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Le billet
Jingle Bells accusé de blackface : la tradition de Noël raciste et anti-noire ?

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Depuis l’affaire Griezmann, on n’entend plus parler que de « blackface », parodie raciste de la communauté noire, par laquelle les Blancs, en se déguisant, seraient censés exprimer leur mépris. Cette fois, c’est la tradition anglo-saxonne de Noël, en particulier le chant Jingle Bells, qui se trouve accusée.
 
Ne riez pas, c’est très sérieux. Kyna Hamill, professeur de théâtre et d’information sur les réseaux sociaux à l’université de Boston vient de publier une histoire de Jingle Bells, la comptine qu’Américains et Anglais répètent pour Noël, dont elle affirme qu’elle aurait une origine raciste. Elle explique : « L’héritage de Jingle Bells est de ceux dont l’origine raciste et blackface a été systématiquement et subtilement effacée au cours de l’histoire (…) mais si l’on observe avec attention les circonstances et le déroulement de cette histoire, cela nous permet de réfléchir sur son rôle problématique dans la construction des concepts de Noir et de Blanc aux USA ».
 

Jingle Bells accusé de blackface pour Noël

 
Pour preuve de sa théorie, Mme Hamill relève que la première audition publique de Jingle Bells dont on ait gardé une trace écrite, eut lieu dans un spectacle de « blackface » dans un théâtre de Boston en 1857. Elle ne nous dit pas si l’auteur, James Pierpont, était raciste ou avait une esclave noire, mais elle estime que l’habitude de chanter Jingle Bells prend racine dans une troupe itinérante de spectacle blackface qui se déplaçait entre Boston et New York. La précision du détail ne cache pas le flou de l’ensemble : rien ne dit que, sans que cela soit documenté, Jingle Bells n’ait pas été chanté ailleurs avant. Et rien ne dit non plus que le fait que cela soit chanté par des Blackfaces ait la moindre intention raciste : le negro spirituals n’a aucune intention raciste, encore moins anti-noire. Tout cela est de la plus grossière confusion, du bluff de militante et de professeur de théâtre en mal de buzz.
 
C’est pourtant pris très au sérieux par le milieu éducatif local, qui demande, non pas l’abandon de Jingle Bells, cela ne passerait pas en Amérique, mais une « reconnaissance » suivie d’une repentance intérieure, comme pour « le passé raciste des institutions chargées d’éduquer ».
 

Une tradition raciste et anti-noire

 
De manière générale, la thèse de Kyna Hamill ferait partie de « l’examen nécessaire du passé raciste (des États-Unis) qui ne doit pas faire d’exception pour la tradition de Noël ». L’intention destructrice n’est nullement cachée, sous couleur d’honnêteté intellectuelle.
 
On regrettera, pour la beauté de la chose, que Mme Hamill s’en soit tenue là. Elle devrait s’en prendre à la barbe blanche du père Noël, et plus sérieusement à la tenue blanche des élus dans l’Apocalypse, le blanc du Christ transfiguré et des anges, le blanc de la neige, celui des œufs battus en neige et de la crème Chantilly. Et interdire les idées noires, la misère noire, la m… noire, les noirs dessins.
 
La folie des anti-racistes s’apparente à celle des féministes, qui œuvrent à la même Révolution. Elles font une fixette infantile sur l’apparence des mots. Si j’étais elle, je m’inquiéterais qu’on dise la lune et le soleil, der Mond et die Sonne en Allemand, la bonté et le mensonge, la liberté et le fascisme : tout cela peut troubler le sommeil des nouveaux-nés. De la bêtise militante et triomphante, libera nos, Domine.
 

Pauline Mille