Selon le dogme arc-en-ciel, les races n’existent pas, au point qu’elles ont disparu de la Constitution française, et le genre est une pure construction – sauf pour les besoins de la révolution. Alors, on reparle du mâle blanc, pour préciser qu’il incarne le mal. Ainsi le conseil municipal de Camden, l’une des communes de Londres où marchés aux puces et punks foisonnent, vient-il de publier des directives pour lutter contre les « oppresseurs blancs de sexe masculin ». Avec notamment un « guide » pour gérer les statues dans la rue censées incarner la « domination masculine blanche sur le peuple ». La municipalité de Camden est dirigée par les travaillistes et comprend la circonscription de Holborn et St Pancras, dont le député n’est autre que l’actuel Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer. Le guide n’est ni plus ni moins qu’un petit catéchisme de la révolution arc-en-ciel au pouvoir.
Les statues de Londres, un regard blanc sur le monde ?
Les instructions du conseil municipal de Camden s’engagent à abolir le « regard blanc de la commémoration traditionnelle » dans cette partie de Londres, au profit d’une approche « véritablement inclusive et représentative de nos communautés diverses et dynamiques ». L’inquiétant dans cette affaire, est que ce guide est repris par d’influentes organisations patrimoniales et des collectivités locales au Royaume-Uni et en Europe, responsables des monuments commémoratifs publics. Notamment Arts Council England, English Heritage, Historic England, et bien sûr l’Autorité du Grand Londres. C’est dire que la révolution des mentalités en marche n’est pas issue d’un quelconque ghetto défavorisé ni du cerveau d’un extrémiste illuminé, mais qu’elle est déjà au pouvoir, installée par l’Establishment. Un porte-parole de l’autorité du grand Londres a déclaré : « Ce guide propose des conseils, des astuces et des bonnes pratiques pour la conception de projets d’interprétation des statues et des monuments commémoratifs. Il a été présenté lors d’un événement de lancement à des collègues des collectivités locales et des organisations londoniennes, qui ont tous réagi très favorablement. »
Le mâle blanc oppresseur universel pour les idéologues de l’arc-en-ciel
L’idéologie qui meut cette révolution au pouvoir n’est pas ambiguë : c’est un mélange arc-en-ciel de marxisme et de revendications décoloniales et LGBT dont l’ennemi principal est le mâle blanc oppresseur et patriarcal. Pour ces édiles de Londres, de nombreux monuments commémoratifs publics honorent des personnalités issues de « sphères de la vie publique dominées par les hommes blancs » qui auraient pu avoir des « préjugés sur l’origine ethnique, la religion, le sexe, le handicap et la sexualité ». Et le guide cible explicitement l’esclavage, le racisme, recommandant la défiance envers les célébrités dont la richesse a été acquise par « l’oppression », dans le cadre d’un « modèle sociétal élitiste » et de « l’assujettissement des classes laborieuses ». Et le Conseil municipal de Camden justifie la surveillance des statues en se demandant si « l’individu/le groupe exprime des opinions ou des idées préjudiciables, haineuses ou discriminatoires dans ses écrits, discours ou autres documents privés ou publics ». Ou alors : « L’individu/le groupe a-t-il promu des idéologies pouvant être considérées comme offensantes ? »
« Réinterpréter » les statues : entre Black Lives Matter et Courteline
L’intention de ce guide pensé à l’origines pour les statues de Londres n’est pas mystérieuse, il s’agit de donner aux promeneurs et aux Britanniques une ré-interprétation de l’histoire conforme à l’idéologie arc-en-ciel afin de « n’offenser » personne. Concrètement, il est conseillé d’accompagner les monuments commémoratifs d’informations expliquant toute action ou position potentiellement controversée sous-jacente à l’œuvre. L’idée en est venue avec le mouvement Black Lives Matter et vise les statues qui pourraient engendre des « idées discriminatoires ». Dans la pratique, la réinterprétation pourrait prendre la forme d’un panneau, d’un code QR renvoyant à des informations complémentaires, ou même de « contre-mémoriaux » censés « contextualiser » ou « réfuter » les œuvres originales. Des contre-statues en quelque sorte, élevées aux frais du contribuables britanniques, pour satisfaire les lubies d’une poignée d’idéologues. On en rirait, s’il ne s’agissait d’une révolution en marche qui vise à écraser et décerveler les populations.











