Primaire de droite : une véritable armée mexicaine

Primaire droite armée mexicaine

Geoffroy Didier, vice-président Républicains de la région Ile-de-France et ancien secrétaire adjoint de l’UMP.


 
Geoffroy Didier, vice-président Républicains de la région Ile-de-France et ancien secrétaire adjoint de l’UMP, a annoncé mardi qu’il était candidat à la primaire de droite en vue de la présidentielle de 2017. Une primaire qui fait désormais véritablement figure d’armée mexicaine, puisque Geoffroy Didier est le onzième à se porter candidat à la candidature. En attendant – au moins… – Nicolas Sarkozy.
 
De ce côté-là, le patron des Républicains entend bien mettre les points sur les i puisque le parti a annoncé ce même mardi avoir « clarifié » les règles de la primaire, afin de circonscrire l’appartenance politique des élus appelés à parrainer un candidat. Dorénavant, les parrains devront, eux aussi, avoir signé la charte républicaine, ce qui est une pierre dans le jardin de Nathalie Kosciusko-Morizet qui entendait « dépasser les clivages ».
 

Une véritable armée mexicaine à droite

 
Dépasser les clivages, c’était évidemment pour elle plus qu’une philosophie : un moyen d’obtenir les voix nécessaires. Parce que le nombre des candidats ne cessant de croître le marché s’avère difficile.
 
Nicolas Sarkozy a, en outre, renvoyé la querelle l’opposant à certains de ses rivaux sur les investitures aux législatives de juin 2017 à l’après-primaire, afin, si d’autres motifs de fâcherie ne se présentent pas d’ici là, d’essayer d’apaiser les débats.
 
En attendant, pour la primaire, un candidat doit être parrainé par au moins 250 élus répartis sur au moins 30 départements, dont au moins 20 parlementaires, et par au moins 2.500 adhérents sur au moins 15 départements.
 
Avec quelques exceptions pratiques. Ainsi, Jean-Frédéric Poisson, qui concoure en tant que président de son parti, le PCD, est-il dispensé, de ce fait, de trouver les 20 parlementaires évoqués. Si c’est plus simple pour lui, cela devrait éviter, dans un avenir qui se rapproche à grands pas, à Nicolas Sarkozy, certains rapports difficiles avec certains députés…
 

Une primaire qui multiplie les nuances

 
Quoi qu’il en soit, Geoffroy Didier a donc annoncé – au grand dam de quels autres candidats ? – sa candidature. « Je suis candidat à la primaire de la droite pour proposer une manière neuve d’être et de faire, un retour aux sources de l’engagement », déclare-t-il dans un entretien accordé à Direct Matin.
 
Et il ajoute : « Je veux mettre fin à l’entre-soi des professionnels de la politique. »
 
C’est sans doute un peu court, voire utopique. Car, d’une part, on vient de le voir, la présence à la primaire exige tout de même d’avoir un bon réseau parmi les élus. Or Geoffroy Didier, qui a été élu pour la première fois à la région Ile-de-France en 2010, n’a jamais, à 39 ans, détenu de mandat de député ou de maire.
 
D’autre part, parce qu’il est à peu près inconnu des media, et donc du grand nombre des militants. Pour se faire remarquer, il lui faudrait sans doute détailler davantage ses intentions. Donner une idée de programme…
 
Pour l’heure, la droite attend le douzième candidat. Et plus si affinités !
 

François le Luc