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La démocratie et Macron à l’épreuve des manifs : la rue appartient à celui qui y descend

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Devant sa popularité qui descend et les manifs qui se succèdent contre sa politique, Macron affirme que « La démocratie ce n’est pas la rue ». Sans doute, mais qu’est-ce que c’est ? Avec l’affrontement entre le vote et la rue, c’est la légitimité du pouvoir elle-même qui se trouve à l’épreuve.
 
Le quinquennat d’Emmanuel Macron se joue cet automne avec les manifs en tout genre qui jettent dans la rue les agriculteurs, les routiers, les ouvriers, les employés. Le président de la république est conscient qu’il existe un risque que les choses tournent à l’aigre. On sait que le ministère de l’intérieur vient de s’approvisionner massivement en grenades lacrymogènes. Et l’épreuve de force s’étend à la politique. Macron sait tout ce que l’entreprise qui l’a mené à l’Elysée doit aux sondages et aux médias : ce que quelques mois de propagande ont fait, quelques semaines de réalité peuvent le défaire. Mais il assume ce risque, mieux, il a provoqué la gauche, les syndicats et la colère populaire en multipliant les déclarations sur les fainéants, la France pas réformable, etc
 

L’enjeu des manifs de l’automne : la démocratie en Occident

 
Pourquoi cette stratégie de la tension ? Parce qu’Emmanuel Macron se sent beaucoup moins fragile qu’il n’y paraît, et parce que le véritable enjeu de l’automne n’est pas son propre sort, mais la nouvelle définition de la démocratie que la gouvernance mondiale entend imposer peu à peu à l’Europe.
 
L’argument des anti-Macron est que le président a été élu par raccroc, pour barrer la route à Marine Le Pen, et que si l’on fait le compte des abstentions, des votes blancs et nuls, il n’a été soutenu au premier tour que par à peine plus de quinze pour cent des Français : sa légitimité est donc très faible et ne saurait prévaloir sur la colère de millions de Français opposés à ses réformes. Ils sont en conséquence déterminés à l’épreuve de force. Pour eux, tout dépend de la mobilisation dans les prochaines manifs : combien de bataillons l’extrême gauche et les syndicats parviendront-ils à dresser contre Macron malgré leurs divisions ?
 

Mélenchon descend dans la rue poussé par Macron

 
Mélenchon surtout, qui vient de lancer un appel aux Frontistes déçus, joue les gros bras dans ce scénario, bien peu respectueux des règles et du ton ordinaires de la démocratie. On croirait l’entendre entonner l’un des chants de la Légion Etrangère :
 
« Puisqu’il nous faut vivre et lutter dans la souffrance
 
Le jour est venu où nous imposerons au front
 
La force de nos âmes
 
La rue appartient à celui qui y descend »
 
Emmanuel Macron s’en réjouit et met de l’huile sur le feu. Il s’appuie sans discrétion sur Jean-Yves Mélenchon depuis le début de son irrésistible ascension, en particulier depuis le premier débat à onze de la campagne présidentielle télévisée. Cela fait partie de la promotion du personnage organisée par le système que Reinformation.tv a été la première à analyser, voilà plus d’un an, à l’occasion de la loi travail. Entre le mondialisme libéral de Macron et l’altermondialisme paléo-marxiste de Mélenchon, il ne doit rien subsister, afin que la démocratie occidentale puisse tordre le cou tranquillement à toute velléité populiste.
 

Une dialectique à toute épreuve contre le populisme

 
Dans ce théâtre dialectique, l’extrême gauche dans la rue présente l’avantage remarquable de s’accompagner de désordres d’une part, et de paraître remettre en cause le résultat d’un tout récent vote souverain. En quelque sorte les manifs paraissent nier la démocratie et Macron se pose en défenseur de celle-ci.
 
C’est une imposture, car on a dit plus haut par quel grossier subterfuge il s’est fait (si mal) élire. Mais c’est une imposture qui lui donne l’apparence de la légitimité dans l’épreuve engagée, et dont il espère qu’elle va lui permettre d’imposer une nouvelle pratique de la démocratie. De même qu’un matraquage de sondages et de propagande lui a permis de prendre le pouvoir et de l’exercer au bénéfice de ses commanditaires de la gouvernance mondiale, de même l’exploitation des excès des manifs devrait-elle lui permettre de se maintenir, et de maintenir le débat sur le terrain économique et social, sans répondre à l’attente populaire sur l’identité, la démographie, la culture – bref, sur l’invasion. En d’autres termes, les manifs de l’automne, et la guéguerre sociale allumée, sont le moyen trouvé par les élites mondialistes et altermondialistes coalisées pour empêcher l’exercice d’une véritable démocratie. La rue appartient sans doute à celui qui y descend, mais le pouvoir appartient à ceux qui l’y font descendre, et qui choisissent la raison pour laquelle il y descend.
 

Pauline Mille