Les robots à IA intégrée menacent les emplois manuels : les syndicalistes américains en prennent conscience

 

Le ton est de gauche et l’angle celui de la lutte des classes, mais il y a une prise de conscience intéressante dans un récent article de Futurism.com qui s’interroge sur l’avenir des « cols bleus » dans un contexte de robotisation accrue avec l’intégration de l’IA. Il rapporte les propos de plusieurs responsables de syndicats ouvriers aux Etats-Unis qui constatent la menace de plus en plus concrète du remplacement des travailleurs humains par les robots fonctionnant à l’intelligence artificielle, d’autant plus déstabilisante qu’il est impossible de prédire avec précision quels seront les métiers affectés et dans quel ordre. Seule certitude, selon ces syndicalistes : le boom de l’IA ne profitera pas à tous mais remplira les poches des plus riches, et en particulier celles de « l’élite » de la tech.

Après les grands modèles de langage (LLM) qui permettent déjà de remplacer des êtres humains dans les emplois des cols blancs, les grosses sociétés d’IA se tournent vers les métiers manuels que d’aucuns ont cru préservés. C’est un véritable « boom » dans le domaine de la combinaison de l’IA avec les robots qui a conduit les syndicats à réagir.

 

Les emplois manuels ne sont pas à l’abri du « grand remplacement »

« C’est un tout autre défi qui s’ajoute à celui des grands modèles de langage » a déclaré Dan Reynolds, directeur adjoint de la recherche au syndicat Communications Workers of America, à Politico au sujet de la menace accrue de l’automatisation physique. « Disposer d’un système automatisé qui interagit avec le monde physique réel constitue un nouvel obstacle à surmonter. »

Les avancées de la robotique IA sont actuellement « beaucoup trop rapides », précise David White, directeur des ressources stratégiques de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale ; « Il est difficile de prévoir la mesure où cela affectera les travailleurs et aussi de savoir ce que feront effectivement les employeurs », a-t-il déclaré à Politico.

 

Si on veut un débat sur les robots IA, il faudra l’imposer

Les responsables syndicaux assurent vouloir désormais être entendus dans le cadre du débat sur l’automatisation – si débat il y a, car en la matière, c’est le pot de fer contre le pot de terre. Mais le silence face aux risques de « grand remplacement » de l’homme par les robots serait encore pire.

 

Anne Dolhein