Franceinfo championne de propagande – Socialisme vert : la colocation, avenir du logement ?

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Quand le travail est parfaitement achevé, inutile de paraphraser, on copie. Voici le titre et le chapo d’un papier de Franceinfo transcrit textuellement : « Transition écologique : et si on vivait tous en colocation en 2050 ? Partager des lieux d’habitation permet de rentabiliser les espaces, de mutualiser des équipements ainsi que les dépenses énergétiques : une piste intéressante pour réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au logement. » Voilà parfaitement décrit et analysé le mécanisme qui mène à un avenir arc-en-ciel : le mythe du réchauffement du climat par l’homme et le devoir vert de la chasse au CO2 sont utilisés pour aboutir à un socialisme digne de feu l’URSS, où l’intime se trouve dirigé et surveillé au nom de la solidarité humaine et de la rationalité économique. Un modèle de propagande.

 

Le socialisme vert est aussi beau que le réalisme soviétique

Les amateurs d’histoire du socialisme auront particulièrement apprécié l’illustration (on devrait dire, aujourd’hui, le « visuel ») de l’article, représentant un jeune homme et une jeune fille, tous deux blancs et comme il faut, regardant vers l’avenir (légèrement vers le haut) avec un air émerveillé, sur fond de ciel étoilé. C’est beau comme le réalisme soviétique et frais comme un programme commun rectifié NFP EELV. Ils auront aimé aussi cette mention liminaire précisant que « cet article a été publié une première fois en 2023 par le média Nowu, spécialisé en écologie ». Nowu a été lancé « comme un laboratoire d’innovation » par France Télévision en 2022 sous la présidence de Delphine Ernotte (celle qui voulait virer « les mâles blancs de plus de cinquante ans »), soucieuse d’être « toujours plus connectée à la jeunesse » et d’augmenter la proportion des « sujets climatiques ». Nowu a mis la clef sous la porte faute de public pour le financer. C’était donc un organe de propagande vert créé par la télévision d’Etat, dont le discours est repris aujourd’hui par la Radio d’Etat France Info : la volonté d’imposer une vision politique orientée est manifeste et constante, l’argent du contribuable y est utilisé sans la moindre vergogne.

 

Franceinfo et le socialisme de la propagande d’Etat

La suite de l’article de Franceinfo est un exposé à livre ouvert de la façon dont la révolution arc-en-ciel mène au socialisme vert, un vademecum de la propagande en cours. Premier point, implicite : les émissions de gaz à effet de serre sont une catastrophe. A partir de cette croyance fondamentale, le reste coule de source. Deuxième point, le logement émet beaucoup de GES. Un lien renvoie au site du Haut Conseil pour le climat, qui confirme cette réalité en l’intégrant dans un délire prospectif terrorisant. Troisième point, « la colocation ou cohabitation » pourrait être la solution : une étude publiée dans Environmental Research Letters estime que « des logements plus petits et partagés peuvent permettre de réduire l’empreinte carbone jusqu’à 1 tonne par personne et par an ». J’ai jeté un coup d’œil sur cette étude parue en août 2020, qui prétend mesurer l’effet des moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les transports, l’alimentation, le logement, et les autres consommations des ménages. Selon elle, le partage du logement et la réduction de sa taille, en particulier par la collocation peut réduire « jusqu’à une tonne par personne et par an », les émissions de gaz à effet de serre, mais la réduction moyenne serait de 0,3 tonne, soit la même que le fait de se priver de « pet », c’est-à-dire d’animal de compagnie. Brigitte Bardot à la Madrague avec ses chiens et ses chats semble l’ennemi public N° 1 !

 

Logement sous occupé : à la recherche d’une définition

La prochaine étape de la propagande du socialisme vert est une affirmation brutale, péremptoire et définitive : « En France, sur 100 logements, 74 sont sous-occupés. » Voilà qui est net et ne souffre pas de contradiction. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Trois cas sont envisagés. Un, ils sont vacants. Deux, « ils ne sont occupés qu’occasionnellement » : cela signifie, par exemple, qu’une résidence secondaire est « sous-occupée ». Trois, « il y a plus de place dans ces logements que ce qui est nécessaire pour leurs occupants ». Voilà qui est fort intéressant. D’abord, c’est la fin du droit de propriété tel que l’envisageait le droit romain, jus utendi et abutendi. Puis cela soulève une question : qui juge de ce qui est « nécessaire pour leurs occupants » et pourquoi ? Franceinfo renvoie pour y répondre à un papier sur le site d’XPAIR publié par deux prospectivistes de l’ADEME, dont l’objectif proclamé est une « meilleure utilisation du parc de bâtiments » dans la « sobriété immobilière et solidaire ».

