Le plan en vue d’un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars pour l’Iran, intégré actuellement dans le protocole d’accord entre l’Iran et les Etats-Unis, fait grincer beaucoup de dents. Ce mécontentement persiste même si Donald Trump a qualifié l’information de « fake news », tandis que son vice-président J.D. Vance précisait qu’aucun dollar d’argent public américain ne serait dépensé dans l’affaire. C’est un proche de Donald Trump, Chris Ruddy, fondateur et PDG du média de droite Newsmax qui monte fort aux Etats-Unis, qui exprime cela de la manière la plus fine. Sans attaquer Donald Trump sur son initiative iranienne qu’il soutient depuis le début, il met en garde contre ce plan de financement intégré dans le mémorandum en vue de la signature de vendredi sous la pression de médiateurs comme le Pakistan.
Sa raison principale est la suivante : il serait avant tout dangereux de doter un « régime fanatique » du pouvoir que représenterait un tel pactole.
Chris Ruddy, ami de Trump, dénonce le fonds de restructuration pour l’Iran
L’éditorial de Chris Ruddy reconnaît que ce plan, conditionné par le respect par Téhéran de ses obligations nées de l’accord de paix et sujet à la manière dont vont se dérouler les 60 jours de cessez-le-feu que le protocole d’accord fait démarrer, « vaut mieux qu’un chèque en blanc ».
Mais il ajoute :
« Voici la question centrale : pourquoi l’Iran devrait-il avoir accès à un fonds de reconstruction, quel qu’il soit, et a fortiori à un fonds de 300 milliards de dollars ?
« La proposition telle qu’elle est présentée n’a aucun sens.
« Plus grave encore, elle est dangereuse.
« Elle récompenserait un régime fanatique, non pas pour avoir mis en œuvre des réformes, ni pour avoir indemnisé ses victimes, ni pour avoir renoncé à la terreur comme instrument de sa stratégie en tant qu’Etat.
« Elle récompenserait l’Iran pour avoir survécu à une guerre qu’il a lui-même provoquée à travers des décennies de chantage nucléaire, de violences exercées par ses “proxies” et d’agressions régionales. »
Il est clair en effet que depuis 40 ans, l’Iran n’a pas caché sa volonté d’avoir les capacités nécessaires pour détruire Israël, exercer une menace constante sur les Etats-Unis, et faire peser sa domination sur le Moyen-Orient. Le régime islamique au pouvoir en Iran est d’essence révolutionnaire.
Un fonds de restructuration de 300 milliards pour 40 ans d’agressions ?
L’Iran met ces paroles en actes en finançant et en soutenant le Hezbollah, les Houthis et le Hamas, qui ont militairement attaqué Israël et les intérêts américains au fil des ans.
Chris Ruddy poursuit :
« Fin février, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et les services de renseignement occidentaux, l’Iran était à deux doigts d’une dangereuse percée nucléaire – c’était une question de semaines, voire de jours.
« Le 28 février, les Etats-Unis et Israël sont passés à l’action.
« Ils ont frappé les infrastructures nucléaires et militaires iraniennes afin d’empêcher le cauchemar d’un régime soutenant le terrorisme et doté d’armes nucléaires.
« Et soyons clairs quant à la nature de ces frappes.
« Ce n’était pas Dresde. Ce n’était pas Hiroshima.
« Ce n’étaient pas des attaques aveugles contre des civils.
« Il s’est agi de plus de 2.600 frappes hautement ciblées, visant en grande majorité des infrastructures militaires.
« Quant à ces frappes, le Financial Times indique que 2.400 d’entre elles visaient des sites de missiles, des installations de commandement et de contrôle, des lanceurs, des bases aériennes, des installations de drones et des moyens navals.
« Même la poignée de frappes signalées sur des ponts ou des aciéries était liée à la logistique militaire et à la production d’armes.
« Alors pourquoi, encore une fois, l’Iran mériterait-il 300 milliards de dollars en vue de sa reconstruction ?
« Pour reconstruire quelles infrastructures ?
« Les bases de missiles ? Les usines de drones ? Les centres de commandement ? Les aciéries alimentant son programme d’armement ?
« L’appareil de guerre du régime ? »
Il ajoute que s’il y a des réparations à payer, elles seraient plutôt à mettre au compte de l’Iran pour sa responsabilité dans les attaques des Houthis ou du Hezbollah sur Israël, sur le trafic maritime international, ou encore sur les Etats du Golfe qui ont vu leurs infrastructures civiles et énergétiques attaquées par l’Iran. « Ce n’est pas Téhéran qui est ici la victime, c’est l’incendiaire qui demande des réparations pour des dommages causés par la fumée », écrit Chris Ruddy.
Et les fonds de restructuration pour les pays du Golfe ?
Et de rappeler que ni les Emirats arabes unis, ni le Koweït, ni l’Arabie saoudite, ni Bahreïn n’ont commencé cette guerre. Ils n’ont jamais attaqué l’Iran et pourtant, ce sont eux qui ont été lésés à travers des attaques qui comprenaient des aéroports, des ports, des hôtels, des centres de données, des résidences, des usines et des infrastructures pétrolières. Ces attaques délibérées sur des infrastructures civiles sont bien des « crimes de guerre » à imputer à l’Iran, souligne le patron de Newsmax. A tout cela, il faudrait ajouter les répercussions mondiales sur les marchés de l’énergie et du transport maritime, dit-il.
Et voici sa conclusion :
« Une paix juste et raisonnable avec l’Iran doit reposer sur des principes clefs.
« Pas d’enrichissement. Pas de missiles capables de transporter des ogives nucléaires. Pas de financement de groupes proxy.
« Des inspections complètes. La divulgation intégrale des stocks d’uranium. Des réparations aux victimes.
« La levée des sanctions uniquement après vérification du respect des engagements.
« Et surtout, pas de fonds international de reconstruction qui renforce les Gardiens de la Révolution.
« Le président Trump mérite une immense reconnaissance pour avoir défendu les intérêts américains et contribué à démanteler le programme nucléaire iranien.
« Les présidents précédents ont refusé de relever ce défi, mais Trump n’a pas failli.
« Désormais, les négociateurs et les pays tels que le Pakistan qui tentent de négocier des conditions avec l’Iran doivent bien comprendre ceci : la paix à n’importe quel prix n’est pas la paix.
« C’est du racket.
« Le monde ne doit pas récompenser l’Iran pour ses crimes.
« Le fonds de 300 milliards de dollars destiné à l’Iran n’achètera pas la paix.
« Il financera très certainement la prochaine guerre menée par l’Iran. »











