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Scandale politique à Hollywood : Harvey Weinstein, ou les contradictions de la révolution sexuelle

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Les dizaines de femmes témoignant de la frénésie sexuelle du producteur Harvey Weinstein sèment une petite révolution à Hollywood. Le scandale révèle les contradictions d’un système qui prétend régenter la morale politique, comme l’ont rappelé ses récentes campagnes anti-Trump.
 
Harvey Weinstein n’est pas n’importe qui dans le cinéma américain. Les Etats-Unis ne pratiquent pas le cinéma d’auteur et le producteur y a le dernier mot, the final cut, pour décider d’un film. Ceux de Weinstein ont collectionné soixante oscars, notamment pour Shakespeare in Love, The Artists, Pulp Fiction, Kill Bill, Le discours d’un roi. Cannes lui a donné aussi sa palme d’or pour Sexe, mensonges et vidéo, et les Bafta anglais l’ont aussi récompensé. Il avait le nez, le sens des affaires, celui du cinéma, n’hésitait pas à investir. Bref, une pointure admirée et redoutée.
 

Il y a prédation sexuelle, y a-t-il viol ?

 
Aujourd’hui, plus de vingt femmes, connues ou inconnues, ont déclenché un scandale qui faire bruire Hollywood, elles l’accusent de harcèlement, d’atteinte sexuelle, d’agression sexuelle et même, pour quatre d’entre elles à ce jour, de viol. Deux enquêtes ont été ouvertes. Concernant les viols allégués, Harvey Weinstein a affirmé par communiqué que toutes les relations sexuelles en cause étaient « consenties ». Les accusations manquent pour l’instant de clarté. L’une des quatre accusatrices, la starlette Asia Argento, reconnaît avoir couché à plusieurs reprises avec Harvey Weinstein pendant cinq ans, mais ajoute s’y être sentie « obligée ». Laissons donc la police et la justice faire leur travail avant d’avoir une opinion.
 
En revanche, il paraît clair, à lire les autres témoignages, que la frénésie sexuelle de Weinstein était impérieuse et expéditive. Il entendait manifestement profiter de sa situation en donnant à ses jeunes proies l’espoir d’une sélection canapé. Le marché, pour être fréquent, n’en est pas moins sordide. Et le personnage n’apparaît pas bien ragoûtant.
 

Harvey Weinstein, personnage peu ragoûtant

 
Reconnaître cette évidence n’empêche pas de relever les contradictions d’Hollywood en l’affaire, des accusatrices en particulier. On trouve de tout parmi elles, scénaristes, secrétaires, et actrices de différents âges et formats, Mira Sorvino, Kate Beckinson, Jessica Barth, Katherine Kendall, Gwineth Paltrow, Rosana Arquette, Angelina Jolie, Cara Delenvigne, et pour la France Emma de Caunes, Judith Godrèche, Léa Seydoux, Florence Darel, sans compter celles qui n’ont encore rien dit.
 
Première constatation, l’immense majorité de ces dames se plaignent qu’Harvey Weinstein ait essayé de les embrasser, généralement dans sa chambre, avant qu’elles ne se dégagent. Ca a pu leur être désagréable, mais ce n’est pas une agression sexuelle bien terrible, puisqu’il leur a suffi de se dégager pour mettre fin à la chose. Quand on sait ce qui arrive tous les jours dans les banlieues, dans les lycées, on se prend à penser qu’il faut être joliment culottée pour faire tout un scandale à propos de ce geste. C’est à mon sens une véritable insulte à toutes les vraies, et anonymes, victimes de viols et d’agressions sexuelles. Accessoirement on se demande si ce n’est pas, de la part de ces stars et starlettes, une manière de faire un peu parler d’elle : l’oscar de l’attention sexuelle d’Harvey Weinstein pourrait servir pour un prochain casting.
 

Les nombreuses contradictions des accusatrices

 
Mais le plus fort est que ces dames vivent leur accusation comme un acte de courage, presque militant, pour la cause des femmes, et c’est là que la contradiction est un peu forte. En effet, elles savent toutes, et elles le disent, que le système d’Hollywood est pourri, elles affirment qu’Harvey Weinstein n’est que « la part émergée de l’isberg ». Et elles se sont toutes mises volontairement en position d’être « agressées » par le producteur, afin de faire carrière. En d’autres termes, avant de faire tardivement la morale, elles se sont soumises à un processus de prostitution, qui est d’envisager de coucher pour avancer.
 