 

Hiver démographique : l’avenir est à la colocation

Cet article constate un fait : depuis plusieurs dizaines d’années, à mesure que croît la surface du parc immobilier, son taux d’utilisation moyen décroît. Pour le logement particulier, c’est dû au fait que le nombre de personnes par logement décroît (divorce, chute démographique, vieillissement). Il préconise donc de passer d’une croissance du parc immobilier à une croissance de son utilisation, et préconise pour cela « neuf familles de solutions » pour mieux l’utiliser. Parmi elles on trouve : « réduire la vacance » (en la dénonçant) ; « mutualiser pour augmenter les durées d’occupation » ; « développer les espaces partagés que ce soit dans des projets portés par des promoteurs classiques ou dans le cadre d’un habitat participatif très présent en Allemagne » ; « adapter l’usage des locaux à de nouveaux publics sans transformation profonde » : colocation et locations de type Airbnb ; « division des grands logements » pour répondre à « la diminution de la taille des ménages (qui) conduit à un décalage entre le nombre de personnes par ménage et le nombre de pièces des logements ». Voilà de quoi réjouir sans doute tout bon adepte du socialisme vert mais ne répond pas à la question : qui décide du taux d’occupation d’un logement ?

 

Le socialisme vert compte vos m² et vos chaussettes lavées

L’article fournit un camembert où l’on constate que 8 % des logements sont vacants, 8 % suroccupés, 18 % sous étiquette « occupation standard », 37 % en « sous-occupation », 19 % en « sous-occupation très accentuée », et 10 % enfin « occupés occasionnellement ». Sur quel(s) critère(s) ? Rien ne le dit. On apprend seulement qu’il sera bon de réduire cette sous-occupation pour s’adapter aux « nouveaux besoins » et au « changement climatique », en tenant compte de la « raréfaction des matériaux et du foncier ». Mais rien qui justifie si peu que ce soit les données ou éclaire les catégories définies. Quelque part, un technocrate a décidé que telle surface était suffisante pour tant d’habitants, et que lorsqu’un logement dépasse cet optimum, le logement en question est sous-occupé. Cette invasion de l’intime par le système qui mesure, définit et dirige, est caractéristique de la révolution arc-en-ciel et de son socialisme à visage vert. On a vu récemment l’ADEME expliquer par le menu à quelle fréquence il convient de laver son linge : l’avenir descend dans le détail, le diable aussi.

 

Franceinfo est l’avenir de la propagande

Tout aussi caractéristique est la façon dont le totalitarisme se pare du bon sens et de l’altruisme de personnes inconnues dont il rapporte le témoignage pour justifier son arbitraire. Voici par exemple ce que dit Lucie V., qui partage son logement avec deux colocataires : « Je me suis séparée du père de mes enfants il y a un an, j’ai gardé la maison mais je ne concevais pas de vivre dans un espace aussi grand où il restait 2 chambres non utilisées. » Adrien A. et Juliette M. ont, eux, acheté la moitié d’une vieille maison, qu’ils partagent donc avec un autre couple. « Ce type de partage évite d’aller faire des lotissements un peu partout alors que certaines maisons de 14 pièces n’ont que 3 ou 4 pièces vraiment occupées ». A ce stade, le socialisme et la technique marchent la main dans la main, L’étude publiée dans Environemental Research Letters explique d’ailleurs que lorsque les gens vivent ensemble, ils partagent chauffage, climatisation, éclairage : en occupant moins d’espace (parce que certaines pièces sont partagées), on fait des économies d’énergie.

 

Plus de frontière dans ton logement : colocation arc-en-ciel !

Aussi Visier, l’un des auteurs de l’article d’XPAIR, en tire-t-il un enseignement politique propre à ravir le cœur de tout socialiste : « On a tendance à penser qu’on consomme plus dans les quartiers populaires car l’isolation est moins bonne, mais c’est dans les quartiers aisés que la consommation par personne est la plus élevée, parce que les logements sont plus grands et moins de personnes vivent dedans. » Salauds de riches qui jouent au baby-foot à deux dans leur grand salon ! Franceinfo continue ainsi sur plusieurs feuillets, sans omettre les laveries communes suédoises ni la socio-anthropologue de service qui nous rappelle que « dans les années 50 la plupart des gens habitaient à la campagne avec plusieurs générations sous le même toit », ce qui n’a aucun rapport avec la choucroute mais fait bien dans le paysage. Et Lucie V. met la touche « pédagogique » finale : « Mes enfants sont ravis ! Il y a des gens à la maison et ça leur permet d’ouvrir un peu leur esprit au monde qui les entoure. » Bon sang, mais c’est bien sûr ! Grâce à la colocation, la société ouverte arc-en-ciel abolit les frontières jusqu’à l’intérieur de votre chez vous !

 

Pauline Mille