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DRAME Vers la lumière ♥


 
Vers la lumière est un drame japonais qui s’intéresse aux aveugles et à leur façon de percevoir le monde autour d’eux. Etre aveugle est assurément un lourd handicap. Nos sociétés sont conçues pour les voyants. Tous les déplacements, que ce soit à l’intérieur d’un appartement ou, beaucoup plus dangereux, dans la rue, sont problématiques. Toutes les activités quotidiennes sont compliquées, comme faire la cuisine ou simplement le thé, base de la politesse et de l’accueil au Japon, lorsque l’on reçoit. Et ces difficultés majeures, quotidiennes, subsistent encore dans des sociétés riches et, officiellement du moins, prévenantes comme le Japon. Il est bien montré que malgré les marquages en relief au sol ou les signaux sonores, un aveugle a de grands risques de se perdre dans les rues voire de d’être renversé par la circulation automobile en traversant. Le film présente aussi quelques cas concrets encore plus problématiques, comme une scène d’un aveugle sortant en titubant d’un bar. La sociabilité masculine japonaise, c’est regrettable mais c’est ainsi, requiert entre vrais amis de longues soirées arrosées. Ne pas sortir soûl dans ce contexte serait la marque d’un sauvage manquant du savoir-vivre le plus élémentaire…. Ainsi le malheureux aveugle, qui peine déjà à maintenir son équilibre, ne peut plus se repérer et vaincre les obstacles. Les escaliers, redoutables en général, se transforment en pièges terribles.
 

Vers la lumière, pour un public patient et curieux des difficultés quotidiennes des aveugles

 
On ne fait pas assez attention aux aveugles et leurs difficultés. Le message central du film est juste et inspire la sympathie. Malheureusement l’intrigue n’est ni passionnante ni crédible. Sur un tel sujet, le spectateur éprouve une légère honte à se sentir souvent proche de l’ennui devant ce film. Une actrice débutante, Misako, voyante, s’efforce de doubler un film à l’adresse des aveugles. Elle décrit les paysages, les objets, les attitudes des personnages, la luminosité. Comment définir la lumière pour les aveugles de naissance ? L’actrice doit en dire assez, mais pas trop. L’exercice s’avère difficile. Les aveugles consultants, dont c’est le rôle, ne ménagent pas leurs critiques, souvent cinglantes, de son travail. La chose est très dure psychiquement pour elle, et ce particulièrement dans le contexte culturel japonais, pays de la retenue polie, surtout entre inconnus. Elle ressent ces remarques comme des agressions verbales insultantes, ce qui est assez inévitable au Pays du Soleil-Levant, malgré sa bonne volonté et sympathie très réelle pour les non-voyants. La grande faiblesse du film tient à l’histoire d’amour des plus improbables entre cette jeune actrice et le plus virulent de ces critiques, M. Namakori, un ancien photographe réputé en train de perdre complètement la vue, ce qui l’aigrit évidemment ; il a aussi largement l’âge d’être son père.
 
Vers la lumière pourra intéresser le public (très) patient et curieux de ce sujet, du moins des difficultés au quotidien des aveugles.
 

Hector JOVIEN

 
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