Trente ans après : Mitterrand père de la misère et la chienlit arc-en-ciel

 

Le déclin de la France et de l’Europe n’a pas commencé hier matin, et la phrase de Jacques Bainville n’a rien perdu de son ironique vérité : tout a toujours très mal marché. Pour nous en tenir à la Ve République, aucun de ses présidents ne fut parfait, et la hargne qui s’exerce aujourd’hui sur les derniers, catastrophiques, Hollande et Macron, se comprend, mais le véritable point d’inflexion de la déchéance qui mène notre pays à la misère, à la chienlit et au grand déclassement de l’arc-en-ciel, s’est situé sous François Mitterrand, mort voilà trente ans le 8 janvier 1996. C’est lui qui accentua significativement la décadence française, tant par la révolution idéologique qu’il mena que par son incapacité économique et politique, qui déclassa le pays en ruinant les Français.

 

Mitterrand, misère express, nouveaux pauvres, restos du cœur

Selon son bouffon courtisan Jack Lang (qui demeure aujourd’hui incrusté à l’institut du monde arabe avec un joli traitement), qui l’accompagnait chaque année dans sa procession culturelle de Solutré, la France serait passée le 10 mai 1981, jour de l’élection de Mitterrand à l’Elysée, « de l’ombre à la lumière ». En tout cas, avec la relance par la culture, les nationalisations, puis la rigueur, puis le ni-ni, elle est passée en quelques mois de la prospérité à la misère. On doit se souvenir de deux choses : du début du règne de Mitterrand date une expression qui marqua l’époque, « les nouveaux pauvres », qui fut suivie un peu plus tard en 1985 par l’invention des restaurants du cœur par Coluche. Aussi, dès 1982, les candidats les moins socialistes de la droite battaient-ils les ténors de la gauche dans des législatives partielles, signe d’un gros mécontentement populaire.

 

En 14 ans, Mitterrand a ruiné et fait rétrograder la France

Il y avait de quoi. De 1950 à 1980, le niveau de vie des Français avait triplé, porté par le développement industriel et le progrès technique. Malgré des erreurs (d’origine socialiste et égalitariste) et malgré le choc pétrolier, Giscard avait en gros préservé l’essentiel, avec un nucléaire poussé par le ministre André Giraud, et un dernier budget à peu près en équilibre imposé par Raymond Barre. Mitterrand prit à contre-courant le libéralisme de Reagan et Thatcher, il fit entrer des communistes au gouvernement et appliqua son programme. Sous ses deux règnes, la dépense publique est passée de 48 % à 56 % du PIB, la dette publique de 20,7 % à 55,5 % du PIB (+ 175 %, Macron est loin du record !), malgré des prélèvements obligatoires en forte hausse (de 39,9 % à 42,3 % du PIB). Sans doute a-t-on fait « mieux » (pire) depuis, mais le mouvement qu’il a imprimé est sans équivalent. Littéraire revendiqué, devisant de belles reliures en connaisseur, Mitterrand parla fort bien de la « guerre économique » en cours avec notamment les USA mais fut incapable de la mener.

 

Mitterrand a mis la France sur le toboggan de l’horreur

D’où notre déclassement tous azimuts. C’est de son temps que date la soumission de la France à l’Allemagne dans l’Union européenne. Entre 1981 et 1984, le franc a connu une perte de valeur de 100 % face au dollar et de 50 % face au mark, obligeant Jacques Delors, alors ministre de l’Economie, de dévaluer le franc trois fois. Sous les deux septennats de Mitterrand, le taux de chômage est passé de 5,1 % en 1980 à 9,6 % en 1995. Le pouvoir d’achat réel moyen a également baissé, une première depuis la Seconde Guerre mondiale. Les lois de programmation militaires à partir de Laurent Fabius affaiblirent progressivement l’armée française, ce dont nous engrangeons aujourd’hui les fruits. Alors que la France de 1980 est en route selon les experts de l’OCDE pour être le deuxième exportateur du monde et la quatrième économie mondiale, Mitterrand la met sur la trajectoire qu’elle suit aujourd’hui.

 

Comment la chienlit a volontairement accompagné la misère

Son bilan est encore bien pire dans le volet « positif » de son action. Lors de la campagne de 1981, il prétendait « changer la vie » des Français, et il l’a effectivement changée. Cela a commencé par deux ministères, la Culture et l’Education nationale. A la Culture, Lang, le futur inamovible obtient le doublement de son budget. Gramscien et clientéliste à la fois, il en fera un repaire pour les copains et un méga-moyen de propagande arc-en-ciel. Même flot d’argent malgré la catastrophe économique à l’éducation nationale, dont la part est passée de 6,6 % en 1980 à 7,8 % du PIB en 1995. Et même résultat. Déjà mise à mal par la loi d’orientation Faure en 68 et la réforme Haby de 1974 sur le collège unique, l’Education nationale est devenue sous Savary, Chevènement et Jospin le mammouth moribond et mortifère dont des syndicats politiques garantissent l’immobilité opérationnelle tout en promouvant l’idéologie arc-en-ciel, qu’ont parfait plus tard Peillon, Hamon et Najat Vallaud-Belkacem. Même s’il a échoué en 1984 grâce au sursaut des Français à liquider l’école libre, il a inoculé à l’école les poisons dont elle meurt. L’égalitarisme et le soixante-huitardisme qui détruisent les jeunes cerveaux ont été cultivés sous Mitterrand et par Mitterrand.

 

Trente ans, après la France arc-en-ciel avilie, ruinée, malheureuse

C’est à Mitterrand aussi que nous devons la prolifération des fonctionnaires, passés de 3,9 millions en 1980 à 4,45 millions en 1995, l’IGF, l’impôt sur les grandes fortunes, ancêtre de l’ISF, et la retraite à soixante ans. Trois contributions décisives à l’égalitarisme, à l’envie, à la déresponsabilisation et à la dépense sans recettes prévues qui sont à la base du socialisme arc-en-ciel. Côté idéologie arc-en-ciel proactive, on comptera la suppression de la peine de mort qui casse l’échelle des peines, généralise l’insécurité et surcharge les prisons ; la grande régularisation des immigrés clandestins, moment clef de l’accélération de l’invasion ; le remboursement de l’avortement par la sécurité sociale y compris pour l’avortement de confort, étape symbolique vers le droit à l’avortement ; diverses autres attaques féministes contre la famille ; enfin la mise en route de « l’agenda » écolo, en particulier avec Montréal et Rio, accompagné d’un début de démantèlement du nucléaire. On pourrait facilement continuer ce petit tour d’horizon, mais cela n’est pas nécessaire : le lecteur voit bien que toutes les cases de la gabegie et l’obsession arc-en-ciel sont cochées, ce qui devait mener à la misère et à la chienlit actuelle et y a en effet mené.

 

Pauline Mille