Le Black Country Living Museum, qui permet aux visiteurs de se plonger dans la vie quotidienne entre différentes époques historiques de la région dite « noire » du côté de Wolverhampton au Royaume-Uni, vient d’étendre ses expositions au milieu du XXIe siècle. C’est avec nostalgie qu’on y retrouve, dans une bibliothèque d’époque reconstituée, les livres de lecture Janet and John (dans lesquels j’ai moi-même appris à lire vers la fin des années 1960 en compagnie de petites élèves noires jamaïcaines qui n’y voyaient rien à redire !), sauf que le conservateur du musée y a fait afficher des mises en garde pleinement conformes au wokisme ambiant.
« Ce livre peut comprendre des mises en scène négatives de gens ou de cultures et des points de vue dépassés. Ces points de vue étaient mauvais à l’époque et ils le sont toujours aujourd’hui. Plutôt que d’enlever ce livre, nous voulons reconnaître son existence et son impact, en tirer des leçons et déclencher des conversations qui permettront de créer un avenir plus inclusif », proclame l’avertissement qui orne aussi d’autres livres pour enfants, des livres de mémoires de vétérans des deux guerres mondiales, des James Bond, des Agatha Christie…
En guise d’illustration, la couverture et la première page du livre 1 de la série qui berça mon enfance semblent bien innocentes : voilà un petit garçon en marinière bleu ciel et une petite fille blonde en robe jaune, accompagnée d’un chien, l’air heureux… Cela pourrait créer de multiples traumatismes pour : les non-Blancs, les non-binaires, les anti-patriarcaux, les amis des animaux… la liste est longue et j’en oublie sûrement. Pensez, parmi les phrases qu’on y déchiffrait jadis à 6 ans : « Regarde l’avion, j’aimerais bien monter dedans et l’avion peut voler très vite. »
Horrible.











