L’IA, l’être humain et le coût énergétique de l’intelligence selon Sam Altman

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L’intelligence artificielle commence à avoir mauvaise presse en raison de la quantité d’énergie et d’eau qu’il faut pour la faire fonctionner. Mais selon Sam Altman, PDG d’OpenAI, il faut comparer les choses comparables ou, plus précisément, mettre l’IA en regard de l’être humain. Et pour Sam Altman, c’est évidemment l’intelligence artificielle qui s’en sort le mieux.

Le sémillant multi-milliardaire était au Sommet 2026 India-Impact AI Organisé par l’Indian Express à New Delhi, à l’heure où l’Inde attire des milliards en investissements dans l’IA.

Interpellé sur la question de savoir si la quantité d’énergie nécessaire à ChatGPT pour répondre à une requête était la même que celle consommée par un être humain de 20 ans tout au long de sa vie, comme cela se dit, Altman a déclaré que cette comparaison n’est pas justifiée, puisqu’elle serait fondée sur « la quantité d’énergie qu’il faut pour entraîner un modèle IA par rapport à ce que coûte une requête d’inférence de la part d’un humain ».

 

Sam Altman : 20 ans de repas avant d’avoir une intelligence développée

Et de préciser : « Mais il faut aussi beaucoup d’énergie pour former un être humain. Il faut quelque chose comme 20 années de vie et toute la nourriture que vous aurez mangée pendant cette période avant de devenir intelligent. Et ce n’est pas tout : il a fallu l’évolution très étendue des 100 milliards de personnes qui ont jamais existé et appris à ne pas se faire manger par les prédateurs, à appréhender la science et tout le reste, pour vous produire, vous. »

Voilà qui n’est pas plus flatteur pour l’humanité que pour son interlocuteur. Cette approche évidemment matérialiste fait de l’homme un produit du même ordre que l’IA, mais largement moins réussi.

On se demande même si l’intelligence artificielle, à cette aune, n’est pas beaucoup plus intéressante que l’humanité qu’elle est censée servir. On n’est pas loin de la mise au rebut de l’humanité, si dispendieuse et lente à la comprenette.

 

Le coût de l’intelligence : à quand la priorité à l’IA ?

Sam Altman, lui, y est presque. N’a-t-il pas proposé comme évaluation plus équitable : « Si vous posez une question à ChatGPT, combien d’énergie cela demande-t-il une fois que son modèle a été entraîné à répondre à cette question, par rapport à un être humain ? Et probablement, l’IA a déjà rattrapé son retard en termes d’efficacité énergétique, mesurée de cette manière. »

Le PDG d’OpenAI a également réfuté l’affirmation de Bill Gates, lors d’une précédente interview, selon laquelle une seule requête à ChatGPT utilise actuellement l’équivalent de 1,5 charge de batterie d’iPhone. De même pour l’eau : selon Altman, les chiffres qui circulent au sujet de l’utilisation de l’eau par ChatGPT pour le refroidissement des centres de données, soit 64 litres par requête, sont tout aussi extravagants.

Il a reconnu en revanche que l’explosion de l’utilisation de l’IA aboutit à des besoins énergétiques extrêmement importants. « Il nous faut aller vers davantage d’énergie nucléaire, éolienne et photovoltaïque, et ce, très vite », a-t-il déclaré, sans même penser à distinguer entre l’énergie stable que procure le nucléaire et l’énergie intermittente et imprévisible qu’offrent les « renouvelables ».

Ce qui prouve que Sam Altman va devoir encore avaler quelques dîners et déjeuners avant d’acquérir une dose suffisante de bon sens…

Plus inquiétante, finalement, est sa prédiction lors de cet entretien : l’intelligence artificielle générale (AGI), où les systèmes d’IA deviennent capables de faire mieux, plus efficacement et plus vite que les êtres humains n’importe quelle tâche dont ceux-ci sont capables, semble « très proche aujourd’hui ».

Que représenteront alors les besoins des hommes ?

 

Jeanne Smits