Le Mot : Mabouls

Le Mot Mabouls
 

Président de la parole, Emmanuel Macron commente l’actualité avec verve, il vient de juger très durement « les mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie ». Sur le fond, le député républicain François-Xavier Bellamy a dit ce qu’il faut en penser : « Le régime algérien insulte la France en permanence, refuse de reprendre ses ressortissants illégaux, agresse ses opposants réfugiés sur notre sol, détient toujours en otage un journaliste français. Mais pour le président, les “mabouls” sont ceux qui en France qui refusent d’accepter cela. (…) Faute d’avoir le courage d’être ferme avec les dirigeants algériens, le président préfère insulter les Français qui refusent de se renier. » Quant au vocabulaire, il révèle un Macron rétro et en même temps post-moderne. Le mot maboul, emprunté à l’arabe, n’apparaissait pas dans la huitième édition dictionnaire de l’Académie française (1935), mais signifie « un peu fou » dans la neuvième, l’actuelle. Pourtant on l’utilise peu aujourd’hui, il était plus à la mode à la fin du XIXe et au début du XXe, par Huysmans et Léon Daudet par exemple. C’est à se demander dans quel monde, quel temps, quel espace, vit notre président. Peut-être dans celui de la démagogie pure, où l’on accuse tantôt la France de commettre des « crimes contre l’humanité » en Algérie, tantôt ceux qui la défendent d’être des « mabouls ».