Les confessions naïves de Léa Seydoux

 
Le cas le plus typique est celui de Léa Seydoux. Venant par sa mère de la famille Schlumberger et par son père de la tribu Seydoux (son grand père, Jérôme, est le président de Pathé, et son grand-oncle, Nicolas, celui de Gaumont), Léa Seydoux est le type même de l’héritière bobo de gauche, actrice de second rang, engagée contre le FN, soucieuse d’arriver. Rencontrant Harvey Weinstein, elle a « tout de suite su qui il était », et noté qu’il la regardait « comme un morceau de viande ». Il lui a d’ailleurs dit qu’il aimerait coucher avec elle. Cependant elle a accepté de monter seule avec lui dans sa chambre, et elle s’en explique : « C’était dur de dire non, il avait tellement de pouvoir ». Après cela il « s’est jeté » sur elle, tentant de l’embrasser, mais, lui échappant, elle s’est enfuie. On ne saurait avouer plus candidement le partage des tâches entre la starlette ambitieuse et le producteur vieux cochon. Léa Seydoux ajoute sans fard qu’elle avait bien senti qu’il parlait cinéma mais qu’il n’y aurait pas de rôle à la clé. La question est : et s’il y avait eu rôle, se serait-elle dégagée ? C’est une question qu’on pourrait poser aux actrices que Weinstein a fait jouer.
 

La révolution sexuelle a créé Weinstein et ses starlettes

 
Autre contradiction, non moins forte, ces vedettes féminines font commerce de l’image de leur corps, et l’industrie de Hollywood a fait la promotion du désir sans frein, « libéré » des contraintes dites selon le moment bourgeoises ou chrétiennes. Cette révolution antifamiliale a objectivement promu la femme objet, et stars et starlettes y ont consciemment contribué. Elles sont en quelque sorte victimes de leur propre activité. Léa Seydoux a eu la palme d’or pour le film Adèle, qui fait la promotion de l’homosexualité féminine. L’ambiguïté du cinéma est que tout s’y mêle, image et réalité, et que les actrices, pour qui « c’est dur de dire non » à un producteur puissant, contribuent fortement à ce mélange malsain. Il n’est pas sans signification que le mannequin et actrice britannique Cara Delenvigne, qui s’affiche bisexuelle, ait émoustillé elle aussi Harvey Weinstein. Avec le scandale d’aujourd’hui, la révolution sexuelle par le cinéma se mord la queue.
 

Hollywood moteur d’une révolution mondiale

 
C’est dire que le vrai scandale est politique et qu’il tient au moment historique où nous vivons. Longtemps la machine à rêves d’Hollywood a fonctionné pour casser la morale traditionnelle.
Aujourd’hui lui est dévolu une autre fonction, qui est de véhiculer la révolution mondialiste et de garder le politiquement correct. On a vu tout Hollywood et les people attaquer Trump lors de la dernière cérémonie des oscars. Harvey Weinstein était tout à fait dans ce mouvement. Les films, souvent anticatholiques, et les réalisateurs, qu’il a produits le montrent. Il était de gauche, donnait beaucoup d’argent aux Démocrates, de Clinton à Obama, était l’ami des Clinton. Il était même chevalier de la légion d’honneur, c’est tout dire ! Il militait « contre le sida et la pauvreté », il militait pour la limitation des armes à feu. Bref, un citoyen au dessus de tout soupçon et un cochon ordinaire.
 

Scandale politique et hypocrisie morale

 
En attendant de prouver que ses « victimes » n’aient pas été consentantes, Hollywood, qui comme toutes les vieilles putains a des pruderies dignes de l’Armée du salut, monte à son propos une campagne visant à imposer le sexuellement correct pensé par les associations féministes. Les Bafta anglais ont rayé de leur liste le prix donné à Harvey Weinstein, et les Oscars font mine de se demander s’ils ne vont pas faire de même. L’association qui les décerne condamne dans un communiqué l’activité sexuelle de Weinstein, « répugnante, odieuse, et contraire aux hautes exigences de notre institution et de la communauté créative qu’elle représente ». On frise là un sommet du grotesque, quand on se souvient des films que les oscars ont primés, et qu’on prend la peine de noter que ni Bill Cosby ni Roman Polanski n’ont perdu leur petite statue.`
 

Pauline Mille