Que fait Trump au sujet du Groënland ? Il applique sa stratégie pour s’éloigner du socialisme internationaliste

Que fait Trump Groënland
 

« Je ne comprends pas ce que vous êtes en train de faire au sujet du Groënland » : dans un message privé, « fuité » avec une certaine gourmandise par Donald Trump qui en était le destinataire, Emmanuel Macron a avoué son incompréhension totale sur les visées septentrionales du président américain. Les raisons sont pourtant faciles à saisir pour qui suit les actions de Trump depuis sa réélection en 2024. Macron pourrait bien en prendre de la graine… si lui et ses semblables n’étaient pas justement le cœur du problème. Ils sont tous au service d’une politique qui détruit les nations et plonge leurs populations dans des difficultés profondes, menant tambour battant une guerre contre « l’effet de serre » imputé à l’activité humaine et particulièrement aux pays développés occidentaux. Trump ne mange pas de ce pain-là. Pourquoi devrait-il lier le sort des USA à une telle équipe ? Tel est son point de vue (quoi qu’on en pense), comme nous allons le voir.

Evacuons d’abord l’idée que Trump serait mû par son ego, une volonté de laisser sa marque sur l’histoire, voire un esprit de vengeance alors que le prix Nobel lui est passé sous le nez. Oui, il a écrit au président de la Norvège après la levée de boucliers européenne en faveur du Danemark, qui exerce la souveraineté sur le Groënland, où aucune terre n’est sous le régime de la propriété privée : « Etant donné que votre pays a décidé de ne pas m’attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à huit guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix, même si celle-ci restera toujours prédominante, mais je peux désormais réfléchir à ce qui est “bon et approprié” pour les Etats-Unis. »

 

Trump fait du Groënland un élément de sa stratégie contre le socialisme

Mais on perçoit la davantage l’humour pince-sans-rire de Trump qu’une menace de rétorsion – il y a d’ailleurs fort à croire que même doté de la fameuse récompense, il n’aurait pas abandonné un projet qu’il nourrit depuis plusieurs années, et qui d’ailleurs s’était exprimée largement aux Etats-Unis avant même qu’il ne vît lui-même le jour.

Tout le monde s’est d’ailleurs énervé lorsque Trump a menacé d’annexer le Canada, mais il n’y a toujours pas d’anschluss à l’horizon…

Les grand rachats de territoire par les Etats-Unis datent du début du XIXe, lorsque Napoléon Bonaparte leur céda la grande Louisiane, par le truchement de Talleyrand notamment, pour 80 millions de francs. L’expansion se poursuivit jusqu’à l’acquisition de l’Alaska, vendue par la Russie, en 1867, l’Espagne ayant entre-temps négocié la cession de la Floride. Le tout sans coup férir, et sans viser des zones très peuplées. L’idée d’acheter le Groënland avait donné lieu à un rapport de « faisabilité » commandé par le secrétaire d’Etat William Seward en 1868 ; d’autres offres ou tentatives infructueuses eurent lieu en 1910, 1946, 1955 et – sous Trump déjà – en 2019.

Pourquoi le Groenland ? Sa situation, stratégiquement calée entre le nord-est du Canada et le nord de la Russie et ses missiles à longue portée, en fait une sorte de bouclier naturel entre les Etats-Unis et l’Arctique que la Russie, mais aussi la Chine, considèrent comme leur terrain de jeux naturel. Ajoutez à cela une population de moins de 56.000 âmes (à peu près autant qu’à Narbonne) et une richesse minière remarquable, on comprend qu’elle donne envie.

Mais surtout, elle s’inscrit – ou plutôt, son annexion s’inscrit – dans une politique de plus en plus clairement affirmée par Donald Trump. Nous avons évoqué l’imposture de l’effet de serre qui impute aux « émissions carbone » d’origine humaine le réchauffement ou le changement du climat. Trump n’y croit pas, et il ne tient pas à être allié avec des nations – c’est-à-dire, à devoir les défendre – alors qu’elles sont prêtes à s’affaiblir pour répondre aux objectifs onusiens du « net zéro ».

 

La stratégie de Trump le fait sortir de l’imposture de l’effet de serre

Il a fait sortir les Etats-Unis des accords de Paris ; tout récemment encore il a quitté 66 organisations internationales, dont une belle proportion vouée justement à la lutte contre l’effet de serre.

