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Face au retard islamique, Erdogan vante devant le COMCEC le commerce intra-musulman et… la règlementation halal

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La branche économique de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), le COMCEC, s’inquiète du devenir économique de l’arc musulman. Devant sa 33e conférence qui s’est tenue du 20 au 23 novembre à Istanbul, le président-dictateur islamiste turc Recep Tayyip Erdogan a pressé les représentants de ses 56 Etats-membres et de ses cinq Etats-observateurs de mieux utiliser leurs ressources naturelles et humaines pour s’assurer d’une base productive. Il a prôné des plans de développement économiques, technologiques et culturels et souhaité une intensification du commerce intra-musulman entre les membres du COMCEC, qui accusent un retard notable parmi les pays en développement ou restent étroitement dépendants de la manne pétrolière. Des déclarations d’intention qui doivent être relativisées quand on constate qu’Erdogan a placé devant ses pairs au rang d’urgence la fixation des normes du halal, ou encore la coopération dans le domaine de l’investissement immobilier.
 

Les gigantesques ressources de certains membres du COMCEC masquent mal un monde de conflits

 
Car l’état économique, social et politique de l’oumma, la « communauté des croyants » mahométans, est plus qu’inquiétant. L’arc vert, qui se développe depuis l’Afrique noire jusqu’à la Malaisie en passant par le Maghreb, le Proche-Orient, l’Asie du sud et centrale et jusqu’à l’Océanie ne peut faire illusion. Les gigantesques ressources en hydrocarbures de certains membres du COMCEC – péninsule arabique, Irak, Iran… – masquent d’un voile luxueux un monde de conflits tant internes qu’extérieurs, de haines inexpiables (Iran-Arabie, Turquie-Syrie, Algérie-Maroc, Arabie-Qatar…), de misère (du Mali au Bangladesh) et de dépendance vis-à-vis du monde des « mécréants », depuis la technologie occidentale jusqu’aux infrastructures chinoises. La fragilité financière de plusieurs de ses membres est avérée : Standards & Poor’s a identifié les cinq pays les plus vulnérables à un prochain resserrement monétaire. Parmi eux, outre l’Argentine, quatre pays islamiques : Turquie, Pakistan, Egypte, Qatar.
 
Durant son intervention, rapporte le média turc aux ordres Daily Sabah, Erdogan s’est appesanti sur la nécessité d’exploiter les ressources considérables dont le monde musulman est doté. « Notre devoir est de profiter de la géographie des pays islamiques pour en faire une base de production », a martelé Erdogan, prônant une culture de la coopération entre Etats du COMCEC. Il a insisté sur les projets destinés à améliorer les relations commerciales avec un système préférentiel à instaurer d’urgence, selon lui. Le monde islamique, dont la doctrine religieuse est suprémaciste, reste à ce jour largement dépendant des grandes puissances économiques, anciennes ou émergentes (Chine, Inde), qu’elles achètent son pétrole ou qu’elles lui vendent leurs technologies ou leurs biens manufacturés, fussent-ils construits sur place comme l’automobile en Turquie ou au Maghreb.
 

Erdogan fixe comme priorité de… contrôler le halal via un Institut pour la normalisation islamique

 
« Chaque jour perdu pour franchir le pas dans ce domaine constitue une perte gigantesque pour nous tous », a poursuivi Erdogan. Le président turc a poursuivi en soulignant son attachement aux projets de l’Institut de la normalisation et de la métrologie pour les pays islamiques (SMIIC), basé en Turquie, qui développe des travaux « sérieux » dans de nombreux domaines, surtout, explique le doctement le Daily Sabah, « dans la fixation des normes du halal (produits conformes à la « loi » mahométane, NDLR) pour les pays membres comme pour le monde entier ». Et le média de citer longuement Erdogan sur ce sujet : « Nous tentons de travailler au mieux sur ces études. Nous avons créé l’Autorité d’accréditation du halal (HAK) dans cette perspective ».
 

Le commerce intra-musulman augmente beaucoup en valeur brute, peu en pourcentage

 
Erdogan a invoqué des mécanismes qui permettent de résoudre les conflits économiques et financiers entre pays membres du COMCEC. Il a ainsi souhaité la création d’une instance d’arbitrage au sein de l’OCI. Mais ce type d’arbitrage suffira-t-il à apaiser les incendies politiques qui secouent la quasi-totalité des pays islamiques – sans compter les guerres et actes terroristes qu’ils exportent ? La valeur des échanges commerciaux entre pays de l’OCI est passée de 271,45 milliards de dollars en 2005 à 694,23 milliards en 2015, soit une hausse de 156 %. Mais la part de ces échanges internes sur l’ensemble du commerce des pays de l’organisation n’a cru que de 15,5 % à 20,3 %, soit une hausse de seulement 30 % en pourcentage. Et durant ces dix années, les conflits ont ravagé Libye, Syrie, Mali, Niger, Nigeria, Yémen, et ébranlé Egypte, Tunisie, Pakistan…
 
Erdogan n’en espère pas moins que la création d’une « Initiative pour une assurance des transactions immobilière » sera concrétisée rapidement. Les conférences du COMCEC de 2014 et 2015 avaient décidé que le secteur immobilier constituait un nouveau domaine à exploiter via le marché des capitaux avec constitution d’une « force opérationnelle ». La Turquie se pose en acteur central de cette initiative, même si ce sont les capitaux arabes qui achètent les hôtels de luxe en Europe.
 

Matthieu Lenoir