’elle est elle-même le fruit du peuplement par d’autres réfugiés, ceux dont les descendants l’habitent encore – pour un temps… C’était au Moyen Âge, les Albanais avaient dû fuir leur pays devant l’avancée de l’invasion ottomane et s’étaient établis dans les montagnes calabraises.
 
Aujourd’hui, rapporte-t-il, la population locale sait encore parler l’arbérèche, une langue dérivée de l’albanais du XVe siècle, et le drapeau albanais flotte toujours sur bien des maisons.
 

La preuve par l’Italie : on aide les migrants, pas de politique familiale pour les Italiens

 
Y a-t-il vraiment, comme le dit le journaliste, une « sympathie instinctive » à l’égard des nouveaux réfugiés, de la part des descendants de ceux qui ont réussi à échapper à l’invasion turque » ? C’est l’histoire officielle, telle que racontée par le maire. Et peut-être les Acquaformosiens en sont-ils eux-mêmes convaincus, à force de discours politiquement corrects favorables aux réfugiés.
 
Mais cet islam qu’ils ont fui il y a des siècles est en train de s’installer, durablement et sans combats, comme le montre l’exemple de ce Somalien de 27 ans cité par le journaliste. Bénéficiaire du droit d’asile, il travaille aujourd’hui comme balayeur pour la municipalité à raison de 500 euros par mois. Sa femme a donné naissance à son premier bébé il y a quatre mois. L’homme affirme, content : « C’est un bon endroit ici. J’y vois un bel avenir pour moi. » D’autres ont envie de partir, comme les jeunes Italiens l’on fait avant eux : il n’y a pas de travail, ils rêvent de France ou d’Italie.
 
Il ne manque pourtant pas d’habitants de souche – quelque 30 % d’entre eux, estime un réfugié – pour dire leur opposition : « Nous n’avons même pas de travail pour les gens d’ici, alors pour les migrants… la Calabre est la région la plus pauvre d’Europe », souligne un retraité de 70 ans.
 
Un dernier mot. Acquaformosa a inventé sa « monnaie solidaire » dont les réfugiés profitent, et qu’ils peuvent dépenser dans les commerces locaux. Les billets de deux euros portent l’effigie de Giorgio Skanderberg, héros albanais du XVe siècle. Ceux d’un euro sont décorés du portrait d’Ernesto Che Guevara. Tout un symbole.
 

Anne Dolhein