Les responsables des pays qui mangent au contraire de ce pain-là sont-ils, quant à eux, persuadés que la planète se réchauffe par la faute de l’homme, et qu’il y a urgence à agir, et que l’action entreprise est un tant soi peu efficace ? A d’autres ! Ils ne font même pas comme si, permettant à la Chine (qui elle aussi proclame le dogme climatique dont elle profite d’ailleurs bien) de continuer d’augmenter ses émissions et ne changeant pas grand-chose à des constantes, si ce n’est de justifier des milliards de dépenses et d’innombrables contraintes sur les braves gens…

Complices de l’imposture, ils agissent comme des menteurs et des traîtres, réunis dans un grand bloc qui va des pays occidentaux à la Chine et à la Russie, sous la baguette de l’ONU.

Pire, ils servent une spiritualité globale véhiculée sans trop de fard par ceux qui utilisent « l’écologie » pour faire avancer la nouvelle idolâtrie de la « Terre-Mère », mais aussi une forme de paganisme très ancien, le panthéisme.

Dans ces circonstances, il n’y a guère de solidarité entre les Etats-Unis et cette alliance des complices du mensonge climatique, qui n’ont certainement pas en tête l’épanouissement de l’homme, ni même de la nature.

 

Trump a déjà pris ses distances avec l’OTAN

De la même manière, on a vu Trump prendre ses distances avec l’OTAN, lui enjoignant de mieux assurer sa propre défense en consacrant aux alliés historiques de dépenser davantage : les USA n’ont plus envie de payer. L’OTAN en souffrira-t-elle ? Trump ne dit pas le contraire ; mais en l’état actuel, il ne veut plus de l’OTAN…

L’Europe a répondu en grommelant, et en faisant de petits efforts. Alors que Trump brandit le dossier du Groënland, elle se réveille, soudain prête à ouvrir un portefeuille au demeurant bien dégarni par sa politique « climatique » : c’est donc possible !

Ce qui est clair aussi, c’est que Trump ne veut pas financer le socialisme. L’Union européenne, tant par sa politique, sa commission, ses lois tatillonnes voire totalitaires, ses dépenses faramineuses et sa collection d’Etats-nounous est avant tout un espace socialiste, inféodée l’idéologie woke, maçonnique, et à la réalisation des Objectifs du développement durable tout aussi socialistes de l’ONU.

Trump montre clairement par la parole et en actes qu’il n’en veut plus, qu’il refuse de financer cet ensemble dont la trajectoire diverge si fortement par rapport à celle qu’il impose aux Etats-Unis. C’est pour ceux-ci qu’il veut un dôme de défense – le Groënland l’y aiderait – et c’est aussi pour eux qu’il rejette d’un seul bloc communistes et post-communistes, adeptes de la pensée maçonnique telle qu’elle s’exprime notamment dans le « droit international » tel que le promeuvent les Nations unies.

 

Trump voit le Groënland comme un rempart stratégique

Tout cela, Trump l’a clairement fait exprimer dans son récent document de Stratégie de sécurité nationale qui aligne les problèmes de l’Europe libanisée par l’effet de la politique migratoire. Il pointe absence de liberté politique, censure, mais aussi « l’effondrement des taux de natalité et la perte des identités nationales et de la confiance en soi ».

« Si les tendances actuelles se poursuivent », prévient-il, « le continent sera méconnaissable dans 20 ans ou moins. Dans ces conditions, il est loin d’être évident que certains pays européens disposeront d’une économie et d’une armée suffisamment fortes pour rester des alliés fiables. Bon nombre de ces nations s’enferrent aujourd’hui dans la voie qu’elles ont empruntée. Nous voulons que l’Europe reste européenne, qu’elle retrouve sa confiance en elle en tant que civilisation et qu’elle abandonne son attachement désastreux à l’étouffement réglementaire ».

Pourquoi rester l’allié privilégié d’un tel continent ?

Qui soutient Trump dans ce dossier ? Certains juifs, qui ne sont pas du côté de l’idéologie maçonnique ou du mépris des frontières, et des hommes d’affaires (parfois les mêmes), tel le milliardaire Roland Lauder, héritier de l’empire des cosmétiques créé par sa mère, Estée.

Mais on aurait tort de n’y voir qu’une affaire d’argent. La manière dont l’argent est dépensé a des répercussions politiques et joue dans l’équilibre mondial. On peut juger le projet de Trump démesuré, injuste, dangereux. Mais on ne peut nier qu’il sait où il veut aller, et qu’il a de la suite dans les idées.

 

Anne Dolhein