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Le comptoir du bon racisme économique : une expérience moderne de la répartition entre Blancs et Noirs

Racisme économique répartition Blancs Noirs
 
Tout est bon pour stigmatiser la répartition raciste de la richesse. Un restaurateur nigérien fait même mieux : son comptoir éphémère en Louisiane propose aux Blancs de payer deux fois et demi plus cher leur plat, dans l’idée de redistribuer ce surplus à ses autres clients noirs… C’est fort ! Ravi du succès rencontré, il n’a même pas eu peur de dire que c’est à cause de « la pression sociale ». Exit la charité ! Exit la liberté ! Place à l’éducation obligatoire des masses sur les conséquences du racisme et les remèdes à y apporter – de manière aussi obligatoire.
 

Plus de 80% des clients blancs ont choisi de payer le prix plus élevé

 
Le menu est nigérian et les plats végétariens, une ode à la culture et à l’éducation du chef Tunde Wey. Mais la leçon servie avec le mets compte bien davantage. Ce restaurant éphémère de la Nouvelle-Orléans propose aux clients blancs de les facturer 18 $ supplémentaires pour leur repas, soit 30 $ au lieu des 12 $ habituels. Pour rétablir, le temps d’un geste, celui de sortir sa carte bleue, la disparité salariale entre les races, observée dans la ville…
 
Après que le client blanc a choisi son plat, Tunde Wey le met au parfum de ces discriminations locales, chiffres à l’appui. Le revenu médian des ménages afro-américains à la Nouvelle-Orléans est seulement de 25 806 $, comparativement à 64 377 $ pour les ménages blancs : soit une infériorité cotée à 54%.
 
Que fait le client blanc, objet d’une leçon sur ses gains par un représentant de la minorité pauvre ? Et bien il accepte de payer davantage. « Je pensais, si on leur donnait la possibilité d’abandonner volontairement leur privilège, que les gens ne le feraient pas parce que ce n’est pas dans leur intérêt » rapporte Tunde Wey selon The Independent : pourtant, plus de 80% des clients blancs ont choisi de payer le prix plus élevé.
 

Une posture anti-liberté

 
Bien sûr, il s’en est trouvé quelques-uns qui déguerpissaient séance tenante. Un autre qui expliquait posément à Tunde Wey les raisons de son refus, pointant une idéologie impropre. Mais la plupart ont obtempéré, affichant un regard vide ou un sourire contraint, cédant à l’évidente moralité qui s’imposait à eux… Wey n’hésite même pas à le dire : c’est, en réalité, une question de « pression sociale ».
 
« J’ai créé un cadre dans lequel je souligne un problème qui est indiscutable, je vous positionne comme un antagoniste et je vous donne un moyen de résoudre ce problème : dans ce moment, tout autre choix que celui des 30 $ devient un comportement antisocial ».
 
Et oui… d’ailleurs le peu de Blancs qui ont préféré ne payer que 12 $ ont cru devoir lui fournir tout un tas d’alibis pour se justifier ! « Les gens ne veulent pas être jugés pour cela »… Des économistes, observant un phénomène similaire, celui des pourboires, ont aussi observé que les gens faisaient cette démarche pour « ressentir des sentiments positifs comme la fierté ou éviter les sentiments négatifs comme la culpabilité », ainsi que pour « éviter la désapprobation sociale ».
 

Mais 76% des clients noirs ont refusé de recevoir le surplus financier pris aux Blancs !

 
Je ne qualifierais donc pas de « positif » cette expérience, comme le fait sans beaucoup de réflexion Tunde Wey, puisque le don ne relève plus de la vraie charité qui est libre, mais de la honte et de la culpabilité. Et qu’il manifeste également un racisme discriminatoire notable, puisque le surplus financier engendré devait profiter à tous les clients noirs quels que soient leurs revenus, du fait même de leur couleur (il a même refusé que l’un d’entre eux, aisé, paye le prix fort, ainsi qu’il le souhaitait) …
 
D’ailleurs, il faut le souligner, la plupart d’entre eux, 76%, ont refusé ce versement intempestif : seuls six se sont inscrits à ce programme de redistribution raciale ! Signe de la gêne qu’induit la charité forcée…
 

Principe de répartition et racisme économique avéré

 
Pourtant, Tunde Wey est persuadé de cette bonne manière : « Le fait de trouver une solution ne doit pas être fondé sur la charité ou l’altruisme (…) Il faut plus que ça pour changer les choses ». L’argent, qui n’est pas basé selon lui, « sur le besoin ou sur le mérite » doit être réparti. Encore une fois, c’est le principe bien socialiste de la redistribution des richesses à laquelle l’on doit être formaté.
 
Redistribution assise sur les revendications des minorités. Le nom du restaurant, SAARTJ, fait écho à Saartjie Baartman, sud-africaine née à la fin du XVIIIe siècle qui fut ramenée en Europe par un médecin britannique à cause de sa difformité toute particulière. Celle qu’on appela par dérision la « Vénus Hottentot » avait entre autres une hypertrophie maladive des fesses … Promenée dans les cours européennes et les foires, elle est restée le symbole de la domination du blanc colonialiste – celui-là même qui doit encore payer.
 
Clémentine Jallais