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En Finlande, les « Soldats d’Odin » mis en place face à la vague migratoire

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Manifestation d’un groupe de “Soldats d’Odin” à Joensuu, dans l’est de la Finlande, le 8 janvier 2016.


 
En fin d’année dernière, un groupe de jeunes hommes de la ville de Kemi ont décidé de fonder les « Soldats d’Odin », une formation patriotique reprenant le nom d’une déité nordique, pour patrouiller dans les rues afin de protéger les Finlandais des troubles associés à l’arrivée d’immigrants par un poste frontière tout proche avec la Suède. A l’instar des autres pays européens, comme l’Allemagne ou la Suède, mais dans une moindre mesure toutefois, la Finlande fait face à un nombre accru de demandeurs d’asile : alors qu’ils n’étaient que 3.600 en 2014, leur nombre est passé à 32.000 l’année dernière, bouleversant ce petit pays qui n’a pas pour habitude de faire face à un tel afflux migratoire.
 

Une réaction à la vague migratoire qui submerge l’Europe

 
Depuis la première patrouille, le groupe a essaimé dans d’autres villes finlandaises en dépit du désaccord de la plupart des Finlandais. Les membres du groupe revendiquent leur action comme une aide aux forces de police qui disent avoir du mal à remplir leur tâche, mais ils se défendent de vouloir s’y substituer. « Nous sommes des yeux et des oreilles pour la police », disent-ils. Les Soldats d’Odin accusent les « envahisseurs islamistes » d’être à l’origine de l’augmentation de la criminalité ; leur existence signe l’inquiétude de la population qui paie l’addition de l’accueil des demandeurs d’asile alors même qu’elle subit les effets de la récession économique depuis déjà trois ans, accompagnée des restrictions imposées à la « générosité » de l’Etat-Providence.
 

En Finlande les Soldats d’Odin entendent répondre au désordre

 
Comme à Cologne et dans d’autres villes allemandes, ou encore comme en Suède, la population finlandaise n’est pas épargnée par les agressions commises par des « hommes d’origine étrangère ». Ce fut le cas à Helsinki à l’occasion du Nouvel An, mais également lors de la tenue d’événements publics à l’automne dernier. Les cas de harcèlement sexuel ont doublé au cours des 4 derniers mois de 2015 pour atteindre le chiffre de 147 plaintes déposées, contre 75 au cours de la même période, un an plus tôt.
 
Pour autant, le gouvernement finlandais a fait savoir qu’il ne voulait pas de ces groupes d’autodéfense dans la mesure où « seule la police est dépositaire de la loi et apte à maintenir l’ordre », selon les propos du Premier Ministre, Juha Sipila.
 
Les membres du groupe d’autodéfense se définissent comme « organisation patriotique combattant pour une Finlande blanche ». Alors que des manifestants masqués ont défilé dans les rues de Leipzig, en Allemagne, scandant des slogans à la tonalité raciste et qu’un homme armé s’en est pris à deux immigrants en octobre dernier en Suède, la police finlandaise observe de près ces « Soldats d’Odin » dont « certains ont un lien avec des mouvements extrémistes » selon les services de renseignement locaux.
 

Les Soldats d’Odin seraient-ils des agents provocateurs ?

 
Le chef de la police de Kemi, Eero Vanska, déclare que rien ne s’oppose à ce que ces groupes rapportent des incidents aux services de police, tout en insistant sur le fait qu’ils doivent les laisser faire leur travail. Selon la police, au moins certains membres du groupe qui arborent vestes noires et drapeaux marqués du symbole viking seraient issus de milieux « extrémistes » – souvent infiltrés, voire créés par la police.
 
Lors des manifestations de PEGIDA de Leipzig – et selon des scénarios qu’on a pu vivre en France lors de la Manif pour tous – des participants violents ont lancé des pétards et des feux d’artifice avant de traverser les barrages policiers, visiblement pour être protégés par les forces de l’ordre, qui n’ont pas réagi aux interrogations des manifestants pacifiques.
 
Chercherait-on à discréditer les opposants à la politique d’accueil en multipliant ce type de provocations ? En ce cas, on pourrait bien se demander si les Soldats d’Odin ont été créés par les services finlandais, ou s’ils sont seulement profondément infiltrés.
 

Nicklas Pélès de Saint Phalle