L’écrivain Boualem Sansal rompt les amarres : il va s’installer en Belgique ou en Suisse. Naturalisé français en 2024 par Emmanuel Macron, il a passé un an dans les prisons algériennes avant d’être l’objet à son retour de polémiques pour avoir changé d’éditeur (de Gallimard à Grasset) afin d’en publier le récit. Puis le chouchou de Saint-Germain-des-Prés, Olivier Nora, ne voulait pas l’éditer tel quel, et a été limogé par Hachette, propriétaire de Grasset et propriété de Vincent Bolloré. Lassé de la « poignée d’oligarques de la pensée » qui règne sur Paris, et qui adressent davantage des « insultes » que des « critiques », Sansal a annoncé : « Les Français sont adorables, mais il faut que je m’évade. » Au Figaro, il a précisé : « C’est pire que la dictature en Algérie. Ils sont en train d’exercer sur moi une dictature de la pensée. »
Evasion : le mot est fort, il évoque ici une prison d’une autre espèce que celle des cellules et des barreaux. En France, le totalitarisme que dénonce Sansal et qu’il veut fuir ne s’exprime pas seulement à travers la dictature de la pensée, la pire : celle-ci s’inscrit dans une logique de socialisme au sens marxiste. Y règnent en maîtres des médias qui sont le quasi-monopole de la gauche, une « Education nationale » d’extrême-gauche, l’immigration de masse, et, sur le plan de l’économie entravée par l’impôt, la bureaucratie étouffante, l’assistanat, le poids record des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques…
Va-t-on accuser Boualem Sansal de fuir ? Il ne fuit pas la France, mais le carcan sous lequel elle vit, comme elle peut.











